La Fabrique de la Diplomatie / Rémy RIOUX, DG AFD : « Le Sud global est un concept réel, il structure notre imaginaire collectif et nous force à agir »
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par Alfred MIGNOT avec Desk APP
@africa_presse
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Pour introduire la discussion, la modératrice Béatrice Hibou, Directrice de recherche au CNRS, a insisté sur l’ambiguïté du terme : « Le Sud global n’est pas un concept scientifique : il relève d’abord d’un marketing universitaire, d’un élément de langage, plus que d’une catégorie dotée de pertinence académique. Mais il mérite d’être interrogé pour ses usages réels et ses effets concrets. »
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Anne Grillo : « Pour la diplomatie,
le Sud global n’existe pas… »
Invitée à ouvrir le panel, Anne Grillo, Directrice générale de la mondialisation au MEAE, a montré la distance de la pratique diplomatique au regard de la notion : « Pour nous, diplomates, le Sud global n’existe pas : jamais en négociation internationale un pays n’a proposé que l’on se concerte au titre du Sud global. Ce qui existe, ce sont des groupes structurés, comme le G77, les BRICS ou les groupes régionaux à l’ONU. Mais il faut être attentif à qui utilise ce terme et pourquoi. »
Elle souligne aussi l’arrière-plan très hétérogène des pays concernés, citant le sommet indien du G20 où « 125 pays se réclamaient du Sud global, mais sans critère commun de modèle économique ou politique. »
Pourtant, nuance-t-elle, « on ne doit pas balayer le sujet d’un revers de main. Ce qui structure ce « front », c’est souvent un sentiment d’inégalité profonde, l’accusation de double standard faite à l’Occident, ou la perception d’agendas occidentaux imposés. Notre responsabilité, comme diplomates, est d’analyser ce qui se joue derrière ces mots et d’y répondre. »
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Karim El Aynaoui : « Ce n’est pas
un concept, c’est un état d’esprit »
Pour Karim El Aynaoui, président du Policy Center for the New South (Maroc), la focale doit basculer vers le terrain : « Ce débat académique est très intéressant, mais il faut surtout écouter et comprendre ce que les acteurs font, précisément, lorsqu’ils se saisissent de la formule « Sud global ». Cela dit quelque chose d’un état d’esprit contemporain, d’une posture face à la perception du déclin de l’Occident et de l’ascension de certains pays émergents. »
Évoquant le « zeitgeist [esprit du temps] un peu conquérant » du sud, il ajoute : « On n’a pas besoin d’être d’accord sur tout pour agir ensemble, mais il faut aussi refuser la caricature. L’aspiration à la liberté ou à la prospérité ne connaît pas de frontière culturelle ou politique. »
Et d’insister sur l’écoute, la nécessité de déconstruire les préjugés : « Aujourd’hui, il faut écouter, c’est pénible d’écouter mais indispensable. L’époque où, dans la pratique, on décidait pour le reste du monde dans les enceintes internationales, est révolue. »
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Thierry Déau : « Dans la finance, le « Sud global » se paie d’une prime de risque injuste »
Au nom du secteur financier et des investisseurs internationaux, Thierry Déau, fondateur et PDG du fonds d’investissement Meridiam, pose un diagnostic lucide : « Le « Sud global » n’existe ni comme catégorie homogène ni comme allié stratégique. Mais dans la finance mondiale, ce terme sert trop souvent à justifier des primes de risque généralisées, punitives et parfois injustes pour l’investissement. »
Il déplore le réflexe qui consiste à voir ces pays « comme un tout indistinct », alors que chaque contexte mérite d’être analysé dans sa spécificité : « Il faut zoomer et écouter de façon précise pour savoir comment investir de façon utile. »
Pour lui, la solution passe par la coopération concrète et le dépassement de ces stéréotypes : « Sinon, on perpétue l’exclusion et le sous-investissement là où il faudrait, au contraire, soutenir l’initiative et la co-construction. »
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Rémy Rioux : « L’heure
de la repolitisation »
Prenant le contre-pied, Rémy Rioux, Directeur Général de l’AFD, assume : « Pour la beauté du débat, je vais défendre l’idée que le Sud global EST un concept ! Non pas parce qu’il serait une réalité homogène, mais parce qu’il structure notre imaginaire collectif et nous force à agir. »
Selon lui, « Ce concept dote d’une continuité généalogique (pays en développement, tiers-monde…) mais ajoute une dimension inédite : la globalité. Le Sud global, c’est l’invitation à penser ensemble le climat, la santé, la gouvernance mondiale. »
Il insiste sur la « repolitisation du développement », sortant du seul économique pour revenir à la géopolitique : « La décarbonation, par exemple, devient un redoutable défi diplomatique. Le Sud global, c’est aussi un appel à refonder un commun, à traiter le politique avec l’économique, à négocier une nouvelle architecture des partenariats. »
Il conclut : « Le partenariat du futur passe par l’assomption claire des intérêts de chacun, dans la transparence, le donnant-donnant, loin de l’aide désincarnée du passé. »
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Vers la diplomatie des coalitions
et la fin de l’aide classique
Tous les intervenants convergent sur le fait que « l’aide au développement telle qu’on la connaît est morte » (Karim El Aynaoui). L’exigence contemporaine réside dans la repolitisation, la construction de coalitions thématiques et la reconnaissance des intérêts mutuels.
« Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour ! », résume ironiquement l’un des intervenants, insistant sur la nécessité d’« actions concrètes et assumées dans la coopération », qu’il s’agisse d’investissements, de mobilisations financières ou de diplomatie climatique.
La diplomatie française, conclut Anne Grillo, « s’est adaptée dans ses méthodes et ses réseaux : il s’agit aujourd’hui de travailler avec la société civile, les entreprises et les chercheurs, et non plus dans l’entre-soi institutionnel. Le monde n’attend pas, il faut tisser des ponts. »
La table ronde aura finalement mis en lumière la force productive de la notion de Sud global — concept controversé, posture d’émancipation, outil de négociation — et la nécessité d’un dialogue renouvelé pour affronter un monde marqué par la complexité et l’interdépendance.
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INSCRIPTIONS OUVERTES À LA XIXe CONFÉRENCE DES AMBASSADEURS DE PARIS, le 14 octobre : « Focus sur des innovations frugales et performantes, bénéfiques à l’Afrique et… au reste du monde ! »
Saviez-vous qu’une machine ingénieuse produit de l’eau potable en plein désert, en captant l’humidité de l’air, la nuit ? Que des fertilisants hydro-rétenteurs économisent 80 % la consommation d’eau des cultures ? Que les routes Magic Road durent quinze ans, au lieu de cinq ?… Ces innovations frugales sont l’objet de notre CAP 19.
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dédiée au thème :
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« FOCUS SUR DES INNOVATIONS FRUGALES ET PERFORMANTES, BÉNÉFIQUES À L’AFRIQUE ET… AU RESTE DU MONDE ! »
MARDI 14 OCTOBRE 2025,
de 18 h 15 (accueil dès 17 h 45) à 20 h 15,
puis cocktail VIP de réseautage à :
École supérieure de Commerce de Paris
ESCP Campus Champerret - Amphithéâtre Jacques Cœur
8, avenue de la Porte de Champerret - 75017 Paris
Métro : Louise Michel (Ligne 3)
MOT D’ACCUEIL :
> M. le Pr Léon LAULUSA, Directeur général de l’ESCP.
> Mme le Pr Nathalie PRIME, Directrice scientifique de la chaire Afrique de l’ESCP.
> SEM Émile NGOY KASONGO, Ambassadeur de la RD CONGO
> SEMme Mahlet Hailu GUADEY, Ambassadeure de l’ÉTHIOPIE
> SEM Avni NASUFOSKI, Ambassadeur auprès des Nations Unies pour l’Agence Intergouvernementale Panafricaine EAA, et PDG de Planète Constructions (Suisse)
> Mme Ibtissam DAIF, PDG de Universal Distrib (GSOE de 35 entreprises, Paris)
> Dr Salah BARBARY, inventeur des fertilisants hydro-rétenteurs, Président de Agro France International Holding, leader mondial du produit.
> Pr Ahmed MOULOUE, DG de Universal Distrib Maroc, Expert financier assermenté auprès des Tribunaux, Professeur des Universités et de l’ Ecole Nationale de Commerce et de gestion.
> Un haut représentant de Attijariwafa Bank (Maroc).
> Mme Mairamou HAMAN ADJI, Directrice Impact et Développement Durable, Groupe AXIAN (Madagascar).
> M. Amaury DE FÉLIGONDE, Directeur associé de OKAN Consulting (Paris).
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La Conférence se tient de 18 h 15 à 20 h 15.
Elle est suivie d’un cocktail VIP de réseautage.
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> RETROUVEZ ICI TOUS LES REPLAYS ET ARTICLES DE NOS CAP
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Saviez-vous qu’une machine ingénieuse produit de l’eau potable en plein désert, en captant l’humidité de l’air, la nuit ? Que des fertilisants hydro-rétenteurs économisent 80 % la consommation d’eau des cultures ? Que les routes Magic Road durent quinze ans, au lieu de cinq ?… Ces innovations frugales sont l’objet de notre CAP 19.
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MARDI 14 OCTOBRE 2025,
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8, avenue de la Porte de Champerret - 75017 Paris
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> M. le Pr Léon LAULUSA, Directeur général de l’ESCP.
> Mme le Pr Nathalie PRIME, Directrice scientifique de la chaire Afrique de l’ESCP.
> SEM Émile NGOY KASONGO, Ambassadeur de la RD CONGO
> SEMme Mahlet Hailu GUADEY, Ambassadeure de l’ÉTHIOPIE
> SEM Avni NASUFOSKI, Ambassadeur auprès des Nations Unies pour l’Agence Intergouvernementale Panafricaine EAA, et PDG de Planète Constructions (Suisse)
> Mme Ibtissam DAIF, PDG de Universal Distrib (GSOE de 35 entreprises, Paris)
> Dr Salah BARBARY, inventeur des fertilisants hydro-rétenteurs, Président de Agro France International Holding, leader mondial du produit.
> Pr Ahmed MOULOUE, DG de Universal Distrib Maroc, Expert financier assermenté auprès des Tribunaux, Professeur des Universités et de l’ Ecole Nationale de Commerce et de gestion.
> Un haut représentant de Attijariwafa Bank (Maroc).
> Mme Mairamou HAMAN ADJI, Directrice Impact et Développement Durable, Groupe AXIAN (Madagascar).
> M. Amaury DE FÉLIGONDE, Directeur associé de OKAN Consulting (Paris).
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La Conférence se tient de 18 h 15 à 20 h 15.
Elle est suivie d’un cocktail VIP de réseautage.
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