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Le bureau ONUDI de Marseille a accueilli une table ronde professionnelle dédiée au Commerce équitable

France | 16 mai 2011 | src.LeJMED.fr
Marseille -

Les professionnels des filières parfums et cosmétiques françaises se mobilisent pour le commerce équitable et initient un partage d’expérience solidaire pour accélérer l’investissement de leurs filières pour un développement responsable et durable. Une première table ronde s’est tenue vendredi 13 mai 2011 dans les locaux du bureau de Marseille de l’ONUDI, à la Villa Valmer.

Photo ci-dessus : les participants à la table ronde sur le commerce équitable, le 13 mai 2011, dans les locaux de l’ONUDI, Villa Valmer à Marseille © Nadia Bendjilali


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De gauche à droite sur la photo : Chakib Jenane, Directeur d’Agro-Industries à l’ONUDI ; Patrick Collin, DG de Golgemma ; Valérie Roubaud, PDG de Terre d’Oc ; François-Patrick Sabater, PDG de Technico Flor ; Jérôme Vaquier, représentant du département Commerce Equitable, Ecocert ; Christophe Mangalte, de l’agence Apidae, Conseil en développement durable. © Nadia Bendjilali

Une cinquantaine d’acteurs des entreprises du sud de la France, avaient répondu présent à l’invitation. François-Patrick Sabater, PDG de Technico Flor, à l’initiative de cette rencontre, présentait ainsi l’enjeu de cette matinée de travail : « pour se mobiliser, il est important de dialoguer au sein de nos filières, de partager nos expériences, de faire l’état des lieux de l’existant, parce que moi-même quand j’ai démarré j’ai constaté que ce secteur était complexe et que cela nécessitait d’acquérir des clés pour éviter les écueils et aborder de manière plus efficace l’approche filière équitable et l’engagement que cela comporte ».

Construit autour du témoignage d’intervenants eux-mêmes engagés dans cette démarche, cet événement était opérationnel et interactif avec notamment une large place donnée à apporter des réponses aux questions posées par les participants (par écrit lors de leur inscription ou à l’oral lors du débat ouvert dans cette matinée de travail).

Chakib Jenane, Directeur d’Agro-Industries à l’ONUDI, a présenté l’ONUDI (voir ci-dessous) et précisé son rôle de catalyseur d’échanges entre les institutions et les entreprises.
« Le but ultime de notre mission est bel et bien de réduire la pauvreté. Comment travaillons-nous à cette finalité dans le service des agro-industries ? En développant une approche participative de développement de la chaîne de valeur, qui va au-delà de la consultation avec les protagonistes, et se présente comme un engagement qui stimule les solutions collaboratives, apporte de la valeur ajoutée à chaque fonction et chaque participant, et de ce fait permet de surmonter les obstacles de la chaîne de valeur. »

Des exemples concrets ont montré le bénéfice du concours de l’ONUDI pour le développement de la filière commerce équitable entre les pays du Nord et du Sud : par exemple au Maroc, avec un programme de développement de l’entrepreneuriat féminin et l’appui à la valorisation de produits du terroir tels l’huile d’olive, d’argan, ou de couscous avec des labellisations « commerce équitable », ou encore une expérimentation en cours dans la région de l’Oriental autour de la diversification des sources de revenus par le développement des plantes aromatiques et médicinales sur une surface de cinq millions d’hectares.

Christophe Mangalte, de l’agence Apidae, Conseil en développement durable, a de son côté a clarifié le concept de commerce équitable et notamment son slogan « Trade, not aid » (cette idée de privilégier le commerce et les investissements dans les dynamiques de développement). Il a également précisé : « l’objectif n’est pas seulement de verdir une marque mais de s’engager dans une démarche d’amélioration durable en continue. » Il a également apporté des précisions sur le marché du commerce équitable aujourd’hui : « La croissance de ce secteur est forte et en développement, en France. La Grande-Bretagne est à ce jour le pays où la dynamique de ce marché est la plus forte ».

Un tableau complété par Jérôme Vaquier, représentant du département Commerce Equitable, Ecocert, organisme de certification qui a créé le label ESR (échanges Equitables, Solidaires, Responsables), fondé sur un juste partage des bénéfices entre comme approche alternative aux règles conventionnelles du commerce international, dans le respect des producteurs et des consommateurs : « Les consommateurs expriment un besoin d’achat de produits équitables, en y intégrant des dimensions de responsable, de bio, de durable et de solidarité. Le marché affiche donc des perspectives de croissance à moyen terme. Max Havelaar totalise 8 0% du marché de l’alimentaire : après un développement très important ces dernières années, en 2010 la croissance du secteur a fortement baissé, principalement pour des raisons inhérentes au secteur de l’alimentation. Pour la cosmétique, Ecocert est leader sur le marché et a connu en 2010 une progression forte, de l’ordre de 25 %. »

« Des produits avec un supplément d’âme »

Valérie Roubaud, PDG de Terre d’Oc, fabricant de produits cosmétiques, éthiques, bio et responsables, installé depuis seize ans dans les Alpes de Haute-Provence, témoigne avec passion de sa conviction que ce type de commerce est une voie gagnant-gagnant pour toutes les parties en présence. « J’ai commencé à me pencher sur la question du commerce équitable en 2002, à la demande d’un client. On s’est dit : la cosmétique permet de se sentir bien, de se sentir belle. Aussi, il est cohérent de permettre aux producteurs et aux productrices des matières premières que l’on achète de se sentir mieux dans leurs conditions de travail et de vie. Le fil conducteur est qu’il y ait effectivement un partage de valeurs dans la filière du producteur au consommateur.
En 2002, il n’existait pas de matières premières labellisées en cosmétique, j’ai donc commencé en m’appuyant sur des ONG, puis des coopératives, et aujourd’hui en utilisant l’ensemble des possibilités de l’achat direct à des coopératives, à l’achat de matières premières déjà labellisées, selon les contextes existants ».

Patrick Collin, DG de Golgemma, un des leaders européens des huiles essentielles bio et équitable, complète : « le commerce équitable modifie effectivement le rapport avec les producteurs, leurs conditions de vie, la sécurité des travailleurs et la modernisation des conditions de production, les progrès effectifs sur la qualité des produits etc. »

En somme, ce sont vraiment « des produits avec un supplément d’âme que nous vendons à nos clients » résume François-Patrick Sabater.

Les difficultés de ce type d’engagement ont également été évoquées dans cette table ronde : celles de la régularité de l’approvisionnement et des souplesses que cela demande aux acheteurs au sein des entreprises, mais également des clients. L’importance de la transparence avec ces clients et les consommateurs finaux notamment sur la répercussion des coûts de ce type de relation commerciale avec les producteurs du Sud est une des clés de succès de cette filière.

Cette matinée au bureau de l’Onudi de Marseille était ainsi placée sous le signe du partage, de la passion des chefs d’entreprises, hommes et femmes qui témoignent de l’aspect très gratifiant pour eux et leurs équipes des actions menées en faveur du développement en co-construction avec les communautés productives dans les pays du Sud et transformant les rapports entre entreprises du Nord. Des intervenants prêts à partager leurs savoirs, leurs expériences et leurs avancées au service du développement des filières parfums et cosmétiques équitables. Un modèle vertueux, pour lequel, l’ONUDI, proposait en conclusion de ce atelier, d’apporter sa contribution.

Nadia Bendjilali pour LeJMED.fr

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À propos de l’ONUDI et de son bureau de Marseille

L’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI) est une agence technique des Nations Unies dont la mission est de promouvoir et d’accélérer la croissance industrielle durables des pays du Sud visant la réduction de la pauvret, en mobilisant des ressources et des compétences internationales. Créée en 1966, elle travaille au service de ses 172 pays membres, des organisations régionales et des programmes et organisations multilatérales. Le siège de l’ONUDI est basé à Vienne.

Un réseau d’une vingtaine de Bureaux de Promotion des Investissements et de la Technologie (ITPO) situés dans les pays développés (ou en transition) permet à l’ONUDI de travailler au plus près des structures publiques et privées impliquées dans le développement industriel. Leur mission est d’attirer vers les pays en développement les technologies et les investissements dont ils ont besoin pour se développer.

Le bureau de Marseille, et celui de Paris (tous deux dirigés par Jean-Claude Plana) mènent ce travail d’identification et de promotion en France des opportunités d’affaires dans les pays en développement dans le cadre de partenariats commerciaux, techniques ou financiers.

Le bureau de Marseille est prioritairement le point focal de la coopération entre l’ONUDI et les pays de l’Union pour la Méditerranée. A ce titre, Marseille accueillera à la rentrée 2011 le Forum Eco-Cités organisé conjointement par l’ONUDI et le Ministère de l’environnement de la Jordanie.

Quelques exemples de projets conduits :

- création d’une co-entreprise entre la coopérative malienne de Dioila, qui produit du karité, et Chimitex, société industrielle de Marseille fabricant de savons, autour d’une unité de production de bondillons (flocons de savon),
- des rencontres d’affaires organisées à Marseille qui génèrent des projets de coopération dont une coopération franco-tunisienne autour des huiles essentielles, une collaboration franco-égyptienne pour le traitement de l’eau dans les pays arabes,
- en 2010, 420 entreprises et 300 institutions françaises informées au sujet d’opportunités de partenariat industriels dans des pays de la Méditerranée.


En savoir plus :
- Le site de l’ONUDI
- Le magazine en ligne « Making It », le trimestriel de l’ONUDI

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