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La Tunisie programme d’investir 5,5 Mds de dollars dans le projet de TGV « Trans-Maghreb »

Tunisie | 24 août 2010 | src.Info Tunisie
Tunis - La Tunisie a l’intention d’investir 5,5 milliards de dollars au cours des dix prochaines années dans le développement du « Trans-Maghreb », liaison ferroviaire à grande vitesse avec la Libye, le Maroc et l’Algérie. Le projet verra la Tunisie construire 780 kilomètres de voie ferrée TGV, ainsi que les infrastructures de soutien connexes.

Le projet du « Trans-Maghreb » ferroviaire à grande vitesse, reliant Casablanca à Tripoli, via Alger et la Tunisie et qui facilitera le trafic passagers et fret, était à l’ordre du jour d’une récente réunion organisée par le ministère tunisien du Transport avec les représentants des de chemins de fer d’Algérie, Libye, Maroc et Mauritanie.

Le projet – dont la date le démarrage des travaux de construction reste à préciser – verrait la Tunisie construire 780 kilomètres de voie ferrée TGV, ainsi que les infrastructures de soutien connexes.

Commentant le projet, le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, Chokri Mamoghli, a déclaré que le Maghreb a un rôle de premier plan à jouer dans le secteur des transports, servant de pont entre l’Afrique et l’Europe et la Méditerranée, à l’Est et le Océan Atlantique à l’Ouest.

Cet engagement tunisien marque un renversement de tendance, car jusqu’ici l’investissement dans les infrastructures de transport en Tunisie avait tendance à favoriser le réseau routier, et cela alors même que que le commerce extérieur du pays est fortement concentré sur ses ports maritimes, par lesquels s’effectuent environ 95 % de toutes les importations et les exportations.

D’autre part, bien que le réseau ferroviaire tunisien couvre plus de 2 100 km, son efficacité opérationnelle est entravée par des différences d’écartement des voies et une électrification limitée. Aussi, le fret ferroviaire apparait-il comme le parent pauvre de la chaîne logistique de la Tunisie, avec des opérateurs qui ne transportent que 10 % tout au plus de leurs marchandises par train.

Le projet du « Trans-Maghreb » contribuerait ainsi à un rééquilibrage du transport de marchandises par la voie ferroviaire, ainsi que d’autres projets en cours…

Réseau ferroviaire rapide, port d’Enfidha, logistique :
la Tunisie investit massivement

Autre projet, celui du réseau ferroviaire rapide (RFR), dont la réalisation débutera au cours du deuxième semestre 2010. Ce projet dont le coût est estimé à un milliard de Dinars, comporte deux lignes : la première relie Tunis et la Manouba et la seconde Tunis et Ezzouhour.

Chaque train, dans ce réseau, dispose d’une capacité de 2 000 voyageurs, soit l’équivalent de près de 1 200 voitures. La vitesse commerciale est estimée à 40 kilomètres/heure avec une vitesse maximale de 120 Kilomètres/ heure. Ce projet ferroviaire (la première partie), va bénéficier à environ 600 mille habitants des régions de Mellassine, Bardo, Manouba, Douar Hicher, El Hrairia et Sidi Hassine.

Ce projet s’inscirt dans le cadre du Plan quinquennal tunisien de développement pour la période 2010-2014, qui prévoit, et pour la première fois, 9 400 millions de dinars d’investissement dans le secteur du transport contre 6 528 millions de dinars prévus dans le cadre du XIe plan de développement.

Ciel ouvert

Dans le domaine du transport aérien, la Tunisie a adopté une politique pragmatique favorisant une libéralisation progressive de l’ouverture du ciel pour les compagnies étrangères. Un accord a été signé entre la Tunisie et l’Italie pour libéraliser le trafic aérien entre les aéroports des deux pays. Sur le plan maghrébin, un accord a été signé et est entré en vigueur avec des pays voisins comme le Maroc et la Libye. L’espace aérien a été ouvert également aux compagnies émiraties, qataries et koweïtiennes.

Port en eaux profondes d’Enfidha

Dans le domaine du transport maritime, lui aussi ouvert au secteur privé, la Compagnie tunisienne de navigation (CTN) a mis en place un programme spécial pour développer ses services. Le secteur a fait l’objet d’un programme de mise à niveau pour améliorer ses performances. Le port en eaux profondes d’Enfidha va permettre à la Tunisie d’améliorer ses avantages comparatifs. La réalisation de ce port et l’aménagement programmé des trois zones logistiques à Radès, Djbel El Ouest et Enfidha ne font que confirmer cette démarche.

Logistique multimodale

Les efforts seront également axés sur la baisse du coût des services logistiques, l’amélioration de la qualité des services, la réduction des délais de livraison des marchandises et la facilitation des procédures douanières.

Le transport multimodal est favorisé vu ses multiples vertus sur l’économie, à commencer par la réduction du coût, l’économie d’énergie et la préservation de l’environnement. Le transport ferroviaire a joué également un rôle de taille dans le transport des marchandises des lieux de production vers les centres de consommation ou les ports pour l’exportation.

Il convient de signaler que le coût des services logistiques en Tunisie représente 20 % du PIB, soit 9 milliards de dinars, contre 15 % en Turquie et 10 % en Europe. L’objectif visé est donc de réduire ce taux à 15 %. La prochaine période sera, également, marquée par la mise en œuvre d’un plan visant l’aménagement des zones logistiques dans les grandes agglomérations urbaines (Tunis, Sousse, Sfax, Jendouba, Gafsa et Zarzis) et aux alentours des ports de Radès et d’Enfidha.


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