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Un For’UM très réussi, avec le lancement d’une profusion de projets, dont le FARO

Tous pays EUROMED-AFRIQUE | 28 mai 2010 | src.leJmed.fr
Marseille - Initiative née au sein de la mission UPM d’Henri Guaino, le For’UM qui s’est tenu jeudi 27 mai à Marseille avait un petit air officieux de « Sommet civil », tant par le nombre et la qualité des participants que par la profusion des projets… aboutis, ou presque, qui y furent présentés.
Photo ci-dessus : l’intervention de Mme Anne-Marie Idrac, Secrétaire d’État au Commerce extérieur de la France. © leJmed.fr - mai 2010


Plus de six cents participants, venus de la plupart des pays méditerranéens, se sont en effet retrouvés à Marseille pour ce premier For’UM, imaginé à Paris par Julien Aubert, jeune énarque membre de la mission interministérielle UPM, et… natif de Marseille.

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Une vue d’une séance plénière, tandis que les ateliers se déroulaient dans d’autres salles de la Bourse de Marseille. © leJmed.fr - mai 2010}

Parmi les participants, une profusion de cadres dirigeants de grandes sociétés ou d’institutions internationales, mais aussi plusieurs personnalités politiques, comme Mme Christine Lagarde, Ministre français de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi, Mme Anne-Marie Idrac, Secrétaire d’État au Commerce extérieur, Rachid Mohamed Rachid, Ministre égyptien du Commerce et de l’Industrie, ainsi que deux personnalités de l’UPM, son inspirateur Henri Guaino, et Ahmad Massadeh, le tout nouveau Secrétaire général de l’UPM, qui faisait pour l’occasion sa première véritable apparition publique.

Le programme de la journée, très dense, s’articulait entre séances plénières et ateliers déclinés autour du thème central de l’investissement – investissement dans le financement des projets et développement économique, investissement dans les transports et le développement urbain, investissement dans l’environnement et le développement social et humain – qui ont permis d’échanger les expertises et, plus globalement, de constater la stupéfiante profusion de projets concrets qui ont abouti ou qui avancent, partout en Méditerranée. Parmi ceux-ci, plusieurs outils de financement : une Banque de développement pour la Méditerranée ; Inframed, le premier fonds dédié à l’UPM ; le FARO, fonds d’Amorçage, de Réalisation et d’Orientation ; le Fonds Carbone Méditerranéen…

Vers une Banque de développement pour la Méditerranée ?

Temps forts de ces journées, des conférences de presse ont permis de faire le point sur les initiatives les plus emblématiques abouties ou en cours d’aboutissement en faveur de l’UPM.

Philippe de Fontaine-Vive, vice-Président de la BEI et « patron » de la Femip, et Charles Milhaud, durant la conférence sur le rapport de la Commission Milhaud. © leJmed.fr - mai 2010

L’une d’entre elles, co-animée par Philippe de Fontaine-Vive, vice-Président de la BEI et « patron » de la Femip, et Charles Milhaud, concernait le rapport de la Commission Milhaud sur l’hypothèse de la création d’une Banque méditerranéenne de développement, une sorte de BERD méditerranéenne.

En avant-première – puisque le Président Nicolas Sarkozy ne sera officiellement récipiendaire du rapport que dans les prochains jours – les participants purent ainsi apprendre que la Commission Milhaud recommande en effet la création d’une institution financière dédiée à la Méditerranée.

Selon Charles Milhaud, l’option préférée, à l’unanimité, par les membres de sa Commission, est celle visant à créer un nouvel établissement bancaire dont l’actionnaire de référence serait la BEI, pour un tiers des actions – sur un capital initial préconisé de 10 à 15 Mds € –, ce qui permettrait à la nouvelle banque d’emprunter aux conditions les meilleures du marché, sur la base d’une note AAA.

« La solution, précisa Philippe de Fontaine-Vive, consisterait à filialiser l’activité [méditerranéenne] de la BEI, et en ouvrant le capital à tous ceux, y compris du Golfe, qui voudraient se joindre à la nouvelle entité. »

C’est cette option qui sera présentée le 1er juin au Président de la BEI, qui devrait faire connaître sa position rapidement, puisque la présentation du Rapport Milhaud à Nicolas Sarkozy devrait se faire avant la mi-juin, indiqua Charles Milhaud.

Lancement d’InfraMed, le premier fonds dédié à l’UPM

Présenté à Marseille au lendemain de son lancement officiel à Paris, le Fonds InfraMed consacre l’aboutissement de deux années d’engagement fort de deux membres fondateurs du Club des Investisseurs de Long Terme, La Caisse des Dépôts (CDC, France) et de la Cassa Depositi e Prestiti (CDP, Italie), rejointes par la Banque européenne d’investissement (BEI), la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG, Maroc) et EFG Hermes (Egypte).

Ensemble, ses cinq instituions ont doté le fonds de 398 M€, et visent 1 milliard d’euros en 2011, en ouvrant le capital à d’autres partenaires, en EuroMéditerranée, mais aussi au-delà, notamment aux pays du Golfe, investisseurs déjà très présents en Méditerranée.

Concrètement, InfraMed prendra des participations en capital dans des projets en infrastructures urbaines, énergétiques et de transport, jouant ainsi un rôle d’entraînement pour les autres investisseurs potentiels.

Salué comme « un outil exemplaire » par ses promoteurs, le fonds InfraMed est le premier instrument de financement spécifiquement dédié à l’UPM(plus d’infos ici)

Lancement du FARO, fonds d’Amorçage, de Réalisation et d’Orientation

Signature de la convention du FARO. Au premier plan, de gauche à droite : Laurent Vigier, Directeur des Affaires internationales de la CDC ; Michel Jacquier, DG délégué de l’AFD ; Henri Guaino. En arrière -plan : Julien Aubert, de la mission UPM, en conversation avec Mme Christine Lagarde. © leJmed.fr - mai 2010

Ainsi que le déclarait déjà en substance Julien Aubert lors de notre entrevue de novembre 2009, la création de ce FARO, dont il est l’initiateur, se fonde sur le constat d’évidence que l’UPM ne doit pas seulement s’intéresser aux multinationales, aux États et aux macro-projets.

Le FARO, acronyme de fonds d’Amorçage, de Réalisation et d’Orientation – mais aussi volontairement évocateur du Palais du Pharo, siège de L’Institut de la Méditerranée, à Marseille – se veut donc un outil-pilote d’appui aux porteurs de petits projets innovants, et dédié plus particulièrement aux ressortissants franco et euro-méditerranéens, aux organismes binationaux et, plus généralement, à tous ceux regroupés autour d’une volonté de servir les intérêts partagés des deux rives de la Méditerranée.

L’originalité du FARO, dont l’instance décisionnelle est installée à Marseille, repose sur le fait qu’il fédère, sur le sujet du micro-financement innovant, des partenaires publics, acteurs essentiels de la chaîne d’aide aux PME, mais qui jusqu’ici n’avaient jamais travaillé ensemble : OSEO, l’AFD et la CDC. Le Liban, l’Italie et le Maroc ont d’ores et déjà fait connaître leur intérêt pour le FARO.

Vers la création d’un Fonds Carbone Méditerranéen

Laurent Vigier (à gauche), Directeur des Affaires internationales de la CDC, et Ahmad Massadeh, Secrétaire générl de l’UPM© leJmed.fr - mai 2010

Laurent Vigier, Directeur des Affaires internationales de la CDC, annonça l’initiative en cours pour aboutir à la création d’un Fonds Carbone Méditerranéen, FCM

La CDC Climat (nouvelle filiale de la CDC), l’AFD, Proparco, la BEI, la CDP italienne et l’allemand KfW Bankengruppe participent de cette initiative qui vise à conforter le déploiement de projets dans le cadre du Plan Solaire Méditerranéen, et à exploiter le potentiel latent des crédits carbone des pays Sud et Est méditerranéens, aussi bien dans les énergies renouvelables que dans l’efficacité énergétique.

Conformément aux dispositions de la Directive Énergie Climat adoptée par l’Union européenne en décembre 2008, les crédits éligibles pourraient être générés jusqu’en 2020, mais « le Fonds Carbone Méditerranéen pourrait devenir opérationnel dès 2011 », estima Laurent Vigier, avant d’énoncer les nombreux exemples qui illustrent le puissant engagement de la Caisse des Dépôts dans la concrétisation de sa vision stratégique méditerranéenne.

En effet, et pour ne parler que du seul secteur financier, la CDC, acteur déterminant dans la création d’InfraMed, est aussi présente dans le FARO et dans le futur FCM, mais aussi dans Averroès I et II, fonds visant à développer le capital-risque en Méditerranée…

Ce faisant, "la CDC est fidèle à sa mission", car, estima Laurent Vigier, « nous avons fait le constat qu’accélérer la croissance en Méditerranée servira aussi la croissance en France (…) Plus de croissance au Sud, ce sont plus d’emplois au Nord. C’est pourquoi, en déployant notre action en Méditerranée, nous sommes bien dans notre mission de groupe public au service de l’intérêt général ».

Et cette implication forte de la CDC dans le projet méditerranéen démontre aussi, s’il en était encore besoin, la détermination de la France à faire avancer concrètement l’Union pour la Méditerranée.


© Alfred Mignot


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