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L’Algérie, un marché à fort potentiel d’exportation à condition… de bien respecter les règles !

Algérie | 26 juin 2010 | src.leJmed ;fr
Paris -

La rencontre organisée jeudi 17 juin au siège de HSBC France, à Paris sur les Champs-Elysées, à l’initiative de Hervé Solignac Lecomte, « Head of Trade and Supply Chain » de HSBC, aura été fort utile aux participants, qui ont pu apprécier des intervenions de praticiens du commerce international. Et si les témoignages attestaient d’une grande expertise, le message essentiel se révélait d’une grande simplicité : l’Algérie reste un marché à fort potentiel d’exportation pour les entreprises françaises, mais il est impératif de bien respecter les réglementations en vigueur…

Photo ci-dessus. : une vue de l’assemblée lors de l’allocution de Hervé Solignac Lecomte, « Head of Trade and Supply Chain » de HSBC. © leJmed.fr - juin 2010


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Hervé Solignac Lecomte, « Head of Trade and Supply Chain » de HSBC, durant son allocution. Assis à gauche, Nazim Bessaih, Directeur Algérie de TSC HSBC. © leJmed.fr - juin 2010

Après le propos liminaire de Hervé Solignac Lecomte, qui rappela le contexte nouveau créé par la loi de finances complémentaire algérienne pour 2009, entrée en vigueur au mois d’août dernier, le premier intervenant, Patrick Rochouse, Conseiller du commerce extérieur de la France, évoqua les fondamentaux de l’Algérie, et de ses relations économiques avec l’Europe et la France : malgré la baisse des revenus du pétrole de ces dernières années, l’Algérie dispose à ce jour de 149 Mds $ de réserves de change, et ses échanges avec l’Union européenne représentent aujourd’hui 50 % de son commerce extérieur, contre 25,6 % en 2008.

Pour la France, l’Algérie reste un partenaire commercial de premier plan, proche géographiquement et culturellement : le montant des échanges entre les deux pays a doublé en dix ans, franchissant pour la première fois le seuil des 10 Mds € (+ 41%) ; la France est le 6e client et le 1er fournisseur de l’Algérie, avec une part de marché supérieure à 18 % en 2010, ainsi que le 1er investisseur étranger (hors hydrocarbures), et l’Algérie reste le 3e client de la France hors OCDE, avec 5 Mds €.

Du bon usage du CREDOC

Patrick Rochouse rappela aussi le nouveau contexte né la Loi de finances complémentaire du 26 juillet 2009, et qui avait en son temps soulevé polémiques et malentendus, notamment à propos de l’obligation faite aux opérateurs économiques étrangers installés en Algérie de céder 51 % du capital de leur société à un partenaire algérien.

Autre mesure phare et sujette à polémiques, l’établissement du Crédoc, acronyme du système du « Crédit Documentaire », selon lequel ce sont les banques algériennes – et non plus directement l’acheteur algérien – qui règlent un montant préalablement défini au fournisseur étranger d’une marchandise ou d’un service, contre la remise, dans un délai déterminé, de documents prouvant que les marchandises ont été expédiées ou que les prestations ou services ont été effectuées. Ce dispositif étant destiné, selon l’argument des autorités algériennes, à lutter contre « les importations inutiles », l’Algérie ayant importé en 2008 quelque 40 Mds $ de marchandises ou services – contre 27 Mds $ en 2007 et 18 Mds $ en 2004, et pour un PIB 2008 de 171 Mds $.

Mais, ce dispositif, s’il peut sembler très sécurisant pour les exportateurs, n’a pourtant pas fait l’unanimité, car il contraint l’importateur à provisionner obligatoirement l’engagement par signature pris par sa banque, ce qui peut créer une tension sur la trésorerie, notamment des TPE-PME, et donc avoir un effet dissuasif et… limiter les importations.

La loi et les bonnes pratiques

Nazim Bessaih, Directeur Algérie de TSC HSBC, durant son intervention. © leJmed.fr - juin 2010

Reste que « la loi est la loi », et, durant une intervention fort appréciée par l’assistance de chefs d’entreprise, et qui dura près d’une heure, Nazim Bessaih, Directeur Algérie de TSC HSBC, donna un aperçu pragmatique et détaillé des procédures à respecter afin que tout se passe bien.

En fait, commenta-t-il, « 80 % des difficultés proviennent de dossiers mal renseignés ». Et il faut bien comprendre que le banquier lui-même est soumis aux dispositions de la loi, l’article 46 du Règlement 01-07 de la Banque centrale d’Algérie affirmant d’ailleurs clairement la primauté du droit local algérien sur le droit commercial, et du droit sur les usages.

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Nazim Bessaih, Directeur Algérie de TSC HSBC, entouré de Robert Viseux, Directeur adjoint du Centre d’Affaires HSBC de Paris-République (à gauche), et de Mounir Gaouar, PDG de COFFEGA Intl. © leJmed.fr - juin 2010

Parmi les « bonnes pratiques » à observer, on relèvera notamment l’obligation d’un « cachet humide » et de la signature sur la facture de l’entreprise exportatrice, car, même si le banquier peut s’accommoder d’une facture numérique, le douanier, lui, n’hésitera pas à récuser la validité d’une pièce électronique, conformément d’ailleurs à l’Article 04 du décret exécutif 05-48 du 10 décembre 2005, précisa encore Nazim Bessaih. Et de s’exclamer : « Une infraction au contrôle des changes, c’est du pénal ! ».

Le respect de la notion de territorialité d’origine de la marchandise est aussi un paramètre très important, expliqua encore l’orateur : toute prestation de service ou marchandise payable depuis l’Algérie doit être servie ou destinée exclusivement à l’Algérie, et toute assurance liée au transport doit être payée en Algérie…

Bref, notons que la liste des contraintes évoquées par Nazim Bessaih serait encore longue si l’on voulait les citer toutes et, surtout, retenons le fond de son message, maintes fois répété : pour bien commercer avec l’Algérie, « il est impératif de bien respecter les réglementations en vigueur » car, pour le législateur, « le respect du droit algérien est une question de souveraineté nationale ».

© Alfred Mignot pour leJmed.fr


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