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Roxana MARACINEANU aux RIGES de Business France - L’Afrique, un gisement d’opportunités pour les entreprises françaises de la filière sport

9 décembre 2018
Roxana Maracineanu, Ministre française des Sports, lors de son intervention aux Rencontres internationales des grands événements sportifs (RIGES), au siège de Business France, à Paris le 3 décembre 2018. © AM/AfricaPresse.Paris (AP.P)
Roxana Maracineanu, Ministre française des Sports, et son homologue ivoirien Claude Paulin Danho, ainsi que plusieurs dirigeants du sport africain et chefs d’entreprise français du secteur ont apporté leur concours à la journée des Rencontres internationales des grands événements sportifs (RIGES), organisée lundi 3 décembre à Paris au siège de Business France, afin de mettre en lumière les capacités d’exportation du savoir-faire français dans ce secteur d’avenir.

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Un article d’Alfred Mignot, AfricaPresse.Paris (AP.P)

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Après le propos liminaire de Christophe Lecourtier, Directeur général

Christophe Lecourtier, Directeur général de Business France. © AM/AfricaPresse.Paris (AP.P)

de Business France (dont le réseau s’étend à quelque 60 pays, dont 14 en Afrique), rappelant que « la filière sport est l’une des priorités de la Team France Export », notamment parce que la sport-tech représente un « vecteur d’innovation transversal », depuis le secteur santé jusqu’à la conception et la gestion des stades, et qu’il s’agit donc de « donner à nos entreprises les clés pour accéder aux marché et aux décideurs des grands événements comme des grands équipements sportifs à venir », Roxana Maracineanu, ministre française des Sports, releva l’importance de « ne pas rater » la structuration d’une filière qui, pour les seuls grands événements sportifs, représente environ « 50 milliards par an d’euros de chiffre d’affaires », et dans laquelle la France a des savoir-faire et des réussites à faire valoir, et une structuration à accomplir « dans une logique de maximisation des retombées commerciales », a souligné la ministre.

Il faut pour cela « mieux identifier les marchés, optimiser la démarche de nos entreprises, mieux capitaliser sur nos événements, y intégrer plus de sportifs de haut niveau » ce qui nous ferait « gagner en visibilité », indiqua-t-elle, évoquant tant l’avenir – la Coupe du monde féminine de football en 2019, et la Coupe du monde de rugby de 2023, qui seront organisées en France – que les réussites du passé, comme la Coupe du Monde 2018, qui s’est déroulée en Russie comme chacun sait, mais à laquelle plusieurs entreprises françaises ont apporté le concours de leur savoir-faire d’excellence.

Ainsi a-t-elle annoncé la création, en 2019, d’une « entité juridique dédiée », à laquelle travaillent les services experts du ministère des Sports, capable d’opérer sur les marchés tant national qu’international, et d’un nouveau Club sports à l’international, en Afrique ou en Amérique, à l’instar du Club Sport Chine, lancé en février 2017.

Les bonnes pratiques de Metalu Plast

La ministre a conclu son intervention en saluant la réussite récente à l’international de quelques entreprises du secteur. Tel est le cas notamment de la société Metalu Plast (Soliers, Calvados), représentée aux RIGES par son président Jean-Claude Behr, heureux et fier de raconter comment sa PME a réussi à équiper en bancs de touche six des douze stades russes ayant accueilli la Coupe du monde de football. « Le plus difficile, confie-t-il, ce fut de gérer le stress de nos partenaires, inquiets que l’on n’y arrive pas. On le comprend, car les délais de livraison ont été réduits de quatre à deux mois ! Mais nous avons réussi à relever le défi. »

L’amphithéâtre de Business France a fait salle comble pour les RIGES. © AM/AfricaPresse.Paris (AP.P)

Mais au-delà du cas particulier, Jean Claude Behr livre à l’assemblée des participants – l’amphithéâtre de Business France est totalement rempli – ses bonnes pratiques pour réussir à l’exportation : « Il n’y a pas deux pays pareils… On ne peut donc pas se contenter de dupliquer le produit, cela ne marcha pas. Il faut à chaque fois s’adapter aux goûts, aux habitudes, aux modes de fonctionnement de nos interlocuteurs ». Pour ne rien gâcher, Metalu Plast s’affirme comme une entreprise citoyenne, s’étant fixée comme obligation que « 50 % au moins » des intrants d’un produit soient de fabrication ou d’origine française, « y compris pour l’achat des matières premières », détaille Jean Claude BEHR.

Quand un consortium français gagne face aux Chinois…

Mais l’exemple le plus remarquable est peut-être celui du consortium 100 % français qui a remporté la construction d’un stade de 20 000 places (et de quatre stades d’entraînement) à Yamoussoukro, capitale de la Côte d’Ivoire, dans la perspective de la Coupe d’Afrique de football des Nations (CAN) de 2021.
Selon Éric Leport, président d’Alcor Équipements (l’une des entreprises du consortium, avec Sogea-Satom, Scau Architectes, Egis, Baudin-Châteauneuf), le consortium a remporté ce marché de 72 millions d’euros car « nous sommes un groupe complémentaire et soudé, avec le même niveau d’exigence (…) ce qui nous a permis de répondre dans des délais très courts » et aussi de faire face à la concurrence chinoise « en recrutant de la main-d’œuvre locale et en fournissant dès l’appel d’offres la liste des sous-traitants locaux pressentis ».

D’autres marchés à conquérir en Côte d’Ivoire

Aujourd’hui, ainsi que l’a rappelé Claude Paulin Danho, ministre ivoirien des Sports, qui participait à la rencontre, tous les marchés pour la CAN de 2021 sont attribués, et donc ce succès ne saurait être répliqué.

L’intervention de Claude Paulin Danho, ministre ivoirien des Sports. © AM/AfricaPresse.Paris (AP.P)

Mais, au-delà des infrastructures nécessaires à la CAN 2021, beaucoup d’opportunités restent ouvertes aux entreprises françaises en Côte d’Ivoire, a précisé le ministre, se référant à l’ambitieuse Politique nationale des sports (PNS, 2016-2020) et au programme Precis (Programme de réhabilitation, d’équipements et de construction d’infrastructures sportives) : « Au-delà des infrastructures nécessaires à la CAN 2021, la Côte d’Ivoire a besoin d’infrastructures nationales et régionales. Notre programme Precis est doté de 100 millions d’euros pour la construction d’équipements de proximité dans les villes moyennes – mais aussi pour Abidjan, la capitale économique avec ses 5 millions d’habitants – et la jeunesse, scolaire et universitaire. »

Dans ce contexte, les entreprises françaises sont les bienvenues – « Nous partageons la même langue et une longue histoire », dit le ministre – notamment en matière d’organisation d’événements, et aussi les investisseurs français pour la création d’un village olympique de 200 hectares, en PPP ». À cet effet, souligna encore le ministre, le nouveau Code d’investissement de la Côte d’Ivoire est « très attractif, avec des exonérations et des abattements exceptionnels ».

Encore un (gros) effort… en Afrique du Nord

En Afrique du Nord cette fois, les Jeux Méditerranéens de 2021, qui se dérouleront à Oran (Algérie) pourraient représenter une belle opportunité pour les entreprises françaises : un stade de 40 000 places doit être construit, des bassins nautiques pour avirons et kayaks, des courts de tennis, un centre équestre, etc., a signalé Mohamed Lamine Bakhti, le directeur général des Sports. « Malheureusement, alors que l’Algérie a investi plus de cinq milliards d’euros depuis l’an 2000 dans des infrastructures pour le sport et la jeunesse, la France est relativement absente », a-t-il remarqué.

Une absence remarquée aussi par Hamza El Hajoui, le premier vice-président de la Fédération royale marocaine de football, à l’exception, souligna-t-il, de quelques entreprises, comme Gregori International, constructeur de stades. Pourtant, « le Maroc est un pays sur lequel on peut miser », commente Daniel Cotta, directeur du Développement export de Gregori International. Et d’autant que le Royuame alaouite, déçu d’avoir été recalé pour l’organisation de la Coupe du Monde de football de 2026, est néanmoins « fier d’avoir obtenu le soutien de 42 des 52 votants africains », relève Hamza El Hajoui. Alors, le Maroc ne lâchera rien, il se mobilise déjà pour la Coupe du monde de 2030 !
À bon entendeur…

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