Retrouvez AfricaPresse.paris sur :
RSS

Outils

Le CMI met son action stratégique en phase avec la transition démocratique des pays sud-Med

Tous pays EUROMED-AFRIQUE | 5 avril 2011 | src.leJMED.fr
Marseille -

L’onde de choc du soulèvement démocratique tunisien de janvier ne se propage pas seulement dans les pays sud-méditerranéens, elle interpelle aussi les dirigeants concernés par la coopération euroméditerranéenne. C’est particulièrement – et heureusement ! – le cas du Centre de Marseille pour l’intégration en Méditerranée (CMI), dont le Conseil stratégique, réuni jeudi 31 mars et vendredi 1er avril, a pris en compte la nouvelle donne au sud et en a tiré les conséquences concrètes pour son action.

Photo ci-dessus : photo de famille des membres fondateurs du CMI, Centre de Marseille pour l’intégration en Méditerranée, à la Villa Valmer de Marseille, le 9 octobre 2009. © Archives CMI


JPEG - 64.4 ko
Mats Karlsson, Directeur du CMI (à g.) et Philippe de Fontaine Vive, vice-Président de la BEI, « patron » de la Femip et co-Président du Conseil Stratégique du CMI, lors de la conférence du 16 avril 2010 au CMI de la Villa Valmer, à Marseille. © Archives LeJMED.fr - avril 2010

« Notre satisfaction fut grande, commente un cadre dirigeant membre du Conseil stratégique du CMI (1), de constater le fort consensus du Conseil stratégique, pour prendre en compte la nouvelle donne née des mouvements porteurs de la transition démocratique dans le sud méditerranéen. De plus, cette approche est en totale convergence avec les demandes exprimées par les gouvernements fondateurs du Centre, lors du Conseil d’Administration (2) du 17 mars dernier.
Ce que nous retenons de ce Conseil, c’est, d’une part, la confirmation de la pertinence et de l’utilité du CMI, ainsi que l’urgence d’agir en renforçant sa vocation de plate-forme de dialogue pour avancer des propositions concrètes et, d’autre part, la nécessité d’accentuer les actions transversales qui relèvent de problématiques communes – l’eau, l’urbanisation, la lutte climatique, l’éducation et la formation, l’emploi de la jeunesse, etc. – qui pourront aider les gouvernements à gérer au mieux la transition démocratique ».

Créé le 9 octobre 2009, Le Centre de Marseille pour l’intégration en Méditerranée (CMI), dont l’objet est d’appuyer la modernisation des politiques publiques dans les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée, manifeste ainsi une capacité de réactivité intellectuelle à intégrer pleinement le nouveau paradigme issu des « révolutions arabes », et entend bien le traduire concrètement dans ses actions à venir pour accompagner l’espérance nouvelle de liberté et de dignité, en déployant pour cela les initiatives porteuses d’une prospérité partagée en Méditerranée.

Les « trois priorités urgentes » du CMI

Ainsi, le Conseil stratégique a-t-il décidé d’orienter les travaux du Centre, avec ses membres et partenaires, selon « trois priorités urgentes » :

- force de propositions, le CMI agira aussi comme espace de dialogue entre les deux rives de la Méditerranée ; fort de son atout d’avoir comme membres fondateurs huit États et deux institutions financières multilatérales et de réunir 19 partenaires acteurs du développement en Méditerranée, le CMI veut accentuer son rôle d’accélérateur des échanges de savoirs et de facilitateur de la mise en place de nouveaux instruments de coopération et d’intégration dans la région ;

- Le CMI entend aussi accélérer l’émergence de projets et de propositions concrets, afin de consolider le passage rapide à la stabilité économique et sociale ;

- autre axe stratégique d’action : le CMI donnera plus de transversalité à ses travaux, ce qui implique que les responsables des cinq domaines d’action (3) du CMI formulent des recommandations et des propositions transversales aux différents programmes d’un même domaine ou d’un domaine à l’autre, ceci afin d’éclairer les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée sur les aspects suivants des réformes de leurs politiques publiques : gouvernance publique et démocratie dans la conduite des politiques sectorielles et des projets ; mise en place d’une croissance plus inclusive, respectueuse des attentes sociales et de l’équilibre des territoires ; passage à une économie de la connaissance, fondée sur l’éducation et le contenu technologique, porteuse d’emplois pour la jeunesse et de l’essor du petit entrepreneuriat ; intégration économique régionale : faciliter l’accès des populations aux biens publics mondiaux et développement des instruments de nature à accroître la mobilité des personnes et des flux économiques (commerce extérieur et investissements directs étrangers).

Plus de visibilité et de communication

Afin de promouvoir ce nouvel « esprit des suds », le Conseil stratégique a aussi décidé de renforcer la présence du CMI dans les fora internationaux, et de développer des partenariats avec les organisations de la société civile, ainsi qu’avec les institutions qui promeuvent des politiques de développement pour les pays partenaires.
Ainsi, la participation du CMI à plusieurs manifestations internationales importantes (4) qui se dérouleront dans les prochaines semaines et mois a-t-elle été approuvée par le Conseil stratégique.

Une décision de communiquer plus qui vient en quelque sorte couronner toutes les autres, et dont tous les « amoureux de la Méditerranée » ne pourront que se féliciter, car si l’on note un regain d’intérêt certain pour les questions euroméditerranéennes (cf. les récentes déclarations de Catherine Ashton, la résolution du Parlement européen, ainsi que de l’Assemblée parlementaire de l’UPM et l’engagement fort et officiel de la BEI-FEMIP, il est clair que l’empathie « méditerranéiste » est encore loin d’être majoritaire en Europe. Et si l’on veut « changer le regard du monde sur la Méditerranée, en positif », comme le notait Philippe de Fontaine Vive lors de la réunion du Conseil d’Administration de l’OCEMO, le vendredi 1er avril en cette même Villa Valmer de Marseille, bien des efforts restent à accomplir.

Mais… c’est possible ! car malgré les déboires récents de l’UPM, pour tous les acteurs engagés dans la construction du partenariat euroméditerranéen, le nouveau recommencement, cette nouvelle période d’un « temps long » de l’Histoire qui semble bel et bien s’esquisser en Méditerranée est aussi un encouragement sans pareil à agir avec conviction et persévérance.

Alfred Mignot pour LeJMED.fr

◊ ◊ ◊

(1) Le Conseil stratégique du CMI rassemble douze hautes personnalités des milieux institutionnels académiques et de la société civile des pays partenaires méditerranéens et d’Europe. Il est placé sous la coprésidence de Ahmed Benghazi, directeur général de la société Axis Capital Conseils et membre du directoire de la Banque centrale de Tunisie, et de Philippe de Fontaine Vive, vice-Président de la BEI et « patron » de la FEMIP, qui déploie en Méditerranée l’action de l’institution financière de l’Union européenne.

(2) Le Conseil d’administration du CMI réunit les représentants de ses membres fondateurs : les gouvernements du Maroc, Tunisie, Égypte, Jordanie, Liban et France, ainsi que la Banque mondiale et la Banque européenne d’investissement (BEI).

(3) Les cinq domaines d’action du CMI sont : le développement spatial et urbain ; l’environnement et l’eau ; l’emploi, les compétences et la mobilité des travailleurs (y compris la problématique des jeunes) ; l’économie du savoir et l’innovation ; les transports et la logistique.

(4) L’Agenda des prochains séminaires de partage de savoirs organisés par le CMI :
- Conférence sur les systèmes d’éducation en France et en Méditerranée (en partenariat avec l’OCDE et l’École de la Deuxième Chance (E2C) dans le cadre de l’actualisation de l’étude PISA, le 2 avril 2011
- Séminaires « Économie de la connaissance et soutien aux entreprises innovantes en Méditerranée », les 28 et 29 avril 2011
- Séminaire « Villes et changement climatique », les 30-31 mai 2011
- Séminaire de dialogue avec les sociétés civiles, les 5-6 juin 2011

L’Agenda des prochaines manifestations internationales auxquelles le CMI participera :
- Conférence sur la transition démocratique en Méditerranée, organisée par le ministère des Affaires étrangères et européennes à l’Institut du Monde Arabe, Paris, le 16 avril 2011
- Conférence inaugurale de l’Office de Coopération économique de la Méditerranée et de l’Orient (OCEMO) sur le thème de la jeunesse, Marseille, le 8 juillet 2011
- G8 Broader MENAVIIIe Forum pour le Futur « Transformation et Intégration dans la région MENA », Marseille, les 6-7 juin 2011
- G7, Réunion des ministres des Finances, Marseille, les 8-10 septembre 2011.

◊ ◊ ◊

Sur le même thème :

- Une première année bien remplie pour le Centre de Marseille pour l’intégration en Méditerranée

- Création du Centre de Marseille pour l’intégration en Méditerranée (CMI)

- Le CMI et l’EPA Euroméditerranée copilotes du « Réseau des opérateurs urbains méditerranéens »

- Philippe de Fontaine Vive, VP de la BEI, co-Président du CMI : « C’est le Sud qui tire la croissance européenne »

Et aussi :

- L’Assemblée parlementaire de l’UPM affirme sa solidarité avec les mouvements démocratiques en sud-MED

- L’emploi des jeunes, première priorité de l’Office de Coopération économique de la Méditerranée et de l’Orient (OCEMO)

- La BEI « se tient à la disposition de la Tunisie, au service de ses priorités économiques et sociales »

- Philippe de Fontaine Vive, VP de la BEI, « patron » de la FEMIP :
« En Tunisie, la FEMIP renforce ses engagements dès 2011, jusqu’à 700 ou 800 millions d’euros »

- Site du CMI - Centre de Marseille pour l’intégration en Méditerranée

Articles récents recommandés