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« L’Économie africaine 2026 », par l’AFD / Comment « Investir, coopérer et transformer dans un monde en recomposition ? » : l’AFD se pose en acteur de l’adaptation

26 janvier 2026
« L'Économie africaine 2026 », par l'AFD / Comment « Investir, coopérer et transformer dans un monde en recomposition ? » : l'AFD se pose en acteur de l'adaptation
De gauche à droite sur la photo : Carl Bernadac, Directeur du département des diagnostics économiques et de politiques publiques de l’AFD ; Rémy Rioux, Directeur général de l’AFD ; Mme Sandra Kassab, Directrice du département Afrique de l’AFD. Photo © DD/APP
L’opus sur « L’Économie africaine 2026 » de l’AFD est cette année axé sur l’éveil d’un continent dont témoignent sa jeunesse et sa croissance, loin d’être réductible à la seule richesse de ses ressources – plus de 30 % des réserves mondiales de minerais. Lors de la présentation de l’ouvrage, le DG Rémy Rioux a exposé la stratégie #ToutAfrique de l’AFD.

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Par Denis DESCHAMPS, pour AFRICAPRESSE.Paris
@DjuliusD @africa_presse

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Cet éveil africain se fait aujourd’hui dans le contexte très particulier de la fin de l’Aide au développement (APD), telle qu’elle est orchestrée depuis le gel de l’US Aid en février 2025, alors même qu’il paraît toujours nécessaire de faire toujours plus d’investissements sur le continent.
Lors de la récente conférence de presse de présentation de l’ouvrage, le Directeur général Rémy Rioux nous a fait part de la stratégie #ToutAfrique de l’AFD, qui prend en considération le continent au travers de « verticales », c’est-à-dire le long du couloir nilotique, de la Lybie au Kivu, et également dans un grand ensemble Afrique de l’Ouest, du Sénégal au Gabon.

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Le ressort de la dette privée
pour le développement

Par rapport à ce qui devrait être, selon lui, un #MondeEnCommun, le DG de l’AFD nous rappelle que l’Afrique souffre toujours de problèmes importants de financement, compte tenu du déficit d’épargne dans les pays du continent, dont les économies subissent aujourd’hui de plein fouet la baisse de l’Aide publique au développement (APD). La dette publique des États africains est par conséquent particulièrement élevée, alors même que, comme le souligne Rémy Rioux, la dette privée reste d’autant plus faible que les investissements et prises de participation tendent à se détourner de l’Afrique.

Le DG de l’AFD propose ainsi que l’investissement solidaire et durable qui doit pouvoir se substituer à l’APD mobilise aussi la dette privée ; sachant que se pose également le problème du décaissement des fonds, particulièrement ceux pour le climat.

Lors de la Conférence sur le financement du développement prévue le 22 mai 2026 à Clermont (France), l’AFD évoquera ainsi cette question, ainsi que lors de la conférence Recherche/Action sur l’Adaptation, prévue en octobre 2026, qui réunira des économistes et chercheurs africains et européens pour discuter des stratégies politiques et investissements à envisager pour le continent.

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La prégnance du climat pour
le développement africain

Après Rémy Rioux, le Directeur du département des diagnostics économiques et de politiques publiques de l’AFD, Carl Bernadac, a évoqué les mesures nécessaires par rapport au climat. Sur le continent africain, le dérèglement climatique entraîne en effet une perte de 1 % à 2% du PIB (produit intérieur brut), avec une diminution des rendements agricoles allant jusqu’à 30 % se diffusant à l’ensemble de l’économie, et une diminution du temps de travail en raison de l’augmentation de journées à très forte chaleur, ce qui entraîne une recrudescence quasi-systémique des inégalités.

Or, d’après ce que l’on constate, les flux de financement pour le climat ne vont pas nécessairement vers les pays africains les plus vulnérables, généralement confrontés à d’importants défis démographiques. En raison d’une transition démographique lente (c’est-à-dire avec un taux de fécondité particulièrement élevé), l’Afrique devrait en effet constituer près de la moitié de la population mondiale en 2100 (après avoir atteint un chiffre de population de 2,4 milliards en 2050, contre 1,3 milliard aujourd’hui).

Intervenant comme chercheur au CNRST du Burkina-Faso, Aristide Romaric Bado a ainsi rappelé que la démographie étant un « multiplicateur des politiques publiques », des choix clairs devaient être faits ; qu’il s’agisse du renforcement de l’autonomisation des femmes ou de la transformation du capital humain, pour pouvoir éviter des migrations forcées par le changement climatique, dont le rôle doit nécessairement être intégré dans les politiques publiques d’États africains.

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La solution : l’adaptation
pour le développement

Au vu de ses impacts majeurs sur les territoire africains, le climat est une priorité pour le continent, comme le souligne Sandra Kassab, directrice du département Afrique de l’AFD.

Au nombre des 1 300 projets du groupe AFD sur le continent (soit 50 % de l’activité de l’AFD pour un montant de 40 milliards d’euros au total), elle a ainsi cité certains projets collectifs d’adaptation soutenus par l’Agence :

> Le lancement du transport fluvial sur la lagune de Lagos (avec la Banque européenne d’investissement) ;
> Le lancement réussi du TER Dakar – Diamniadio (avec la Banque mondiale), pour aussi contribuer au succès des JO de la jeunesse prévus à Dakar en novembre 2026 ;
> Le développement du programme éolien au Kenya, qui sera aussi évoqué lors du Sommet de Nairobi en mai 2026 …

Tous ces engagements importants de l’AFD se font alors que l’Agence doit maintenant faire face à une baisse de ses ressources publiques, qu’elle compense en partie par l’adaptation de ses outils (conversion des dettes des États en financements pour les secteurs sociaux ; par exemple, en Côte d’ivoire, pour l’accès à l’eau et l’assainissement) et que le succès du programme Choose Africa 2, mené avec les CDC locales, peut contrebalancer (maintien ou création de 2 millions d’emplois).

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L’AFD, un acteur
de l’adaptation climatique

Face au dérèglement climatique, l’AFD agit en prenant en considération le contextes locaux, en soutenant des trajectoires concrètes et adaptées, comme l’irrigation en Ethiopie ; sachant que l’écart entre le besoins de financement de l’adaptation et les fonds qui sont effectivement débloqués reste encore tout à fait considérable.

L’AFD met ainsi l’accent sur un cumul d’actions au travers notamment de son programme AdapAction :
> Tout d’abord, pour comprendre, en répertoriant les savoirs en matière d’information climatique et en identifiant le vulnérabilités, ainsi que les risques de mal-adaptation ;
> Ensuite, pour planifier, en repérant des exemples phares dans les politiques nationales d’adaptation qui sont mises en œuvre dans les pays africains ;
> Enfin, pour pouvoir investir à l’échelle locale, en particulier dans le capital humain.

À terme, les stratégies transversales d’adaptation mises en œuvre par l’AFD sur le continent africain devraient aussi permettre de répondre aux enjeux du climat en Europe, étant entendu que la sensibilisation et l’éducation de populations relevant encore très largement de l’économie informelle en Afrique sont un impératif aussi absolu pour la résilience que la mise en œuvre de la diversification agricole grâce à des semences adaptées au réchauffement climatique.

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