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Jean-Michel HUET (BearingPoint) : Les quatre grands axes d’un partenariat refondé entre l’Afrique et l’Europe, selon le rapport de l’Institut Montaigne

22 juin 2019
Jean-Michel HUET, Associé chez BearingPoint, Membre du groupe de travail Afrique de l’Institut Montaigne. © AM/AP.P
L’Accord de Cotonou, qui régit les relations politiques, économiques et financières entre l’UE et 48 pays d’Afrique subsaharienne expire le 29 février 2020. L’institut Montaigne vient de publier un nouveau rapport sur ce sujet, fruit d’une année de travail et de la rencontre de quelque quatre-vingts responsables africains et européens, interrogés sur les relations entre les deux continents. Jean-Michel HUET nous présente ici une synthèse de la contribution au débat produite par le groupe de travail Afrique de l’Institut Montaigne, dans le contexte des négociations en cours pour le renouvellement de l’Accord de Cotonou.

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Une contribution de Jean-Michel HUET
Associé chez BearingPoint,
Membre du groupe de travail Afrique de l’Institut Montaigne

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L’étude présente douze recommandations que nous pourrions synthétiser autour de quatre grands thématiques

I - Renforcer les relations institutionnelles

Tout d’abord, il paraît essentiel de renforcer les relations institutionnelles entre les deux continents via notamment L’Union Africaine et l’Union Européenne. Ces relations institutionnelles sont la base de ce partenariat et doivent s’inscrire dans une vision commune de la place des deux continents dans le monde. Cette vision partagée doit avoir comme cadre les ODD et s’inscrire dans une logique de suivi continu. Les institutions doivent s’engager à renforcer l’environnement des affaires et cela bien des deux côtés c’est-à-dire tant pour les entreprises européennes en Afrique que les africaines en Europe. Les dimensions juridiques et arbitrages sont au cœur du dispositif. Les relations institutionnelles passent aussi par des retours d’expérience de ce qui a marché et n’a pas marché au sein de l’UE pour faire bénéficier l’UA de cette expérience sur par exemple la notion de subsidiarité ou bien encore application par tous des règles régionales de tarification douanière et de libre circulation des biens, des personnes et des capitaux au sein de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA).

II - Trois secteurs essentiels à renforcer

Second grand axe : un renforcement des actions économiques dans les secteurs clés. Trois secteurs sont essentiels. Celui des infrastructures où une vraie offre européenne intégrée publique-privée fait sens ; celui de l’industrie sur le terrain africain pour favoriser le développement de chaînes de valeurs locales pouvant aller jusqu’à l’exportation ; celui de l’agriculture qui regroupe encore 60 % des actifs africains et devrait bénéficier du savoir-faire européen

III - Financer le développement

Le troisième axe concerne le financement du développement. Ce financement passe par exemple par le renforcement de la mobilisation des ressources domestiques africaines avec un travail à mener sur la fiscalité africaine moins concentrée, plus efficace en termes de collecte d’impôt en s’appuyant tant sur les outils numériques que sur l’insertion dans le formel d’une partie informelle de l’économie. La question du financement concerne aussi la « blending finance » système hybride associant ressources publiques et privées, sur la conception amont des projets, les financements en monnaie locale et les projets les plus risqués souvent délaissés par ce type de financement et pourtant susceptibles des plus forts effets d’entraînement sur l’économie.

IV - Renforcer le capital humain

Enfin, le quatrième axe est celui du capital humain à renforcer. La formation est l’un des réponses à cet enjeu. Allouer des financements européens conséquents à la formation, en particulier à la formation technique (productivité pour le milieu agricole, agents de maîtrise dans l’industrie et les services, mise en œuvre des politiques dans l’administration), à la formation des formateurs, pour un meilleur effet de levier et à la formation professionnelle est un des leviers majeurs d’un partenariat Afrique-Europe.
Le renforcement de l’assistance technique va aussi dans ce sens et notamment en favorisant non pas un simple transfert de compétence mais bien une véritable acquisition !
Enfin, l’accès à l’information est un enjeu pour les entreprises tant européennes qu’africaines, et notamment les ETI-PME. Pour cela plusieurs moyens doivent être mis en place : guichet unique simple pour les financements et les garanties, plateforme d’information pour partager les bons contacts, les bonnes données, les bons relais.

Ces quatre grands domaines de partenariats entre l’Afrique et l’Europe sont la base d’une réponse concertée. Ils nécessitent avant tout une volonté politique commune à la fois au sein de l’Union européenne et de ses États-membres et au sein de l’Union africaine et des États-membres. Chacune des parties devra faire un pas vers l’autre en se basant sur des valeurs, des enjeux et des ambitions communes.

Le nouveau partenariat entre l’Europe et l’Afrique serait un exemple fort de ce que deux continents pourraient réussir ensemble. Pour les 500 millions d’Européens et plus d’un milliard d’Africains, ni l’Europe ni l’Afrique n’ont intérêt à échouer. Au cours des trente années qui viennent, l’Afrique va voir sa population grandir de l’équivalent de la France tous les deux ans. Un tel enjeu nécessite un partenariat particulier mais sérieux. C’est l’enjeu des prochains mois avec une étape clé en France lors du sommet Afrique-Europe de Bordeaux, qui sera à n’en pas douter un moment important dans cette refonte de la relation des deux continents, à l’avenir si proche.

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LIENS UTILES

- À télécharger librement : « Europe-Afrique : partenaires particuliers » (Rapport de l’Institut Montaigne, Paris, juin 2019)

- Accord de Cotonou

- Institut Montaigne

- BearingPoint

ARTICLE LIÉ À L’AUTEUR :

Jean-Michel HUET (BearingPoint) : « Le téléphone mobile est un élément clé
de l’inclusion financière en Afrique »
Interview, décembre 2018.

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