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L’ancien PM burkinabé Lassina ZERBO, au CIAN : « Les micro-réacteurs nucléaires, voie d’avenir pour l’électrification de l’Afrique »

24 octobre 2022
L'ancien PM burkinabé Lassina ZERBO, au CIAN : « Les micro-réacteurs nucléaires, voie d'avenir pour l'électrification de l'Afrique »
L’ancien Premier ministre burkinabé Lassina ZERBO lors de son intervention au déjeuner-débat du CIAN, à Paris, le 12 octobre 2022. À sa droite, le Président du CIAN, Étienne GIROS. © AM/APP
Aujourd’hui Président du Rwanda Atomic Energy Board (Raeb), l’ancien Premier ministre burkinabé Lassina ZERBO était récemment l’invité d’honneur du déjeuner-débat du CIAN, le Conseil français des investisseurs en Afrique. Une occasion donnée aux convives d’entendre des propos très inhabituels et très assumés, à la fois pro-nucléaires et francophiles !…

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par Alfred MIGNOT, AfricaPresse.Paris (APP)
@alfredmignot | @africa_presse

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Si l’Afrique du Sud est aujourd’hui le seul pays du Continent à disposer d’une centrale nucléaire civile, l’avenir de la filière n’en est pas moins promis à un bel avenir, affirme avec conviction l’ancien PM Lassina ZERBO.
Selon lui en effet, face aux « importants déficits énergétiques et défis climatiques » auxquels est confrontée l’Afrique, « le nucléaire est une source d’énergie à faible émission de carbone et peut jouer un rôle important dans l’édification de l’Afrique ».

Pour autant, plutôt que de miser sur les méga-centrales, Lassina ZERBO considère que la voie de l’Afrique sera celle des « petits et micro-réacteurs modulaires »… une vision d’avenir logiquement en phase avec l’engagement de l’ancien PM, devenu en août dernier président du Conseil consultatif exécutif pour l’Afrique de Nano Nuclear Energy Inc, une entreprise américaine dont « l’ambition est de promouvoir les petits et micro-réacteurs nucléaires modulaires [SMR, small modular reactors, d’une puissance de 35 MW à 170 MW, ndlr] à usage civil », comme le précise notre confrère Pascal Airault, dans le quotidien français L’Opinion.

Ainsi, loin des controverses européennes, plusieurs pays d’Afrique subsaharienne – où près de 60 % de la population n’a toujours pas accès à l’électricité – manifestent-ils leur intérêt pour ces SMR. C’est le cas de l’Égypte, du Soudan, du Ghana, du Kenya, de l’Ouganda, de la Zambie, du Niger et du Nigeria, mais aussi, en Afrique du Nord, de la Tunisie, du Maroc et de l’Algérie, précise Lassina ZERBO.

À la table d’honneur, de gauche à droite : Michel ROUSSIN, ancien ministre de la Coopération, vice-Président du CIAN ; Alain TAÏEB, Président du Conseil de surveillance du Groupe MOBILITAS ; SE Cellou Dalein DIALLO, ancien Premier ministre de la Guinée Conakry ; SE Lassina ZERBO, ancien Premier ministre du Burkina Faso ; Alain DUPOUY, Directeur général des Éts DUPOUY SBCC. En arrière-plan, au pupitre : Étienne GIROS, Président du CIAN. © AM/APP

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« La réalité, c’est que la France
est notre allié naturel ! »

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Bien sûr, malgré les retards connus dans la livraison de méga-centrales (Hinkley Point C, Flamanville…) et les surcoûts engendrés, la France reste un champion mondial du secteur. Saura-t-elle pour autant saisir les opportunités de ce nouveau marché africain ? En tout cas, la fine fleur de l’industrie nucléaire française – EDF, Framatome, le CEA ainsi que TechnicAtome et Naval Group, tous deux spécialisés dans les réacteurs nucléaires miniatures – porte depuis plusieurs années le projet NUWARD, dont le lancement a été officialisé en 2019 et le déploiement prévu au début des années 2030.

Mais si personne ne doute de la capacité des ingénieurs nucléaires français à réaliser ces micro-réacteurs modulaires, qu’en est-il des entrepreneurs ? Auront-ils encore ce « désir d’Afrique » indispensable à propulser une aventure entrepreneuriale sur le Continent ?

La question n’est pas illégitime, au moment où l’on observe le dénigrement systématique anti-français qui se propage dans plusieurs pays d’Afrique francophone, et le plus souvent, sinon toujours, instrumentalisé par des pays concurrents, comme la Russie ou encore la Turquie, pour ne citer que les plus (re)connus.

La réponse de Lassina ZERBO : il ne faut pas surestimer certaines manifestations anti-françaises, car elles n’ont pas de « réel fondement ». Par exemple, selon des témoignages diffusés sur une radio locale, certains « attaquants » de l’Ambassade de France à Ouagadougou, le 1er octobre, n’avaient d’autre motivation que de manifester leur mécontentement, car ils n’avaient pas obtenu les visas escomptés.

Certes, ceci n’excuse pas cela… Mais Lassina ZERBO insiste : « La réalité, c’est que la France est notre allié naturel ! » Autrement dit : Messieurs les entrepreneurs et investisseurs français, vous êtes toujours les bienvenus… à condition d’accepter de prendre quelque risque.
Et l’ancien PM burkinabè de suggérer brièvement une méthode : « Développez des partenariats stratégiques avec des entreprises locales ! »
À bon entendeur…

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CMAAP 6, le 9 novembre : « AFRIQUE-EUROPE : quelles avancées vers une coopération économique plus forte ? » INSCRIPTIONS OUVERTES

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Voyez ici le REPLAY de notre CMAAP 5, du 6 octobre 2022 :

« LA FRANCOPHONIE ÉCONOMIQUE
PEUT-ELLE SE RELANCER EN AFRIQUE ? »

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