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Dossier INVESTIR AU MALI

Konimba Sidibé, ministre de la promotion de l’Investissement : « Il est possible de développer des projets en PPP de très grande envergure »

5 décembre 2017
Konimba Sidibé, ministre de la Promotion de l’Investissement et du Secteur Privé. © DR
Avec la visite récente du Président français Emmanuel Macron, le Mali revient au cœur de l’actualité. L’économie du pays semble bien repartie et les autorités maliennes font le maximum pour attirer les investisseurs étrangers. Mais, cinq ans après la grave crise ouverte en 2012, puis l’intervention militaire française (opération Serval) lancée en janvier 2013 pour empêcher les « djihadistes » de s’emparer de Bamako, le Mali est-il redevenu une « destination sûre » propice aux affaires et aux investissements ?

Un article de Bruno Fanucchi et Florence Paque,
envoyés spéciaux à Bamako

Sous la présidence d’Ibrahim Boubacar Keita (élu en août 2013), le pays a retrouvé une certaine stabilité politique, quand bien même les accords d’Alger de juin 2015 visant à régler la question du Nord en proie aux velléités séparatistes des groupes touaregs sont encore loin d’être pleinement appliqués. Ce pays d’Afrique subsaharienne (dont la superficie égale trois fois celle de la France) revient de loin. Car même si les groupes djihadistes n’ont pas été complètement éradiqués, l’insécurité y est désormais maîtrisée, relative et circonscrite aux régions du Nord, où la situation reste complexe, comme dans la boucle élargie du Niger.

« Dé-diaboliser la destination Mali »

Le XXVIIe Sommet Afrique-France s’est cependant tenu sans problème les 13 et 14 janvier 2017 à Bamako. « Il nous faut plus que jamais dé-diaboliser la destination Mali, toujours confrontée au terrorisme, à la drogue et aux différents trafics, observe Abdoulah Coulibaly, grand organisateur du Sommet et président-fondateur du Forum de Bamako. Les djihadistes et les trafiquants, qui ont bien souvent partie liée, s’attaquent à nos soldats comme à ceux de Barkhane et de la Minusma, qui empêchent leur business ».

Si le climat des affaires n’est pas encore idéal, l’économie du pays semble bien repartie et les autorités maliennes font le maximum pour attirer les investisseurs étrangers au Mali.

« La crise a paradoxalement amélioré nos opportunités », souligne Moussa Touré, patron de l’Agence de Promotion des Investissements (API), qui s’en explique : « Le Mali est classé comme “un pays à risque”, ce qui signifie – pour les investisseurs – plus de retours sur investissement et donc une destination finalement beaucoup plus profitable et rentable. C’est “le gain du pionnier” qui engrange beaucoup plus de profits, s’il arrive en premier, que ceux qui vont le suivre. C’est donc le bon moment pour venir ». (Lire ICI l’entretien qu’i nous a accordé).

L’or, le coton et la mangue

Pays en développement, le Mali n’est pas aussi pauvre qu’il y paraît, car son sous-sol regorge en réalité de richesses et les opportunités économiques sont nombreuses. Son économie repose sur deux piliers : l’agriculture, dont vit plus de 60 % de la population, et le secteur minier qui représente plus de 7 % du PIB et 75 % des valeurs à l’exportation.

« Les indices d’insécurité au Mali ne sont pas aujourd’hui supérieurs à bien des pays qui reçoivent investisseurs et investissements », fait observer Tieman Hubert Coulibaly, ancien ministre de la Défense, promu ministre de l’Administration territoriale et numéro 2 du gouvernement, selon lequel « l’agriculture et l’énergie sont les deux priorités du pays ».

« Les trois principales richesses du Mali sont l’or, le coton et la mangue », rappelle Cyril Achcar, Président de l’OPI (Organisation patronale des Industriels) et Vice-Président du Patronat malien. Précurseur dans l’industrie agroalimentaire, il prône un « patriotisme économique » et un « protectionnisme intelligent » faisant cruellement défaut au Mali, où personne n’a la volonté de « consommer malien » en priorité et de mettre en valeur le « made in Mali ».

Une volonté de développer les PPP

En décembre 2016, le gouvernement a fait voter une loi sur le partenariat public-privé « afin de créer un cadre juridique pour ce type de partenariat ». Le ministre de la Promotion de l’Investissement et du Secteur Privé, Konimba Sidibé énumère les secteurs « où il est possible de développer des projets en PPP de très grande envergure » : énergie, infrastructures, environnement, etc. « Ces projets en PPP, que le gouvernement a la volonté de développer grâce à cette nouvelle loi, feront l’objet d’un appel à la concurrence nationale et internationale, assure le ministre, afin que le Mali puisse ainsi réaliser de grands projets structurants intéressants les investisseurs qui se tournent vers notre pays ».

Vice-Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali, Djibril Baba Tabouré insiste sur la nécessité de développer rapidement les infrastructures, en donnant quelques exemples concrets qui seraient bien utiles à l’économie du pays : construire à Bamako un quatrième pont en PPP, aménager les berges du fleuve Niger pour y réaliser des projets immobiliers ou construire des « ports secs » à Kayes, Sikasso et Gao pour écouler au mieux les productions agricoles du pays.
« Pour gagner, conclut-il lui aussi, il faut savoir prendre des risques ». Un langage qui parle aux investisseurs.

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