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Laurent Blaise TAGO (BDEAC) : « Nous agissons pour le devenir écologique du bassin du Congo »

31 juillet 2026
Laurent Blaise TAGO (BDEAC) : « Nous agissons pour le devenir écologique du bassin du Congo »
Laurent Blaise TAGO, Coordonnateur général des Services de la Banque de Développement des États d’Afrique centrale (BDEAC) - Photo © DR – CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR.
À l’occasion de sa participation au IVe Économie Business Summit qui s’est tenu à Paris - La Défense en juillet dernier, Laurent Blaise TAGO, Coordonnateur général des Services de la Banque de Développement des États d’Afrique centrale (BDEAC), nous a fait part des projets structurants de la BDEAC pour la sous-région.

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Propos recueillis par Denis DESCHAMPS, pour AFRICAPRESSE.Paris
@DjuliusD @africa_presse

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APP - Voulez-vous d’abord nous rappeler votre parcours ?

Laurent Blaise TAGO - Je suis né il y a 57 ans, à Bangui, en République centrafricaine (RCA), où j’ai fait mes études dans un cadre d’enseignement français. Après une licence en Sciences de gestion à l’Université de Bangui, j’ai poursuivi mes études supérieures en Afrique de l’Ouest, d’abord à l’Université de Ouagadougou (Burkina-Faso), où j’ai obtenu une maîtrise en Sciences économiques, option Économie et Gestion des Organisations, ensuite à l’Université de Bénin, où j’ai obtenu le DESS en Sciences de gestion, option Finances et Contrôle de gestion. Et dernièrement, en mars 2026, j’ai décroché l’« Exécutive Mastère en Politiques et Management Potentiel Afrique (POTAF) » à Sciences-Po Paris.

J’ai rejoint la BDEAC en 2007 comme Auditeur interne. J’ai gravi des échelons, passant par le poste de Chef de Département de l’Audit interne, Conseiller du Président, Représentant Résident au Tchad. Ma carrière à la BDEAC a connu un rebondissement en décembre 2019, avec un détachement de deux ans auprès du Conseil d’administration du Groupe de la Banque mondiale à Washington, au poste de Conseiller de l’Administrateur du Groupe Afrique II de 2020 à 2022.
Et depuis juillet 2024, je suis le Coordonnateur Général des Services de la BDEAC.

APP - La BDEAC, qu’est-ce que c’est ?

Laurent Blaise TAGO - La Banque de Développement des États d’Afrique centrale (BDEAC), créée par Accord du 3 décembre 1975, est l’institution de financement du développement des États de la Communauté Economique et Monétaire des États de l’Afrique Centrale (CEMAC). Son schéma de gouvernance comprend l’Assemblée Générale, l’organe suprême, le Conseil d’administration et la Présidence de la Banque. Depuis cinquante ans, ce bel outil œuvre dans la mobilisation des ressources et le financement des projets d’investissements dans l’espace de la CEMAC.

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Les missions
de la BDEAC

Elle a pour mission de :

- Concourir au développement économique et social, au développement durable et à l’intégration économique des États de l’Afrique Centrale, notamment par le financement des investissements nationaux, multinationaux et des projets d’intégration économique ;

- Apporter son concours aux États de l’Afrique Centrale, aux Organisations sous-régionales, aux institutions financières et aux opérateurs économiques, dans leurs efforts pour la mobilisation des ressources financières et le financement des projets notamment économiquement et financièrement viables ayant des impacts quantitatifs et qualitatifs sur les conditions de vie des populations et la préservation de l’environnement ;

- Appuyer les États de l’Afrique Centrale, les organisations sous-régionales, et les opérateurs économiques dans le financement des études de faisabilité des projets et programmes.

À ce titre, elle contribue à favoriser l’intégration régionale par le financement des projets intégrateurs du Programme Economique Régional (PER). Par ses interventions dans le financement des projets, elle concourt à la diversification des économies des États de l’Afrique Centrale. La Banque réalise une performance financière solide grâce à une gestion rigoureuse et un historique de rentabilité. Elle ambitionne, sous l’impulsion de Monsieur Dieudonnée EVOU-MEKOU, Président de la BDEAC, d’être une « Institution moderne, socle du développement des économies des États de l’Afrique Centrale », et catalyseur pour les partenaires techniques et financiers dans le cadre de la lutte contre la pauvreté en Afrique Centrale.

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Des projets
porteurs d’impact

La BDEAC intervient dans les secteurs porteurs d’impact, notamment le transport, l’agriculture et l’agro-industrie, l’industrie, la santé, le développement urbain, l’énergie, les finances, l’éducation, les mines, les services et le tourisme. Les interventions de la BDEAC depuis sa création jusqu’à date portent sur 290 opérations de financements d’un montant global de FCFA 2 404 204 milliards, 45 études d’un montant de FCFA 11 258,3 milliards et 9 prises de participation d’un montant de FCFA 11 820,5 milliards.

Quelques réalisations dans les pays membres peuvent être citées : Atlantic Cocoa Corporation au Cameroun, Palm d’Or en Centrafrique, la Banque Postale au Congo, l’Aéroport de Libreville, la construction d’usines à Bata et l’aéroport Hassan Djmaous de N’Djamena au Tchad.

Sur le plan du leadership climatique, la BDEAC a renforcé son positionnement sur la scène internationale au travers de son rôle moteur dans l’agenda climatique régional, en rassemblant les Points focaux du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo (F2BC) pour structurer les futures mobilisations de financements destinés à la résilience climatique et en organisant en marge de la COP 30 de Belém (Brésil) une pré-table ronde des Bailleurs des fonds pour le F2BC, et l’organisation de la première table ronde des Bailleurs de fonds Brazzaville, le 26 mai 2026, pour le financement d’un portefeuille de 63 projets, initiative de 16 États du Bassin du Congo, dont le montant est de USD 5,32 milliards.

APP - La BDEAC intervient comment ?

Laurent Blaise TAGO - Les instruments d’intervention de la BDEAC en faveur des opérateurs économiques publics ou privés peuvent prendre les formes suivantes :
 Prêts directs pour le financement de projet (moyen et long terme) ;
 Instruments de financement du commerce (court terme) ;
 Leasing ;
 Prises de participation ;
 Avals et garanties ;
 Avances pour le financement des études de faisabilités ;
 Ligne de refinancement des banques commerciales et des établissements de microfinance.

Le plancher des interventions de la BDEAC par engagement direct est fixé à :
 1 000 millions de francs CFA pour les projets et programmes d’investissement ;
 200 millions de franc FCA pour les transactions de négoce ;
 200 millions de francs CFA pour les études, sauf dans le cas des études à vocation sous-régionale, régionale, ou promues dans le cadre de l’intégration régionale.

APP - Parlez-nous du Bassin du Congo, qui est votre dernière actualité…

Laurent Blaise TAGO - Vous avez parfaitement raison : la BDEAC a organisé le 26 mai dernier une table ronde à Brazzaville, en marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD). Cette première Table Ronde des bailleurs de fonds de la Commission Climat du Bassin du Congo (CCBC), vise à mobiliser les ressources nécessaires au financement du plan d’investissement du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo (F2BC).
C’était l’occasion pour la BDEAC, en sa qualité d’agent financier du F2BC de présenter à la communauté des bailleurs de fonds, les organes de gouvernance du Fonds, ainsi que les 63 projets du premier programme prioritaire issus des États et des Organisations sous-régionales.

Les objectifs spécifiques poursuivis sont :

 Faciliter et participer au financement au projet de l’économie bleue et durable à hauteur de 10 milliards sur une période de dix ans ;
 Soutenir l’atteinte des Contributions Nationales Déterminées (CDN) pour les États membres de la Commission du Bassin du Congo et leurs plans nationaux d’adaptation ;
 Mettre en œuvre les 24 programmes sectoriels de l’économie bleue ;
 Mettre en place la transition économique et climatique par le renforcement des capacités techniques et financières par la mobilisation des fonds privés et publics au niveau des projets ;
Inscrire son action dans une logique d’intégration régionale en soutenant les projets portant la coopération régionale ;
 Contribuer aux objectifs de Développement Durables (ODD).

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24 programmes
sectoriels

Les 24 programmes sectoriels sont subdivisés en projets sectoriels dans divers domaines : la gestion de l’eau, la pêche durable , économie côtière, l’énergie (hydroélectricité, énergies renouvelables) ; le transport (fluvial durable) ; les infrastructures d’eau potable ; le traitement des eaux et déchets ; le tourisme ; l’intégration des femmes, des jeunes et des populations autochtones ; le soutien à la société civile ainsi que la communication et la sensibilisation ; de l’économie bleue traitant en particulier des problématiques d’atténuation et d’adaptation face au changement climatique.

Il est bon de retenir que l’organisation de la première table ronde des bailleurs pour le financement du programme d’investissement des États de la CCBC, a permis aux bailleurs de faire des annonces de leurs intentions de soutenir la mise en œuvre des 63 projets prioritaires à concurrence d’un montant total de 3,65 milliards USD mobilisés pour l’action concrète dont 850 millions USD sous forme de lignes de garantie financière.

APP - Où en êtes-vous de ces projets ? De quelle nature sont-ils ?

Laurent Blaise TAGO - Après la table ronde de Brazzaville, la BDEAC a entrepris la démarche de confirmation des intentions de chaque partenaire afin de rendre opérationnels les 63 projets du F2BC dans l’intérêt des États de la Commission Climat du Bassin du Congo. Les discussions en cours avec les partenaires sont très avancées et les premières mises en œuvre de ces projets pourraient intervenir au premier trimestre 2027.

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VOIR et REVOIR LE REPLAY INTÉGRAL DE NOTRE XXIIe CONFÉRENCE
DES AMBASSADEURS DE PARIS (CAP 22) :

https://youtu.be/C7cr9uTRl-A?si=CVsamwfk8kUJ1V3X

Interventions de SEM Baye Moctar DIOP,
AMBASSADER DU SÉNÉGAL À PARIS :
À partir de 04’50’’ et de 01h 52’37’’

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