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La Fabrique de la Diplomatie et l’avenir des relations Afrique-France / Nathalie Delapalme  : «  Passer de la notion de valeurs communes à celle d’intérêt mutuel  »

7 septembre 2025
 La Fabrique de la Diplomatie et l'avenir des relations Afrique-France / Nathalie Delapalme : « Passer de la notion de valeurs communes à celle d'intérêt mutuel »
Mme Nathalie DELAPALME, Directrice exécutive et membre du Board de la Fondation Mo Ibrahim à Londres, co-Secrétaire générale de la Fondation Afrique Europe. © Captation APP - – CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR.
La table ronde intitulée « Françafrique, Afrique-France et après : comment repenser des partenariats stratégiques équilibrés ? », organisée à la Sorbonne Nouvelle-Campus Nation, a proposé un moment fort de débats sur la crise de la relation entre la France et le continent africain, mais a aussi mis en lumière les potentiels de renouvellement des liens.

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par Alfred MIGNOT avec Desk APP
@africa_presse

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Cette table ronde était au programme de vendredi 6 septembre de l’extraordinaire événement « La Fabrique de la Diplomatie », organisé sur deux jours par l’Académie diplomatique et consulaire et a rassemblé des milliers de participants.

Modérée par Niagalé Bagayoko, Présidente de l’African Security Sector Network (ASSN) et enseignante à Sciences Po Paris, elle a réuni d’éminents panélistes : Thani Mohamed Soilihi, Ministre délégué chargé de la Francophonie et des Partenariats internationaux ; Christine Fages, Ambassadeure de la France au Sénégal ; Nathalie Delapalme, Directrice exécutive et membre du Board de la Fondation Mo Ibrahim à Londres, co-Secrétaire générale de la Fondation Afrique Europe.

En introduction, Niagalé Bagayoko a appelé à «  un échange entre des regards différents sur une relation qui, je pense, nous préoccupe tous  », relevant que les critiques faites à la politique africaine de Paris étaient «  plutôt constructives  » même si jugées parfois «  acerbes  ». Elle a souhaité dépasser le constat pour «  dessiner des solutions  » et donner la parole aux trois panélistes.

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Le ministre Thani Mohamed Soilihi :
«   Une histoire, des projets, de la sincérité… »

Thani Mohamed SOILIHI, Ministre délégué chargé de la Francophonie et des Partenariats internationaux. © Captation APP - CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR.

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Thani Mohamed Soilihi, Ministre délégué chargé de la Francophonie et des Partenariats internationaux, a témoigné de son attachement personnel et institutionnel à la relation Afrique-France  : «  C’est un sujet qui me parle, c’est plus que ça, qui m’importe énormément et vous le comprendrez que j’en parlerai avec mon cœur, avec mes tripes.  » Il a insisté sur la dynamique voulue par la France  : «   Le rayonnement de la France en Afrique ne passe plus par une approche exclusivement sécuritaire, mais par la solidité de nos partenariats, par nos échanges économiques, par la diplomatie culturelle...  ».

Mettre la jeunesse et les sociétés civiles africaines au centre, c’est l’enjeu clé, selon le ministre  : «  Sur le continent, vous le savez, 70  % de la population a moins de 35 ans. Ce renouvellement générationnel transforme le rapport que l’Afrique entretient avec la France  ».

Il a salué de nouveaux dispositifs de co-développement, donnant l’exemple du programme «  Pass Africa   », ou encore des efforts pour associer les diasporas et encourager la mobilité, l’entrepreneuriat et la mémoire partagée. «  Ce sont ces relations d’égal à égal, de gagnant-gagnant, où chacun trouve son compte, que nous promouvons.   »
Le ministre a défendu la place du continent africain dans la gouvernance mondiale et l’exigence de regarder l’histoire en face, y compris «   l’histoire commune, douloureuse  », pour travailler la mémoire et ouvrir les archives.

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L’Ambassadeure Christine Fages :
« Stabilité, intérêts propres et juste
distance  : la diplomatie du XXIᵉ siècle »

SEMme Christine Fages, Ambassadeure de la France au Sénégal. © Captation APP – CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR.

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SEMme Christine Fages, Ambassadrice de la France au Sénégal, a appelé à sortir des schémas anciens et à intégrer la réalité d’États « qui sont dans le monde, avec des ambitions à porter au niveau international. » Selon elle, «  les pays africains sont passés dans une nouvelle phase (…) Les intérêts de ces pays sont maintenant complètement déterminés par des raisons endogènes, et c’est normal.  »

Elle pointe la nécessité d’une affirmation claire des intérêts des deux parties  : «   On ne peut pas avancer masqué sur ses intérêts stratégiques si l’autre en face a des attentes claires. Les attentes des deux parties doivent être claires et les intérêts stratégiques communs doivent être poursuivis.   » Là encore, la jeunesse, la société civile, la diaspora, sont vues comme des leviers d’influence essentiels, soulignant l’apport des diasporas qui «  est sans commune mesure avec le montant de l’aide publique au développement.  »

Pour la diplomate, «   la réponse, c’est dans une juste distance partagée, où chacun (…) est à l’aise pour en discuter sans exclure l’autre.  » Elle estime que «  la stabilité n’est pas la stagnation : la stabilité, c’est que les règles (…) soient justes, pour tout le monde.  »

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Nathalie Delapalme  : «   Le continent africain
a changé beaucoup plus vite que nous  »

Mme Nathalie DELAPALME, Directrice exécutive et membre du Board de la Fondation Mo Ibrahim à Londres, co-Secrétaire générale de la Fondation Afrique Europe. © Captation APP - CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR.

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Nathalie Delapalme (Mo Ibrahim Foundation/Fondation Afrique Europe) a, elle, proposé un regard lucide et sans concession sur la crise des réseaux et repères de la relation  : «   La notion de France-Afrique (…) reste une connotation très négative. (…) En réalité, le continent africain a changé beaucoup plus vite que nous. Les principaux fondements de cette relation ont quasiment disparu ou fait l’objet d’une contestation, parfois assez violente.   »

Si elle considère que la césure persistante entre Afrique du Nord et Afrique subsaharienne, y compris dans les mentalités, n’est «  pas ressentie par nos concurrents  », elle rappelle aussi que «  le bilan de toutes ces années est positif. (…) Le bilan défensif n’est pas suffisant.  » Elle appelle à repenser le partenariat comme un échange d’expertise  : «  Changer de métrique, c’est ne pas résumer un partenariat à des montants financiers, mais à de la coopération, à des coalitions différenciées selon les sujets sur la table.  »

Sur les valeurs, Nathalie Delapalme insiste   : «  Les intérêts, il faut les exprimer, et dans le fond, crla amène à une meilleure confiance. (…) Il faut passer de la notion de valeur commune à la notion d’intérêt mutuel (…) La conversation sur le climat, par exemple, ne peut pas être la même au Nord et au Sud.  »

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Sociétés civiles et migrations   :
nouveaux défis, nouveaux récits

Une vue du public. © Captation APP - – CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR.

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Le débat s’est ensuite ouvert sur la diversité et la dynamique des sociétés civiles africaines, sur les diasporas, le dialogue avec des segments de jeunesse «  de plus en plus néo-panafricaniste, patriote  », parfois éloignés du dialogue libéral classique. Thani Mohamed Soilihi l’assume : «   Au sein du ministère, un travail énorme est fait à l’endroit des diasporas (…) nous les consultons (…) Souvent, la diaspora reste notre seul interlocuteur lorsque la relation institutionnelle est mauvaise.   »

SEMme Christine Fages insiste sur la nécessité de « parler aux gens qui ne sont pas d’accord avec nous… pour avancer, il faut discuter. Les gens veulent qu’on les écoute.  »

La question migratoire a clos la table ronde. «  La France a une position particulière et constructive sur ce sujet-là, qu’il faut continuer à défendre parce qu’elle est de plus en plus difficile à défendre.   » rappelle Nathalie Delapalme, qui ajoute   : «  L’immigration a toujours existé, cela a même forgé les nations… Séparons complètement l’immigration irrégulière des migrations régulières, et traitons ces dernières sous l’angle de la mobilité.   »

Pour qu’enfin, selon l’expression de Nathalie Delapalme, «   tout change pour que tout continue   », cette conférence aura permis de mettre en exergue l’exigence de nouveaux équilibres  : équilibre d’écoute des intérêts réciproques, équilibre générationnel, parité des partenaires, résurgence de la mémoire commune.

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INSCRIPTIONS OUVERTES À LA XIXe CONFÉRENCE DES AMBASSADEURS DE PARIS, le 14 octobre : « Focus sur des innovations frugales et performantes, bénéfiques à l’Afrique et… au reste du monde ! »

Saviez-vous qu’une machine ingénieuse produit de l’eau potable en plein désert, en captant l’humidité de l’air, la nuit ? Que des fertilisants hydro-rétenteurs économisent 80 % la consommation d’eau des cultures ? Que les routes Magic Road durent quinze ans, au lieu de cinq ?… Ces innovations frugales sont l’objet de notre CAP 19.

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à la XIXe Conférence des Ambassadeurs de Paris (CAP 19),
dédiée au thème :

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« FOCUS SUR DES INNOVATIONS FRUGALES ET PERFORMANTES, BÉNÉFIQUES À L’AFRIQUE ET… AU RESTE DU MONDE ! »
MARDI 14 OCTOBRE 2025,

de 18 h 15 (accueil dès 17 h 45) à 20 h 15,
puis cocktail VIP de réseautage à :

École supérieure de Commerce de Paris
ESCP Campus Champerret - Amphithéâtre Jacques Cœur
8, avenue de la Porte de Champerret - 75017 Paris
Métro : Louise Michel (Ligne 3)

MOT D’ACCUEIL :
> M. le Pr Léon LAULUSA, Directeur général de l’ESCP.
> Mme le Pr Nathalie PRIME, Directrice scientifique de la chaire Afrique de l’ESCP.

UN PANEL PRESTIGIEUX

> SEM Émile NGOY KASONGO, Ambassadeur de la RD CONGO
> SEMme Mahlet Hailu GUADEY, Ambassadeure de l’ÉTHIOPIE
> SEM Avni NASUFOSKI, Ambassadeur auprès des Nations Unies pour l’Agence Intergouvernementale Panafricaine EAA, et PDG de Planète Constructions (Suisse)

> Mme Ibtissam DAIF, PDG de Universal Distrib (GSOE de 35 entreprises, Paris)

> Dr Salah BARBARY, inventeur des fertilisants hydro-rétenteurs, Président de Agro France International Holding, leader mondial du produit.

> Pr Ahmed MOULOUE, DG de Universal Distrib Maroc, Expert financier assermenté auprès des Tribunaux, Professeur des Universités et de l’ Ecole Nationale de Commerce et de gestion.

> Un haut représentant de Attijariwafa Bank (Maroc).

> Mme Mairamou HAMAN ADJI, Directrice Impact et Développement Durable, Groupe AXIAN (Madagascar).

> M. Amaury DE FÉLIGONDE, Directeur associé de OKAN Consulting (Paris).

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La Conférence se tient de 18 h 15 à 20 h 15.
Elle est suivie d’un cocktail VIP de réseautage.

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> DECOUVREZ ICI L’AGENDA PRÉVISIONNEL DE NOS CONFÉRENCES DES AMBASSADEURS DE PARIS (CAP) POUR LA SAISON 2025-2026

> RETROUVEZ ICI TOUS LES REPLAYS ET ARTICLES DE NOS CAP

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