Retrouvez AfricaPresse.paris sur :
RSS

Outils

Catherine Vesperini –

L’IEMSR, exemple de l’UPM en marche… mais dont les financements tardent à venir

Tous pays EUROMED-AFRIQUE | 25 janvier 2012 | src.leJMed.fr
Sophia Antipolis -

Ouvert à la rentrée 2010 à l’initiative de Mme la professeure Catherine Vesperini, précédemment enseignante à Paris-Daupine, où elle a dirigé durant plusieurs années le Master 2 Assurance et gestion du risque, l’Institut Euro-Méditerranéen en Science du Risque (IEMSR, à Sophia-Antipolis) se fonde sur l’idée que l’on ne saurait parler de développement durable, d’économie et de cohésion sociale pérennes en Méditerranée sans une gestion ambitieuse des risques. Dix-huit mois après sa création, l’IEMSR est déjà fort de la reconnaissance institutionnelle et académique, mais fragilisé par des promesses de financements UE-UPM qui tardent à se concrétiser.

Photo ci-dessus : Mme Catherine Vesperini, Présidente-fondatrice de l’Institut Euro-Méditerranéen en Science du Risque (IEMSR, Sophia-Antipolis). © Alfred Mignot - octobre 2010


Avec 21 étudiants inscrits à la rentrée 2011, contre 13 en 2010, les effectifs de l’IEMSR sont en forte hausse (+ de 50 %) et, relève sa présidente fondatrice, leur niveau est supérieur – ils sont déjà diplômés – et viennent de pays plus divers : Maroc, Tunisie, Égypte et Italie, alors qu’en 2010 la première promotion se composait de Marocains et d’Égyptiens .

Tous les étudiants de la promotion 2010 ont intégré des universités françaises, où ils poursuivent le cursus de masters : trois sont à Rouen en master risques financiers, quatre à Versailles - Saint Quentin en économie de l’environnement, un à Amiens en master de risques santé, trois à Toulouse en risques industriels, deux à Marseille en master santé publique… « Ils sortiront tous avec un diplôme d’une université française. Et le fait qu’ils aient tous pu intégrer une deuxième année dans les universités françaises atteste de la qualité de l’enseignement dispensé à l’IEMSR ! » relève avec plaisir Catherine Vesperini, qui se félicite aussi d’avoir ouvert une deuxième année sur son site de Sophia-Antipolis, dédiée au mastère en risques financiers, et qui accueille onze étudiants déjà diplômés – dont cinq ingénieurs –, en management du risque financier.


La reconnaissance académique et institutionnelle

Catherine Vesperini souligne aussi que «  quinze mois à peine après notre ouverture, en octobre 2010, nous avons consolidé et confirmé la pertinence de notre projet, à la fois sur le plan institutionnel et des résultats académiques.
Au plan institutionnel, nous avons été reconnus par l’Union pour la Méditerranée [UPM, dont le Secrétariat général est à Barcelone] et par l’Université euro-méditerranéenne (EMUNI) dont le siège est à Piran-Portorož, en Slovénie ».

Côté UPM, ce sont en effet les représentants des 43 Etats de l’UPM au sein du « Senior Office meeting » qui ont accordé à l’unanimité à l’IEMSR le label de master européen en science du risque, en juillet 2011. Côté EMUNI, que préside le Professeur maltais Joseph Mifsud, nommé par l’UE, l’IEMSR a obtenu une reconnaissance comparable, puisque depuis juin 2011 il compte parmi les masters de cette université, qui s’est aussi engagée sur le cofinancement de l’IEMSR, avec l’Union européenne.


Une employabilité immédiate

Depuis, d’autres soutiens se sont fait jour. Ainsi, des bourses prises en charge cette année par l’Office méditerranéen de la jeunesse (OMJ), attestent de l’intérêt que le Ministère [français] des Affaires étrangères porte à l’IEMSR, l’OMJ ayant été créé à l’initiative de la France, qui en a abondé les premiers fonds. En France toujours, la Région Provence Alpes Côte-d’Azur (PACA) apporte aussi un soutien pour des projets en commun de colloques, séminaires et formations. Enfin, Mme Vesperini cite encore des « soutiens gouvernementaux forts », par des ministres européens de l’énergie, de l’industrie… qui relaient l’initiative de l’IEMSR vers les pays de la rive sud.

« Je crois, déclare Catherine Vesperini, que ces responsables politiques pensent que nous représentons une contribution à la solution aux problèmes de l’emploi, car le métier auquel nous préparons offre un débouché mondial, et avec une employabilité immédiate. Pour exemple, le déficit actuel, en France, de "risk managers" est estimé par l’Association pour le Management des Risques et des Assurances de l’Entreprise (AMRAE) à 2 500 postes non pourvus. »


De belles promesses… que l’UE et l’UPM tardent à tenir

La démonstration de la pertinence de la création de l’IEMSR est donc acquise. « Nous représentons l’un des très rares projets illustrant concrètement la réalité de la coopération euro-méditerranéenne dans le cadre de l’UPM » relève justement Catherine Vesperini.

Reste que si les labels obtenus auprès de l’UPM et de l’EMUNI représentent « une reconnaissance à laquelle l’IEMSR accorde beaucoup d’importance », les fonds promis en juillet 2011 par le Senior Officers Meeting de l’UPM – un budget annuel reconductible de 420 K€, soit l’équivalent de vingt-cinq bourses – ne sont toujours pas crédités en janvier 2011. De ce fait, à ce jour, Catherine Vesperini déclare assumer seule, sur ses fonds personnels, les trois quarts du budget annuel. Une situation qui ne saurait évidemment perdurer encore bien longtemps.

On se demande donc ce qu’attendent les responsables de l’UE, de l’UPM et d’EMUNI, pour ordonner que les fonds destinés à l’IEMSR soient enfin débloqués. Et vite !

Alfred Mignot


◊ ◊ ◊


En savoir plus :
- L’annonce de la Leçon inaugurale (27 janvier 2011) de l’IEMSR, par Jean-François Stéphan, Directeur de l’Institut National des Sciences de l’Univers du CNRS
- Site le l’IEMSR
- Université euro-méditerranéenne EMUNI
- Office méditerranéen de la Jeunesse OMJ
- Site du Secrétariat général de l’UPM

Articles récents recommandés