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À Marseille, en direct de la IVe Semaine économique de la Méditerranée

La Déclaration finale des VIe RDV Eco-Med appelle d’urgence à un Sommet méditerranéen de l’immigration

Tous pays EUROMED-AFRIQUE | 5 décembre 2010 | src.LeJMED.fr
Marseille -

Au terme d’une journée d’échanges très denses, où nombre de personnalités et participants de « haut niveau » ont débattu l’essentiel des questions stratégiques pour l’avenir économique de la Méditerranée, la Déclaration finale – et désormais traditionnelle – de ces VIes Rendez-vous économiques de la Méditerranée, samedi 4 décembre 2010 au Palais du Pharo de Marseille, s’est une fois de plus distinguée par son « franc parler », très loin de la langue de bois soporifique si abondamment d’usage en d’autres lieux…

Photo ci-dessus : Le Professeur Jean-Louis Reiffers, Président du Comité scientifique du Femise (Forum Euroméditerranéen des Instituts de Sciences Économiques) et de l’Institut de la Méditerranée © Alfred Mignot - décembre 2010


Ainsi, la Déclaration, que nous publions ci-dessous in extenso, place-t-elle au rang de ses toutes premières préoccupations la question si « sensible » des migrations en Méditerranée, appelant à « organiser d’urgence un Sommet méditerranéen de l’immigration ».

Autre sujet délicat, celui de la création d’une Banque dédiée au développement de la Méditerranée, proposition maintes fois avancée par maints experts depuis de nombreuses années, mais dont l’ébauche même tarde à se concrétiser, et que les auteurs de la Déclaration estiment d’une « impérieuse nécessité ».

Autre sujet (encore) tout aussi délicat, et qui relève du constat maintes fois dressé, celui de l’insuffisante coopération sud-sud, qui handicape à ce jour d’une manière insurmontable l’émergence d’un marché plus unifié sur la rive sud de la Méditerranée, un marché où pourraient enfin prospérer les indispensables « champions » régionaux, et avec eux une myriade d’entreprises qui bénéficieraient de l’effet d’entraînement. Et, sur ce point, la Déclaration « ose » proposer de « conditionner les aides de l’Europe à un minimum de coopération bilatérale entre les pays du Sud de la Méditerranée » !

Rompant aussi avec un académisme désuet mais hélas toujours très en vogue en d’autres lieux, la Déclaration affirme implicitement sa défiance vis-à-vis des organisation intergouvernementales, préconisant de favoriser désormais « la mise en réseau des acteurs économiques », certes plus proches des réalités du terrain.

Et, sans vouloir épuiser totalement la richesse du texte à découvrir ci-dessous, on relèvera encore cette ultime effronterie, même si présentée dans une forme interrogative, de la Déclaration, : « Ne faut-il pas créer deux zones méditerranéennes, en regroupant les pays les plus désireux de coopérer dans une « coopération renforcée ? »…

Soyez-en sûr, cette Déclaration marseillaise va faire des vagues ! Et sans doute assez hautes pour remonter jusqu’à Paris et Bruxelles. Voire jusqu’à Berlin !

Alfred Mignot


Le Document (Texte original intégral)

La Déclaration des VIes Rendez-vous de la Méditerranée

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Le Professeur Jean-Louis Reiffers, Président du Comité scientifique du Femise (Forum Euroméditerranéen des Instituts de Sciences Économiques) et de l’Institut de la Méditerranée, et Jean-Hervé Lorenzi, Président du Cercle des Économistes, ont donné lecture ensemble de la Déclaration. © Alfred Mignot - décembre 2010

« Nous nous trouvons face à quatre guerres : une guerre commerciale (plus de 150 mesures protectionnistes depuis l’antépénultième G20), une guerre financière (d’où l’impérieuse nécessité d’une véritable banque de la Méditerranée), une guerre des technologies, une guerre des populations malheureuses et déçues…

Les bouleversements de l’économie mondiale remettent en cause les organisations politiques actuelles telles qu’elles étaient en voie d’établissement. C’est le cas de l’Europe, c’est également celui de la zone Méditerranée. mais, cette période troublée offre également des opportunités.

La méthode qui doit être adoptée doit être moins dictée par des organisations intergouvernementales mais, bien au contraire, par la mise en réseau des acteurs économiques. Il faut une approche « bottom up ».

Les populations, les entreprises et les corps intermédiaires doivent être aussi les moteurs du développement d’un zone euro-méditerranéenne. L’objectif ultime est de créer le plus possible de marchés unifiés, s’appuyant sur deux éléments-clefs : une nouvelle politique de l’immigration, et une vraie expertise sur les secteurs qu’il fut développer. Tél est l’objectif de l’OCEMO récemment créé à Marseille.

Propositions

1 – Il faut organiser d’urgence un Sommet méditerranéen de l’immigration. Trop de gens formés quittent les pays du Sud de la Méditerranée ; et les pays du Nord ont une population vieillissante.

2 – Il faut conditionner les aides de l’Europe à un minimum de coopération bilatérale entre les pays du Sud de la Méditerranée, pour que se crée un véritable marché régional.

3 – L’intérêt des pays du Sud, surtout en matière de pêche et d’agriculture, est d’organiser un sommet avec les pays émergents, dont la Chine, si on ne parvient pas à le faire avec l’Europe.

4 – Ne faut-il pas créer deux zones méditerranéennes, en regroupant les pays les plus désireux de coopérer dans une « coopération renforcée » ? Plus généralement, ne peut-on imaginer systématiquement des coopérations à géométrie variable ? »

Déclaration lue en séance de clôture, devant les participants aux VIes Rendez-vous économiques de la Méditerranée, par :

- le Professeur Jean-Louis Reiffers, Président du Comité scientifique du Femise (Forum Euroméditerranéen des Instituts de Sciences Économiques) et de l’Institut de la Méditerranée

- Jean-Hervé Lorenzi, Président du Cercle des Économistes

À Marseille, au palais du Pharo, le samedi 4 décembre 2010


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