Le Président Étienne GIROS À l’AG du CIAN : « L’année 2025 en Afrique a été excellente pour les entreprises membres du CIAN »
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par Alfred MIGNOT, Directeur de AfricaPresse.Paris (APP)
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Dès les premières minutes de sa traditionnelle analyse de conjoncture, Étienne Giros s’exprime avec fermeté : « Il y a 5 000 établissements – filiales, succursales – d’entreprises françaises en Afrique, dans les 54 pays du continent. Le chiffre d’affaires réalisé par les groupes et sociétés français en Afrique est égal à 100 milliards d’euros. » Pour situer l’ampleur de la chose, il ajoute : « Le commerce avec les États-Unis, pour faire une comparaison, est de 60 milliards d’euros. C’est juste pour situer. L’opinion ne connaît pas tout cela. »
Le CIAN lui-même – 150 membres représentant un chiffre d’affaires cumulé de 60 à 70 milliards d’euros par an en Afrique, avec « un tiers du CAC 40 » dans ses rangs – n’est pas, insiste son Président, une association de grands groupes réservée à l’Afrique francophone : « Tous les secteurs sont représentés, toutes les tailles d’entreprises, et les 54 pays d’Afrique. »
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Un frémissement, après
des années de frilosité
L’analyse conjoncturelle d’Étienne Giros est nuancée, mais le message est clairement positif. Après la rupture provoquée par la Covid, suivie de plusieurs années marquées par « une aversion au risque qui a augmenté chez les entreprises », le président du CIAN dit percevoir un retournement : « Depuis quelques mois, je sens un tout petit frémissement. Sans pouvoir dire que l’Afrique revient à la mode, je pense qu’il ne faut pas laisser passer le train. »
Ce frémissement intervient dans un contexte géopolitique que Étienne Giros décrit comme « fortement rebattu » : politique de Trump, droits de douane, situations de guerre, endettements lourds des États. Pourtant, précise-t-il, l’année 2025 a été excellente pour les membres du CIAN. « Les résultats ont été bons, et 2026, en tout cas jusqu’à la fin février, s’annonçait très bien. »
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« Ne pas rougir
de ce que nous faisons »
Contre la vision d’une Afrique trop risquée, Étienne Giros oppose des faits et une conviction. « L’Afrique, à mon avis totalement à tort, est pénalisée par un ressenti du risque exagéré. »
Les entreprises françaises en Afrique, plaide-t-il, « sont bien vues et elles travaillent bien. Nous n’avons pas à rougir de ce que nous faisons en termes de RSE, de “local content”, d’implication dans la société civile, de bons comportements. » Et d’ajouter, sans ambiguïté sur la finalité : « Une entreprise ne fonctionne pas si elle ne gagne pas d’argent, et le profit n’est pas un obstacle au développement ; pour moi, c’en est le moteur. »
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Le Forum du CIAN-L’Opinion du 9 avril
et le Sommet de Nairobi des 11 et 12 mai :
deux rendez-vous clés
Deux événements structurent le calendrier immédiat. D’abord, le 9 avril, le Forum annuel « Investir en Afrique » organisé par le CIAN en partenariat avec L’Opinion : « Ce sera une grande édition », souligne Étienne Giros.
Quatre délégations africaines y sont en effet attendues : Cameroun (conduite par le ministre des Finances) ; RD Congo (avec un projet de formalisation de l’exploitation de l’or et de valorisation de la forêt primaire congolaise pour lever « de l’ordre de 5 milliards d’euros ») ; l’État de Katsina au Nigeria, et peut-être une délégation ghanéenne. « Nous attendons près de 1 000 personnes en présentiel », précise le président du CIAN.
Ensuite, Etienne Giros évoque le Sommet Afrique-France de Nairobi, les 11 et 12 mai – première édition dans un pays anglophone : « Trente chefs d’État africains y sont attendus. » Le forum économique du 11 mai devrait rassembler 1 500 participants autour de trois axes : priorité aux entreprises dans la nouvelle relation France-Afrique, industries culturelles et créatives, et sport. Pour le Président Giros, ce sommet arrive à point nommé : « Alors que les cartes géopolitiques et d’influence sont fortement rebattues, c’est un moment important. »
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« Utilisez-nous » :
le CIAN comme sésame
Au-delà du plaidoyer politique, Étienne Giros a rappelé la fonction concrète de l’association. « Il ne se passe pas une semaine sans que nous ne soyons interrogés au CIAN pour donner un rendez-vous, faciliter une ouverture avec une autorité française, européenne, avec un bailleur de fonds, avec quelqu’un du service public ou un collègue… ». Qu’il s’agisse de fiscalité, de rapatriement d’expatriés ou de questions pétrolières : « Le sésame du CIAN marche ! » affirme Étienne Giros.
Le réseau compte aujourd’hui 150 entreprises, soit autant dire 1 500 personnes – « et cela peut passer à 2 000, à 3 000, il n’y a pas de limite » – à condition que les adhérents transmettent à l’association les noms de leurs collaborateurs souhaitant être intégrés aux listes de diffusion et d’invitation. « N’hésitez pas à nous utiliser. Au fond, une bonne manière de réussir en Afrique, c’est de travailler ensemble. »
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Le partenariat local,
clé de voûte
Un message récurrent dans le discours du Président Giros : face aux risques perçus et aux marchés parfois étroits, la réponse passe par le partenariat local. « Dès que vous pouvez, n’hésitez pas à signer des partenariats locaux pour avoir la connaissance des marchés, répondre aux normes de local content. Je pense que c’est une manière de procéder efficace. »
Et sur la question RSE – devenue, souligne-t-il, « un sujet totalement clé et même déterminant pour les attributions de marché en Afrique » – il voit pour les entreprises françaises un avantage concurrentiel décisif face aux acteurs venus d’ailleurs : « C’est là où nos entreprises peuvent faire la différence. On peut se servir de cela en termes d’image et de concurrence. »…
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Étienne Giros préside le Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN) depuis plusieurs années. Il est également président de l’EBCAM (European Business Council for Africa), la plateforme des organisations équivalentes au CIAN dans 13 pays européens.
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La XXIIe Conférence des Ambassadeurs de Paris (CAP 22)
se tiendra le mardi 12 mai (18 h - 20 h).
Thème : Focus sur les atouts économiques de la Tunisie
Avec la participation confirmée de Son Excellence
M. Dhia KHALED, Ambassadeur de la Tunisie en France
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Plus d’informations prochainement.
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