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Les TIC au séminaire IPEMED de Beyrouth : des pistes pour créer une Méditerranée numérique

Tous pays EUROMED-AFRIQUE | 5 août 2012 | src.IPEMED
Beyrouth - Pour réaliser un espace numérique commun, indispensable au développement des technologies de l’information et de la communication dans le Bassin méditerranéen, plusieurs pistes sont explorées. Tour d’horizon, à la suite du séminaire organisé récemment par l’IPEMED, à Beyrouth.


Les technologies de l’information et de la communication (TIC) doivent, et peuvent, être au cœur du développement économique et humain dans le Bassin méditerranéen, à condition qu’une politique régionale soit menée, visant la création d’un espace numérique commun, un espace « .med ». Voici la principale conclusion de la conférence organisée par Ipemed et Bader Young Entrepreneurs program, en partenariat avec l’ESA et le ministère des Télécommunications libanais, et du rapport Vers un espace .med. La confiance dans la société numérique méditerranéenne, publié par Ipemed (1).

Pour réaliser cette Méditerranée numérique, plusieurs propositions sont avancées : la création de plate-formes numériques de coopération Nord-Sud et Sud-Sud (cloud computing d’intérêt général), une stratégie industrielle forte en vue de soutenir la production des contenus et des services liés aux tic, et un fonds d’investissement Medtic.


LES TIC, FACTEUR DE CROISSANCE

« Les TIC ne doivent plus être conçues comme un secteur d’investissement potentiel mais comme étant au cœur de la mutation en cours du système productif, c’est un enjeu stratégique », a rappelé Pierre Musso au cours de la conférence.

Les pays de la région, notamment ceux du Sud, doivent faire le choix de l’innovation (donc de l’éducation et de la formation) comme facteur clé de croissance et passer d’une logique de main d’œuvre à une logique de cerveau d’œuvre. Cela va de pair avec la mise en place d’un soutien renforcé des jeunes ingénieurs, afin d’encourager les incubateurs et les start-up et, surtout, le développement d’une stratégie active des contenus (logiciels et programmes) et des services liés aux TIC.

Les pays du Sud de la Méditerranée sont des grands consommateurs, voire des sur-consommateurs, notamment d’Internet. L’enjeu est d’encourager la production de contenus, d’exploiter les compétences existantes – et elles sont nombreuses – et ainsi créer de l’emploi, de la valeur ajoutée et limiter la fuite des cerveaux vers les États-Unis. Dans ce sens, l’exemple d’EuraTechnologies (2) est très illustratif, avec 2 600 emplois créés entre 2008 et 2010.


GOUVERNANCE ET FINANCEMENT

La création d’un espace numérique méditerranéen et du cloud computing d’intérêt général ne peut pas se faire sans une réflexion approfondie sur sa gouvernance, sur la question de la propriété intellectuelle (comment protéger une nouvelle idée ?) et de la confiance.

Un consensus se dégage pour imaginer des règles de fonctionnement transparentes et des régulations adaptées au niveau régional. Un autre point clé a été abordé, celui des financements nécessaires pour mettre en place cet espace « .med ».

Comme l’a rappelé Wahiba Hammaoui, le rapport d’Ipemed met en exergue l’idée d’un investissement public-privé, avec des pays et des entreprises (notamment des opérateurs de télécommunications) s’engageant financièrement sur le long terme et faisant preuve de confiance à l’égard des TIC.

Leila Serhan (Microsoft Liban) a rappelé l’idée de la mise en place de mesures fiscales incitatives pour encourager les entreprises à s’engager.
Khater Abi Habib, président et directeur général de Kafalat, a évoqué la possibilité de créer deux fonds distincts, l’un recherchant le profit et géré par la loi du marché, l’autre ayant pour objectif le développement régional.

Ce qui est sûr pour l’ensemble des participants, c’est que les investisseurs doivent être prêts à prendre beaucoup de risques du fait de l’incertitude liée aux projets TIC. De ce fait, le modèle des business angels apparaît à Nassim Kerdjoudj, CEO de Net skills, comme étant peut-être le plus adapté à l’accompagnement des entreprises évoluant dans le domaine des TIC.
Au terme de ce premier échange, beaucoup de questions abordées dans le rapport d’Ipemed sont restées sans réponse. La réflexion ne fait que commencer…


Macarena Nuno
Chef de projet Ipemed


1 - Coécrit par Pierre Musso, Wahiba Hammaoui et Laurent Gille avec un groupe d’experts méditerranéens.
2 - Pôle d’excellence économique dédié aux TIC, implanté à Lille.

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