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La ministre Traoré Seynabou Diop, au #ForumdeBamako : « Nous avons pour ambition de faire de l’enclavement du Mali un atout »

24 février 2020
Mme Traoré Seynabou Diop, Ministre des Infrastructures et de l’Equipement du Mali depuis 2016, lors de sa participation au XX° Forum de Bamako. © Benjamin Reverdit
Ministre des Infrastructures et de l’Equipement du Mali, Mme Traoré Seynabou Diop est la première femme, depuis l’indépendance du pays, à occuper ce poste stratégique pour le développement. Ingénieure de formation, elle participait samedi au XX° Forum de Bamako, à la la table ronde « Quelles infrastructures pour accélérer la croissance en Afrique ? » Entretien exclusif.

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Propos recueillis à Bamako par Bruno FANUCCHI, AfricaPresse.Paris
@PresseAfrica

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Vous êtes, paraît-il, une habituée du Forum de Bamako ?

Mme Traoré Seynabou Diop – Je suis, en effet, une grande habituée de ce beau Forum fondé et organisé depuis vingt ans par le Président Abdoullah Coulibaly. En qualité de membre du gouvernement, j’y participe régulièrement, du moins à la cérémonie d’ouverture. Car nous avons tellement à faire que, malheureusement, nous ne pouvons pas toujours assister à l’ensemble des travaux pourtant fort intéressants.

Mais, pour cette XX° édition, qui a d’ailleurs été précédée d’un pré-Forum consacré à la thématique « Genre et Développement », j’étais cette année panéliste sur un sujet que je connais bien, consacré aux « priorités en matière de réalisation d’insfrastructures en Afrique ». Comme je suis ingénieure de formation, c’est le cœur de mon métier et aujourd’hui de mes responsabilités au sein du gouvernement.

Le Ministère dont j’ai la charge a en effet pour mission la mise en oeuvre de la Politique nationale des Transports, des Infrasctructures de transport et du Désenclavement qui vise à assurer le désenclavement intérieur et extérieur du Mali.

Qu’est-il ressorti de cette table ronde consacrée aux infrastructures et à la croissance économique ?

Mme Traoré Seynabou Diop – Ce fut un thème très intéressant car il s’agissait de voir comment réaliser en Afrique – à l’horizon 2040 – des infrastructures qui pourraient stimuler l’économie et la croissance du Continent, de manière que les générations futures puissent en profiter. Pour que le Mali revienne dans le concert des nations, car les chiffres ont démontré que nous étions au bas de l’échelle, et que nous soyons au rendez-vous de la quatrième révolution industrielle.

Quelles sont vos priorités à la tête de ce ministère stratégique pour le développement du Mali ?

Mme Traoré Seynabou Diop – Si 2040 peut vous paraître encore bien loin, c’est en réalité très près car 2040 se prépare déjà aujourd’hui. À ce ministère, notre politique est de mailler le mieux possible notre pays en infrastructures de qualité de façon à permettre à tous les Maliens de se côtoyer plus facilement. De réaliser leurs différentes productions, de les transporter et de les exporter plus facilement.

Aujourd’hui, nous avons ainsi de nombreux projets, comme développer des routes en bitume, améliorer aussi l’accessibilité rurale qui permettra demain aux producteurs de sortir leurs récoltes des champs, de les amener sur les marchés et de créer ainsi une richesse dont bénéficiera l’économie du pays.
Ces routes en bitume et même ces pistes en terre permettent, en effet, de créer des emplois. C’est cela notre objectif : créer de l’emploi et de la richesse, améliorer les conditions de vie de la population par l’accès aux services sociaux de base comme les écoles ou les centres de santé.

Donner aussi la possibilité aux riverains de ces routes en construction ou en réhabilitation d’avoir des aménagements connexes, comme de petits périmètres maraîchers ou quelques forages et abris dans les marchés...

« Si je suis fière de quelque chose,
c’est de servir mon pays ! »

Le Mali est un grand pays agricole, avec bien des ressources, mais c’est un pays enclavé, sans accès à la mer…

Mme Traoré Seynabou Diop – Oui, mais notre ambition de faire de notre enclavement un atout ! Cela veut dire qu’ en développant notre réseau routier nous allons développer nos richesses agricoles et avoir assez de routes correctes pour que les commerçants qui veulent exporter nos matières premières, nos récoltes et productions puissent venir les chercher jusque dans nos contrées réputées les plus reculées.

Si nous réussissons à mettre en place un bon maillage de réseaux, tous ces opérateurs économiques viendront les chercher à la source. Cela augmentera les revenus des producteurs, car actuellement les opérateurs économiques imposent leurs prix aux agriculteurs. En inversant la donne, nous allons créer de la richesse, améliorer les conditions de vie des populations locales… Cela permettra à un pays enclavé comme le Mali de se retrouver à l’aise, d’être un pays pourvoyeur – et non plus demandeur – de matières premières.

Justement, les cours des matières premières ayant beaucoup baissé, quelles sont aujourd’hui les principales ressources du Mali ?

Mme Traoré Seynabou Diop – Nous avons par exemple une forte production du coton qui nous met en première place en 2019 dans la sous-région, devant le Burkina Faso. Nous sommes aussi bien placés pour l’arachide et les productions minières, avec l’or notamment.
Nous profitons de toutes ces richesses pour en tirer les dividendes et pouvoir faire par exemple des routes, des écoles, des centres de santé. Il nous faut ainsi accroître le bien-être des populations et accélérer le développement.

Êtes-vous fière d’être une femme ministre ?

Mme Traoré Seynabou Diop – Je suis femme et je suis ministre, tout simplement ! Mais si je suis fière de quelque chose en tant qu’enfant du Mali, c’est de servir mon pays !

Et je suis heureuse de participer au Forum de Bamako car c’est un Forum sans égal qui réunit des amis du Mali, des amis de l’Afrique, pour venir plancher et réfléchir, à leur niveau et en toute humilité, à comment trouver des solutions aux problèmes auxquels sont confrontés de manière générale presque tous les pays d’Afrique.

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SUR LEME SUJET

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- En savoir plus : www.forumbamako.com

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