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Jawad Kerdoudi, Président de l’IMRI, à Dakhla : « Le Maroc a un rôle régional structurant pour la coopération sud-sud en Afrique »

21 mars 2018
Jawad Kerdoudi, Président de l’IMRI (Institut Marocain des Relations Internationales). © DR
Le IVe Forum Crans Montana de Dakhla, du 15 au 20 mars, a rassemblé plus de 3 500 participants dont 43 organisations internationales et régionales, et des représentants de haut niveau de 162 États. Le thème central de cet événement international, « L’Afrique et la coopération sud-sud », a donné l’occasion de mettre en exergue le rôle structurant du Royaume alaouite au niveau régional.

Une Tribune Libre de Jawad KERDOUDI
Président de l’IMRI
(Institut Marocain des Relations Internationales)

Le Maroc joue en effet un rôle structurant au niveau régional, grâce au Roi Mohammed VI qui a été l’instigateur de la politique africaine du Maroc.
Dès le départ, il a considéré l’Afrique comme constituant la profondeur stratégique du Royaume. Le cadre de coopération entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne, riche et en constante évolution, a été privilégié par rapport à l’Afrique du Nord dont l’Union du Maghreb Arabe est en panne, tandis que les opportunités avec l’Égypte restent limitées.

Plus de 1 000 accords de coopération
signés avec quelque 40 pays

Depuis l’an 2000, Mohammed VI a effectué plus de 50 visites en Afrique subsaharienne. Il est toujours accompagné d’une « Task Force » composée de ministres, de techniciens et de dirigeants des grands entreprises publiques et privées. Les visites royales ont concerné tout d’abord les pays de l’Afrique de l’Ouest pour des raisons de proximité géographique, historique, religieuse et linguistique (Afrique francophone). Elles se sont étendues ensuite à l’Afrique Centrale et de l’Est ainsi qu’à Madagascar. Plus de 1 000 accords de coopération ont été signés par le Maroc avec une quarantaine de pays africains. Le Maroc a également annulé la dette des pays africains les moins avancés et leur a accordé des préférences commerciales.

25 000 immigrés clandestins régularisés en 2014

Afin de financer l’aide au développement pour les pays d’Afrique subsaharienne, le Maroc accorde un budget de 300 millions de dollars par an. Sur le plan éducatif, le Maroc accueille 16 000 étudiants africains, dont 8 000 bénéficiant de bourses par le biais de l’Agence marocaine de coopération internationale.

La dimension spirituelle a été également mise en œuvre par la création en 2015 de l’Institut Mohammed VI pour la formation des imams, afin de lutter contre l’extrémisme religieux, et 700 étudiants africains y suivent des cours. Le Maroc ne manque pas d’apporter une aide humanitaire chaque fois qu’un pays africain est victime de catastrophes naturelles.

Le Maroc participe également à plusieurs missions de l’ONU de maintien de la paix en Afrique. Au niveau de l’immigration, le Maroc est passé du stade d’un pays de transit à celui d’un pays de résidence. C’est ainsi qu’en 2014, 25 000 immigrés clandestins, dont des Africains ont été régularisés. Le Roi Mohamed VI, leader de l’Union africaine sur la question de l’immigration, a proposé un agenda africain pour la migration, qui recommande la création d’un Observatoire de la migration et la désignation d’un Envoyé spécial de l’Union africaine chargé de cette problématique.

Des échanges économiques en forte hausse

Afin de lutter contre les effets dévastateurs des changements climatiques notamment vis-à-vis de l’Afrique, le Maroc a organisé la COP22 à Marrakech et le premier Sommet africain de l’Action, qui a décidé d’accorder la priorité au développement du Sahel. De même a été lancé le programme "AAA" (« Adaptation de l’Agriculture en Afrique ») pour assurer la sécurité alimentaire du continent et le programme « Ceinture bleue » pour lutter contre le réchauffement des océans.

Sur le plan économique, plusieurs Conseils d’affaires Marocco-Africains ont été mis en place, et plusieurs forums économiques ont été organisés, tant au Maroc que dans d’autres pays africains. C’est ainsi que les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne ont progressé de 9,2 % entre 2008 et 2016.

Au niveau des investissements, le Maroc est classé 1er investisseur africain en Afrique de l’Ouest et second investisseur en Afrique subsaharienne après l’Afrique du Sud. Les secteurs concernés par les investissements marocains sont les banques,les télécoms, les assurances, l’eau et de l’électricité, l’immobilier et le BTP. Parmi les grands projets initiés par le Maroc, on peut citer le Gazoduc africain atlantique (du Nigeria au Maroc) et la construction d’usines de fertilisants à partir du phosphate marocain. Pour s’intégrer davantage à son continent, le Maroc a opéré son retour à l’Union africaine le 30 janvier 2017 et a demandé son adhésion à la CEDEAO.

Ainsi, par la coopération multiforme qu’il a instaurée avec les pays africains, le Maroc montre un parfait exemple de coopération Sud-Sud.

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