Lacina KONE, DG Smart Africa : « Le TAS de Conakry restera un Sommet historique pour toute l’Afrique »
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Propos recueillis par notre envoyé spécial à Conakry,
Bruno FANUCCHI pour AfricaPresse.Paris (APP)
@africa_presse
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APP - Pourquoi avoir choisi le Guinée pour tenir cette première édition du TAS (Transform Africa Summit) en Afrique de l’Ouest francophone ?
Lacina KONE – la réponse est évidente : c’est pour le leadership que la Guinée a toujours démontré au niveau de Smart Africa. Ce pays était d’abord le leader dans le projet phare de l’interconnectivité régionale et africaine. Avec une telle volonté affichée par la Guinée, il était temps que nous ramenions pour la première fois dans l’histoire de Smart Africa ce Sommet en Afrique de l’Ouest et plus précisément dans un pays francophone.
La Guinée a clairement exprimé son intention d’organiser ce Sommet et nous lui avons fait confiance. Grâce aussi au leadership personnel de Rose Pola Pricemou, ministre guinéenne des Postes, Télécommunications et Économie numérique, qui s’est beaucoup investie avec ses équipes dans sa préparation et son organisation pour en faire une incontestable réussite. J’ai d’ailleurs une relation de confiance et de collaboration très étroite avec elle.
APP - Peut-on faire, dès à présent, un premier bilan de ce Sommet ?
Lacina KONE – La République de Guinée a démontré ici une détermination et une passion exceptionnelles en accueillant ce Sommet, réaffirmant ainsi son leadership et son engagement dans l’agenda de la transformation numérique du Continent. Et je salue sa vision pour avoir rendu possible ce Sommet historique, jusqu’ici jamais organisé en Afrique de l’Ouest.
Ce fut un succès total, en termes tout d’abord de mobilisation humaine avec de très nombreuses inscriptions et une participation record aux différents panels et sessions organisés.
Avec près de 7 000 participants, dont les CEO ou représentants de 590 sociétés ou startups de la Tech, issus de 79 nationalités, nous avons donc dépassé ici tous les résultats escomptés et anticipés en termes de participants, par rapport à toutes les éditions organisées du TAS depuis sa création en octobre 2013 à Kigali, au Rwanda. Ce sera donc un Sommet historique à plus d’un titre : historique en Afrique de l’Ouest, historique en Afrique francophone, historique en matière de mobilisation.
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« On ne cherche pas, ici, l’IA la plus
puissante, mais la plus utile au Continent »
APP - Ce Sommet était consacré à l’Intelligence artificielle, mais avez-vous trouvé des « solutions adaptées à nos besoins » pour maîtriser l’IA, comme vous l’a demandé le Président guinéen Mammadi Doumbouya lors de la cérémonie d’ouverture ?
Lacina KONE – Maîtriser c’est trop dire car personne ne peut vraiment maîtriser l’Intelligence artificielle. Mais, avec la réglementation appropriée dans le contexte africain, avec nos valeurs et avec nos futurs, je pense que l’on pourra faire de notre mieux pour que l’IA soit un égaliseur pour le développement socio-économique. Car en Afrique, on ne recherche pas l’IA la plus puissante, mais la plus utile.
Ce TAS 2025 intervient à un moment déterminant pour notre Continent. L’Intelligence artificielle redéfinit en effet la manière dont les nations se développent, dont nos économies et nos sociétés évoluent, mais – pour l’Afrique – l’IA représente bien plus qu’une technologie. C’est une opportunité de repenser le développement à partir de nos réalités, de nos talents et de notre ingéniosité.
APP - Que de chemin parcouru depuis le sommet de Kigali en 2013, et celui de Victoria Falls, en 2023...
Lacina KONE – En effet ! Car une vision sans mise en œuvre n’est qu’une intention. Nous sommes ainsi passés de 37 à 42 États membres, représentant 1,2 milliard de population. En trois ans, Smart Africa s’est transformée d’une plateforme de concertation en institution opérationnelle. Notre vision reste guidée par cet objectif : faire de la transformation numérique l’histoire la plus inclusive et la plus impactante de notre génération.
Lors du Sommet Transform Africa de Victoria Falls (Zimbabwe) en 2023, Son Excellence le président rwandais Paul Kagamé nous avait appelé à agir puis à embrasser l’Intelligence artificielle avec audace. Cet appel fut un électrochoc, une invitation à passer à l’action. Deux ans plus tard, ici à Conakry, nous pouvons dire avec confiance que l’Afrique a entendu cet appel. Nous sommes ainsi passés de la conversation à la coordination, et de l’ambition à l’action.
L’histoire de l’IA en Afrique n’est pas une histoire de machines remplaçant les hommes. C’est l’histoire d’une Afrique qui met la technologie au service de ses besoins et de ses aspirations. Le thème de ce Sommet – « L’IA pour l’Afrique : innover localement, impacter globalement » – a une résonance particulière. Il nous rappelle que notre plus grande contribution au monde ne viendra pas de l’imitation, mais de l’innovation ancrée dans nos réalités africaines.
À Smart Africa, notre mission est claire : accélérer la transformation numérique du Continent au travers de l’harmonisation des politiques, l’innovation et l’investissement, mais – à l’heure de l’IA – cette mission prend une nouvelle urgence car cette technologie n’attend personne
APP - Peut-on dire que la Guinée et le Rwanda (d’où est partie cette belle aventure en 2013) sont aujourd’hui les deux principaux leaders africains des nouvelles technologies ?
Lacina KONE – En Afrique, on a déjà beaucoup de leaders en connectivité, en souveraineté, en transformation numérique des gouvernements. On a beaucoup de champions en Afrique et plus d’une demie douzaine de champions pays dans la région.
Mais il faut reconnaître que la Guinée a décidé de prendre toute sa part, d’affirmer sa position et de montrer l’exemple dans le concert des nations en Afrique de l’Ouest en matière de digital.
Je voudrais profiter de cette occasion pour remercier tous les participants qui ont pris le temps de venir à Conakry et de participer à cette VIIe édition qui restera dans les annales comme – je le répète – un Sommet historique pour l’Afrique.
Et j’encourage aussi les autres pays de l’Afrique de l’Ouest – surtout francophone – à prendre en quelque sorte le train en marche et à nous suivre. Cela me semble d’autant plus important que nous savons tous aujourd’hui que la géopolitique va dépendre de plus en plus des nouvelles technologies.
EN SAVOIR PLUS :
www.smartafrica.org
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