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Alfi Malek -

Le SG de l’A.F. France-Egypte : « L’UPM est l’unique option d’avenir pour la Méditerranée »

Tous pays EUROMED-AFRIQUE | 4 février 2010
Paris -

Une Tribune Libre d’Alfi Malek

Secrétaire général de "l’Association pour une Fondation France-Egypte"


L’UPM est l’unique option d’avenir pour la Méditerranée

Le colloque sur « les défis méditerranéens », organisé par le CAMED à l’Assemblée Nationale, mardi 2 février, a donné lieu à des interventions et débats de très haute qualité, tout au long cette journée remarquable, par son organisation, et par ses intervenants qui étaient parmi les plus prestigieux, venus de France et d’ailleurs en Méditerranée, avec un point commun, celui de la Francophonie.

Cette journée démontrait ainsi que la Francophonie, loin de disparaître, retrouve dans ce projet de l’UPM, un nouvel élan peut être sans précédent dans son histoire récente !

Tous les sujets d’importance, lors des six tables rondes, ont été traités avec force et rigueur, et si l’on peut regretter un instant de n’avoir pas pu entendre plus, ou dire tout ce qu’il y avait à dire sur chaque thème, faute de temps, car 45 intervenants auront participé au Colloque, on est au moins rassuré de savoir que quelque part, ou parfois dans plusieurs endroits simultanés, des compétences reconnues et du plus haut niveau, travaillent avec ardeur à préparer l’avenir de l’UpM. 

Ces personnes se sont manifestées et nous sont désormais connues. A nous de les solliciter ou de leur apporter nos contributions, à nous de « jouer » dirons-nous familièrement !

L’UpM n’est pas qu’un rêve, c’est un projet en devenir, il faut y croire, et y contribuer. Un projet si jeune que toutes les bonnes volontés y trouveront leur place !

Cela étant, l’UPM n’est pas une option parmi d’autres. C’est la seule et unique option pour un paysage en recomposition, autour de ce Mare Nostrum, car les chiffres communiqués durant ce colloque sont éloquents !

En effet, d’ici vingt à trente ans, le Nord et le Sud de la Méditerranée auront un poids égal en termes démographiques, soit 500 Millions d’individus de part et d’autre.

Mais, les conditions de vie et de développement, la répartition des richesses, et la courbe démographique engendreront un déséquilibre tel que le seul scénario alternatif au projet de l’UpM serait celui d’une catastrophe en devenir !

A cette catastrophe prévisible, de misère dans le Sud, d’une population jeune frappée par le chômage, la rancune et la frustration, et d’une population vieillissante, préoccupée par sa sécurité, et pâtissant de l’absence de marché, confrontée à des problèmes d’approvisionnement en sources d’énergies, l’alternative du projet de l’UpM propose un développement économique, social et culturel en harmonie, une approche globale, et équitable dans laquelle chacun trouvera son compte, et préservera son identité !

Et nous pouvons saluer ici, l’intervention courageuse, sincère et émouvante de Monsieur Besson, à propos de l’Identité Nationale, et sa conclusion sur sa propre identité, lui qui se voit dans cet ordre : Français, Méditerranéen, et Européen !

On ne voit bien qu’avec son cœur !

La laïcité et le respect de chaque identité

Ce projet de l’UpM doit se faire, et c’est notre conviction profonde, se fera, dans le respect de chaque identité, sur un modèle typiquement Français, celui de la Laïcité, respectant chacun dans ses convictions, ses options de vie, et sa citoyenneté.

Saluons à ce propos l’intervention du Grand Maître du Grand Orient de France, Pierre Lambicchi, qui nous révèle l’effort de l’Obédience depuis déjà douze ans pour rapprocher les deux rives et prôner le principe de Laïcité !

Inviter le Grand Orient à la table ronde consacrée à la Laïcité, lors de cette journée, a permis de lui donner la parole sur un thème qu’il défend depuis des générations – rappelons-nous, simplement, le rôle essentiel qu’il aura joué pour promulguer les lois de 1901 et de 1905.

Beaucoup, et plus encore, reste à faire en Méditerranée sur ce thème de la Laïcité, sur le droit des minorités, et sur la Paix. Car cette région, comme chacun le sait, est une menace pour la paix dans le monde !

Le Grand Orient peut apporter des réponses à ces préoccupations essentielles, indispensables au succès de l’UPM. Il en a les moyens. Invitons-le à plus d’audace, pour un engagement fort et essentiel pour ces deux préoccupations majeures, la paix et la laïcité, l’une ne pouvant exister sans l’autre !

Nous en venons à la question clé déterminante au succès du projet de l’UPM, celui de la Paix ! La paix et le droit des Palestiniens, et celui des Israéliens. Et l’absence de paix, qui menace tout l’édifice en devenir de l’UPM !

Israël - Palestine : la vision de Boutros Boutros-Ghali

L’analyse du Docteur Boutros Boutros-Ghali, en tout début de journée, très sage et avec le recul d’une expérience et d’un vécu uniques, mérite un regard et une considération tout particuliers.

M. Ghali estime que la seule donnée démographique autour et à l’intérieur d’Israël nous dicte un choix de solution pour le long terme – si ce n’est pour un lendemain immédiat, pour ce problème inextricable avec les données des politiques locales et mondiales d’aujourd’hui.

Il nous rappelle que plus de cent résolutions ont été adoptées par le Conseil de Sécurité de l’ONU, et qu’aucune n’a été approuvée par les Etats-Unis, seule puissance pouvant imposer un réel processus de paix.

Il nous dit aussi, qu’Israël, pays démocratique – l’un des rares de la région – connaîtra une profonde transformation de son électorat d’ici à quelques décennies, pour atteindre d’abord une parité entre Israéliens juifs et Israéliens d’origine arabe, chrétienne ou musulmane. Cette parité pourrait être ensuite dépassée.

L’hypothèse de deux États séparés – l’un Juif, l’autre Palestinien – devient ainsi de moins en moins crédible.

Reste, selon M Ghali, à imaginer une fédération, à l’image de l’Afrique du Sud, où deux identités seraient unis dans un même territoire.

On imagine bien toutes les difficultés qu’il faudra surmonter de part et d’autre pour y parvenir !

Mais au niveau de l’UPM, et sans préjuger du parcours ou des souffrances et des frustrations qu’il reste à subir sur un chemin à long terme qui semble incontournable, sauf imaginer l’apocalypse, il serait bon me semble-t-il, de commencer tout de suite les premiers pas, dans cette direction.

Certains l’ont déjà d’ailleurs fait et donné l’exemple.

Des initiatives – contagieuses ! – pour la Paix

Je pense ici à Daniel Baremboïm et à l’orchestre mixte qu’il a composé, rassemblant juifs Israéliens et Arabes Palestiniens.

Une belle initiative de dialogue entre individus, qui apprennent à se connaître et travailler ensemble sans préjugés.

C’est ce genre d’initiatives qu’il serait bon d’encourager officiellement, en aidant tout rapprochement entre les deux communautés, surtout entre les jeunes, dans des domaines artistiques, linguistiques, scientifiques, sociétaux et de santé !

Il suffit d’y penser et d’encourager les Humanistes et les modérés de chaque côté, pour que les idées et les projets foisonnent, c’est mon intime conviction.

Madame la Ministre Fadéla Amara dans son discours de clôture, très apprécié, nous informait d’un projet de rapprochement des villes et des cités en Méditerranée.

Pourquoi ne pas penser à des villes et des villages, des deux côtés d’un mur qui tombera un jour espérons le, comme le mur de Jéricho, « au son des trompettes de la paix », selon l’expression de M Ghali en début de journée !

C’est un projet risqué, car il menace directement l’autorité des extrémistes de chaque bord.

Faisons tout de même le pari qu’il réussira !

Si nous prônons la vie ensemble d’une population d’un milliard d’individus, autour du Bassin, nous réussirons bien, à force d’efforts et de volonté, à faire vivre ensemble 10 millions d’Israélo-Palestiniens, qui sont, rappelons-le, les descendants d’un même ancêtre, selon la tradition des trois religions monothéistes.

Il est grand temps pour les descendants d’Abraham, les enfants d’Ismaël et de Jacob de penser à leur future et incontournable réconciliation !

La paix, c’est sans doute le droit de chaque enfant Israélien, ou Palestinien à naître ! il nous appartient de le défendre.

Pour terminer, remercions vivement les organisateurs du colloque, Madame le Docteur Ijab Khoury et le Professeur Debré, pour leurs efforts si formidables, et, espérons-le, si contagieux !

C’est là aussi une belle initiative pour la Paix en Méditerranée !

Alfi Malek
Secrétaire général de « l’Association pour une Fondation France-Égypte »
À lire sur l’association :
Identités et cultures en Méditerranée :
une affaire de cœur et de raison…

Photo d’Alfi Malek : © leJMED.fr


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