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Le PM cap-verdien Ulysses Correia e Silva mobilise à Paris 850 M€ 
pour son Plan stratégique de Développement durable

17 décembre 2018
Le Premier ministre cap-verdien Ulysses Correia e Silva (au centre) présidant la conférence, le 11 décembre au siège parisien de la Banque mondiale. © DR
Le Premier ministre cap-verdien Ulysses Correia e Silva, accompagné de plusieurs ministres et personnalités du monde économique, est venu à Paris le 11 décembre dernier pour faire valoir l’attractivité de son pays au cours d’une conférence intitulée « Le Cap-Vert pour un développement durable », au siège français de la Banque mondiale, et le lendemain à la Chambre de Commerce de Paris. L’objectif de la délégation de haut niveau du Cap-Vert : obtenir un maximum de soutien des bailleurs de fonds, et aussi attirer les investissements privés, afin de rendre l’économie cap-verdienne plus résiliente aux contraintes climatiques et aux chocs externes.

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Un article de Florence PAQUE

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Preuve de sa motivation, le Cap-Vert était donc représenté par une délégation au plus haut niveau. Aux côtés du Premier ministre et ancien Maire de la capitale Praia, Ulysses Correia e Silva, étaient présents le vice-Premier ministre et ministre des Finances, ainsi que ceux du Tourisme, du transport et de l’économie maritime, de l’Énergie et des Télécommunications, le Président des Chambres de Commerce et d’Industrie et plusieurs des principaux acteurs économiques cap-verdiens.

Pour Berlindo Lenas, Président des CCI, qui s’exprimait comme représentant du collectif du secteur privé, « Nous sommes là pour trouver des partenaires afin de résoudre les problèmes que nous avons, notamment l’accès à des sources de financement ». Un propos que les bailleurs ont écouté avec une bienveillance certaine, car depuis son indépendance en 1975, le Cap Vert s’affirme comme le bon élève de l’Afrique de l’Ouest, le représentant de l’Union européenne à la conférence saluant d’ailleurs le pays comme « un modèle de gouvernance pour le continent et le respect des droits de l’homme ».

De l’économie verte à l’économie bleue

Aussi, pendant ces deux jours, le Cap-Vert a-t-il plaidé pour « un partenariat renouvelé » qui permettra au pays de maintenir ses acquis et de mener à bien son Plan stratégique de Développement durable (PSDD, 2017-2021, pour lequel le Cap-Vert a déjà obtenu un prêt de la Banque africaine de développement de 40 millions d’euros, en août 2018).
Les secteurs de développement affichés comme prioritaires par le PSDD sont le tourisme, l’économie maritime, l’énergie renouvelable et le renforcement de la connectivité.

Le pays, qui compte 300 000 habitants accueille aujourd’hui près d’un million de touristes et vise les 3 millions à l’horizon 2023, tout en veillant à ce que le développement touristique se fasse dans le respect de son environnement naturel. Il mise pour cela depuis quelques années déjà sur une économie verte, et s’équipe en véhicules électriques.
À l’avenir, le pays se veut aussi précurseur d’une économie bleue. « Petit pays terrestre, mais grand pays maritime » comme se plaît à le dire le ministre de l’Économie maritime José da Silva Gonçales, puisque ses eaux territoriales représentent quatre fois sa superficie terrestre.

Une vue des participants à la conférence du 11 décembre, au siège parisien de la Banque mondiale. © DR

Une croissance économique soutenue

Les représentants à la tribune ont illustré successivement les nombreux indicateurs positifs du pays : un taux de croissance du PIB de 4 % en 2017 (3,8 % en 2016 et 4,8 % en 2018, 5 % attendus pour 2019 selon le FMI). Un taux de croissance du secteur touristique de 10 % – parmi les plus élevés au monde – sur les quatre dernières années, un taux d’alphabétisation de 87 %, et un accès à l’électricité autour de 98 % en 2018.

Le défi reste le taux d’endettement fort, mais là encore le pays enregistre des progrès puisqu’il a pu contrôler son déficit, passé de 3 % à 2,7 %, et l’inflation demeure minime, à 1 %.

Au-delà des chiffres, le Premier ministre cap-verdien a évoqué les réformes nécessaires pour renforcer les performances économiques de l’île, notamment la restructuration des entreprises publiques déficitaires, au travers du plan de développement durable qui, précise le PM, doit permettre d’assurer à la population « un emploi décent et un bien-être qui repose sur une économie résiliente ». Une préoccupation particulièrement prégnante, car l’archipel est confronté à des contraintes logistiques en raison de son insularité, et avec la sécheresse de ces quatre dernières années a déjà éprouvé les conséquences du changement climatique.

Ainsi, afin de créer les conditions optimales au développement, le gouvernement cap-verdien s’est engagé sur ces trois défis : celui de la résilience aux chocs externes, notamment celle du secteur agraire (du fait des pluies irrégulières) ; un plan de transition énergétique ambitieux ; relever le défi de la connectivité qu’il veut développer dans les transports et les télécoms.

Une vue des intervenants cap-verdiens à la CCI de Paris, le 11 décembre. © DR

Fin d’un cycle et appel à l’investissement privé

La Directrice Générale de la BAD résume le très grand défi auquel fait maintenant face le Cap-Vert : « Passer du statut actuel de pays au développement Intermédiaire à celui d’économie avancée… soit passer d’un succès à un autre, un très grand défi ! »
Pour le représentant de la CEDEAO, la tenue de cette conférence permettra de « faire face à tous ces défis auxquels le Cap Vert est confronté, dans un contexte favorable de stabilité macroéconomique et de raffermissement de la confiance des acteurs économiques dans la politique mise en œuvre par le gouvernement ».

Preuve de la confiance dont bénéficie le Cap Vert, cette rencontre parisienne lui aura permis d’obtenir des promesses à hauteur de 850 millions d’euros de la part des institutions financières – la BAD, la Banque Mondiale, l’AFD – ainsi que de l’OCDE et du Japon.

Reste un défi majeur : convaincre les investisseurs. Si les fondamentaux économiques et politiques du Cap-Vert séduisent les bailleurs institutionnels, le pays est bien conscient qu’il doit pouvoir acquérir son autonomie financière, laquelle passe par l’investissement privé.

Le Cap-Vert a ainsi lancé un appel aux investisseurs internationaux, faisant valoir des opportunités bien réelles dans le secteur du tourisme, de l’énergie ou encore de l’économie maritime. La privatisation de 23 entreprises publiques, notamment celle de compagnie aérienne nationale (TACV), ou encore les aéroports (renforcement du hub aérien sur l’île de Sal) font l’objet de réformes faisant la part belle à l’investissement étranger.

À l’attention des investisseurs privés, le Premier ministre et l’ensemble de la délégation ont aussi affirmé avec conviction les atouts immatériels du pays : un capital humain bénéficiant d’une éducation de qualité, et la stabilité politique. Pour les investisseurs, Le Cap Vert fait ainsi figure de pays à faible risque, bénéficiant d’un réel capital confiance.

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EN SAVOIR PLUS sur les projets du Cap-Vert :
Peds.gov.cv/caboverdef4dev/

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