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Le Maroc veut intensifier sa lutte contre la corruption

Maroc | 14 janvier 2010 | src.Le Matin.ma
Rabat - Nommé par Mohammed VI le 4 janvier 2010 ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Modernisation des Secteurs publics, Mohamed Saâd Alami a choisi de s’attaquer d’emblée au dossier de la lutte contre la corruption, organisant lundi à Rabat la première réunion de la commission interministérielle ad hoc. Une batterie de mesures a été décidée…

Photo ci-dessus - Mohamed Saâd Alami, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Modernisation des Secteurs publics. © service-public.ma


Cette réunion avait pour objectif d’élaborer un plan avec un échéancier précis. Pour atteindre cet objectif qui a tardé à voir le jour depuis des années, le ministre prône une approche participative qui doit impliquer trois parties : le gouvernement, les institutions d’Etat et la société civile. « Ce phénomène dépasse la responsabilité du gouvernement », tient-il à préciser. On parle aujourd’hui de mesures « pratiques » à étudier dans les plus brefs délais pour accélérer la lutte contre la corruption.

Une batterie de mesures a été prise. Et doit être renforcée. Selon le ministère de la Modernisation des secteurs publics, les pouvoirs publics se sont attaqués au cours des dernières années à la consolidation de la transparence dans la gestion de la chose publique et du cadre institutionnel de lutte contre la corruption.

Ainsi, à titre d’exemple, pour instaurer l’égalité et la transparence au niveau de l’accès aux services publics, des mesures ont été mises en place pour améliorer la qualité des relations entre l’administration et les usagers par le biais d’un système commun fixant les tarifs douaniers et par le développement d’un système informatique de gestion fiscale pour suivre et contrôler les déclarations fiscales.

On a également publié un guide de procédures administratives les plus fréquentes.

Dans le cadre du renforcement du volet institutionnel pour la prévention du fléau de la corruption, on tient à citer, entre autres, la mesure ayant trait à l’annulation de la Cour spéciale de justice dont les prérogatives ont été transférées aux tribunaux ordinaires ainsi que la mise en place des conseils régionaux des comptes.

Le Plan d’action gouvernemental

De grands efforts restent à déployer. Le président de l’instance centrale de lutte contre la corruption, Abdessalam Aboudrar a, à plusieurs reprises, estimé que la situation est on ne peut plus compliquée et nécessite la conjugaison des efforts de toutes les parties. Le renforcement du dispositif juridique, à lui seul, ne suffit pas.

Il faut, en effet, mener, en parallèle une action de combat contre le phénomène de l’impunité. L’impact des textes juridiques portant sur la transparence et l’intégrité doit être analysé pour pouvoir redresser la législation mise en place. Selon le secrétaire général de Transparency Maroc, Rachid Filali Meknassi, il faut que l’action de la commission interministérielle se poursuive pour pouvoir arriver à des résultats concrets et sortir du cadre des déclarations d’intention : « Il faut passer du discours au suivi. »

Le plan d’action gouvernemental relatif à la lutte contre le phénomène de la corruption repose sur plusieurs axes. Il s’agit notamment de la simplification des procédures administratives, la mise en place de l’administration électronique, l’ancrage des principes et valeurs éthiques, la consolidation du cadre institutionnel pour la prévention de la corruption, le raffermissement des bases de transparence dans l’attribution des marchés publics, le développement des systèmes de suivi et de contrôle…

La prévention de la corruption passe également par d’autres aspects notamment la création d’une structure pour recevoir les plaintes, l’organisation des campagnes de communication et la sensibilisation des élèves en milieu scolaire…

Jihane Gattioui - Le Matin.ma

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