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Sonia Terrab –

La jeunesse dorée marocaine au cœur de « Shamablanca », son premier roman à succès

Maroc | 14 novembre 2011 | src.LeJMED.fr
Casablanca -

« Shamablanca », premier roman de Sonia Terrab (1), a rencontré un grand succès au Maroc, où les librairies se sont trouvées en rupture de stock…
Loin des clichés exotiques de médinas impériales, souks et chameaux, « Shamablanca »,évoque le quotidien d’une réalité méconnue du royaume chérifien : le Marock. À Casablanca du jour, Casanegra de la nuit, sexualité, drogue, religion… toutes les hypocrisies et les carcans d’une société engoncée dans ses contradictions sont disséqués sous la plume de Sonia Terrab. Entrevue.

Photo ci-dessus : Sonia Terrab © Hicham Alaoui


Une entrevue exclusive, par
Marianne Roux - Bouzidi
à Casablanca


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Sonia Terrab, auteure de « Shamablanca », son premier roman. © Hicham Alaoui

Marianne Roux - Bouzidi - Pouvez-vous nous dire comment est né Shamablanca ? Ce thème de la jeunesse dorée marocaine s’est-il imposé de lui-même ?

Sonia Terrab - Le roman est né il y a à peu près deux ans et demi. À cette époque, j’étais journaliste à Casablanca et j’ai ressenti le besoin d’écrire sur ce que je voyais, ce qui m’entourait. Avec la bourgeoisie marocaine j’ai su que je tenais un sujet intéressant à creuser car c’est quelque chose dont on ne parle quasiment jamais lorsqu’on aborde le Maroc. Je voulais réaliser un roman urbain et montrer le quotidien de ces cols blancs marocains. En leur donnant la parole, il s’agissait pour moi de dénoncer le vide. Le vide des apparences qui régit cette société et qui en fait une vitrine.


Marianne Roux - Bouzidi - Dans votre roman la ville de Casablanca est omniprésente, à la fois tentaculaire et chaotique. Comment décririez vous votre rapport à la ville blanche ?

Sonia Terrab - Pour moi Casablanca est un personnage à part entière dans le roman. Il y a un éternel combat entre Shama et Casa, elles ne se comprennent pas car elles ne parlent pas le même langage. Moi aussi, qui ne suis pas originaire de cette ville, j’ai subi son choc lorsque je m’y suis installée et cela m’insupporte toujours de ne pas pouvoir marcher en paix dans la rue, de me sentir enfermée car l’espace public ne m’appartient pas… Avec Casa on est dans un rapport d’amour-haine constant. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai dû partir à Paris pour finir Shamablanca, ne pouvant pas travailler sur place.


Marianne Roux - Bouzidi - Shama, qui n’arrive plus à se réadapter à la société marocaine après plusieurs années à l’étranger, est en colère contre les hommes mais aussi contre les femmes qu’elle accuse d’être « consentantes et déchaînées (…) voulant la suprématie du patriarcat contre elles-mêmes ». Les femmes seraient-elles aussi leurs propres bourreaux ?

Sonia Terrab - En effet, pour moi, quelque part, on n’a que ce que l’on mérite. Et les femmes sont tout autant responsables de leur situation. Dans ces cercles bourgeois on aurait tendance à croire qu’avec l’ouverture sur le monde et le cosmopolitisme, les mentalités sont modernes. Or, ce n’est pas le cas et l’on y reproduit invariablement le même schéma. J’irais même plus loin en disant que certaines jeunes femmes font preuve de plus de traditionalisme que leurs mères. Elles reviennent à un esprit archaïque, ne se construisent qu’autour de l’homme et espèrent obtenir une légitimité par leur mariage.


Marianne Roux - Bouzidi - Shamablanca est actuellement en rupture de stock dans les librairies de Casablanca et vous êtes en lice pour le prix littéraire de la Mamounia... Vous attendiez-vous à autant de succès ?

Sonia Terrab - Non pas du tout. Avant de publier Shamablanca j’ai essayé d’imaginer l’accueil du roman mais j’ai fini par y renoncer et tout est allé ensuite très vite. Cela dit, j’en suis heureuse car je voulais vraiment que mon roman soit accessible et parle à tous, dans un langage simple, direct et visuel. Aujourd’hui, je pense sérieusement à le faire traduire en darija (arabe marocain) pour toucher encore plus de Marocains.


Entrevue exclusive, par
Marianne Roux - Bouzidi
à Casablanca


Sur le même sujet
L’article de Marianne Roux-Bourzidi sur le roman :
« Shamablanca » : avoir 20 ans au Marock, ou le roman du drame d’être femme à Casanegra


1 - Sonia Terrab, diplômée en sciences politiques et journaliste à l’hebdomadaire Telquel, signe ici son premier roman. Actuellement étudiante en mastère de communication, elle vit à Paris.

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- « Shamablanca », Éditions Atlantica Seguier,
14 x 21 cm, 128 pages,
- 15 euros - 100 dirhams
ISBN : 978-2-8404-9621-2

- Acheter le livre sur le site des Éditions Atlantica Séguier

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