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CMAAP 4-JICA-TICAD- F.-X. BELLOCQ, Directeur-adjoint AFRIQUE de l’AFD : « La coopération AFD-JICA en Afrique porte notamment sur le développement durable, la santé et la sécurité »

2 juillet 2022
CMAAP 4-JICA-TICAD- F.-X. BELLOCQ, Directeur-adjoint AFRIQUE de l'AFD : « La coopération AFD-JICA en Afrique porte notamment sur le développement durable, la santé et la sécurité »
François-Xavier BELLOCQ, Directeur-adjoint du département AFRIQUE de l’AFD, lors de son intervention à la CMAAP 4, à Paris le 28 juin 2022. © Frédéric Reglain
Panélisite de la Conférence mensuelle des Ambassadeurs africains de Paris (CMAAP 4) dédiée à la TICAD, le Directeur adjoint du département Afrique de l’AFD a évoqué la coopération encore modeste avec la JICA, laquelle est cependant « un partenaire important » par « la convergence » d’objectifs partagés. Il s’est aussi attaché à détailler les nombreux outils déployés par l’AFD en soutien à l’entrepreneuriat africain.

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Une contribution de François-Xavier BELLOCQ
Directeur-adjoint du département AFRIQUE de l’AFD

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« Je voudrais en premier lieu rappeler notre investissement pour l’Afrique qui représente 43 % des engagements du groupe AFD en 2021 (5,3 Md€) et 73 % des contributions financières de l’État français.

La JICA est un partenaire important pour l’AFD, nous partageons un grand nombre d’objectifs sectoriels (climat, biodiversité, développement urbain durable, renforcement des systèmes de santé…) et géographiques.

Cette convergence entre les objectifs de la France et du Japon en matière de développement s’observe une nouvelle fois dans la vingtième reconstitution de l’Association internationale de développement débutant le 1er juillet 2022 pour une durée de trois ans, dont le Japon est historiquement le deuxième plus important contributeur, et la France le cinquième.

Les cinq priorités qui orienteront les 93 milliards de dollars (USD) annoncés seront : le capital humain, le climat, les genres, les pays fragiles et en crise et l’emploi ; ces fonds concerneront en priorité l’Afrique, qui concentrait déjà 70 % des engagements dès 2021.
Le partenariat entre l’AFD et la JICA est traditionnellement centré sur l’Asie avec un intérêt commun pour l’Indopacifique ; en atteste la signature à Tokyo, le 26 juin 2019, d’un accord de partenariat, lequel prévoit de renforcer la coopération dans cette région notamment sur la réduction des risques et des catastrophes et sur l’adaptation au changement climatique.

Mais cette collaboration existe aussi en Afrique avec notamment le plan de coopération franco-japonais sur le développement durable, la santé et la sécurité en Afrique (signé en 2015). La collaboration la plus structurée concerne aujourd’hui la Côte d’Ivoire, où l’AFD et la JICA coordonnent leurs activités dans le cadre d’un mémorandum de coopération (signé en 2016), dans le secteur de la ville durable à Abidjan.

L’AFD et la JICA se concertent étroitement dans la mise en œuvre et l’instruction de projets dans les domaines des infrastructures de transport, l’identification de projets dans le secteur de l’assainissement et un dialogue sectoriel renforcé sur le développement urbain et la santé.
Enfin, la JICA est un membre actif du International Development Finance Club (IDFC), présidé par le Directeur général de l’AFD, et fait partie du comité de pilotage du club. Elle est très active dans le cadre de nombreux groupes de travail (finance climat, biodiversité…) et a récemment lancé un benchmark sur les activités des membres ciblant les réfugiés.

L’engagement AFD en soutien
aux entreprises africaines

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Aujourd’hui je me réjouis que nous puissions explorer ensemble de nouvelles opportunités de collaboration dans le but de soutenir l’émergence et la croissance des entreprises africaines.
Je ne doute pas que notre collaboration nous aidera à répondre aux grands enjeux de résilience face aux crises, que ce soit la crise sanitaire que nous devons affronter ensemble avec le COVID-19, ou encore apprendre à faire face à l’impact de la crise liée au conflit russo-ukrainien qui aura des répercussions sur la sécurité alimentaire, les prix de l’énergie et une inflation entraînant la hausse de la grande pauvreté en particulier en Afrique.

Ainsi, je vous remercie de me donner l’occasion de vous présenter, ici, les engagements du Groupe AFD dans le financement des entreprises africaines.

Une vue de la salle de conférences de l’Académie des Sciences d’outre-mer. © Frédéric Reglain
On associe souvent l’Agence Française de Développement au financement des États et des politiques publiques au sens large, mais le Groupe AFD – c’est-à-dire l’Agence historique, sa filiale dédiée au secteur privé PROPARCO et Expertise France qui a rejoint le groupe AFD début 2022 –, dispose de toute une palette d’interventions et d’outils financiers (subvention, prêt, garanties, prises de participations) pour appuyer le tissu économique africain.

De fait, le soutien aux petites et moyennes entreprises en particulier est un puissant levier de développement et en Afrique le constat est d’autant plus vrai que de nombreux pays font face à une forte croissance démographique ; or, cette jeune population est en attente d’emploi et d’opportunités économiques.

De plus, la pandémie a révélé des faiblesses structurelles de certaines économies africaines qui ne sont pas suffisamment diversifiées et dépendent des exportations de matières premières (en Afrique centrale et australe, par exemple) ou bien du tourisme (Cap Vert, Maroc). Investir dans le tissu économique permet aussi de diversifier celui-ci et de renforcer sa résistance aux chocs.

En 2021 ce sont 55 % des engagements du Groupe AFD, donc plus de la moitié, qui étaient dédiés au secteur non-souverain, au premier rang duquel on retrouve les entreprises privées avec 2,3 milliards d’euros d’engagements, juste pour l’année 2021.

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Les trois niveaux
d’action du Groupe AFD

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Mais les financements ne sont qu’un moyen, dont la pertinence dépend aussi de la qualité des dialogues de politique publique que l’on peut conduire avec nos États partenaires, pour créer le cadre institutionnel propice à l’essor économique.

À ce sujet, l’action du Groupe AFD se situe sur trois niveaux :

• Tout d’abord au niveau micro, dans le soutien à l’entrepreneuriat, nous avons lancé des solutions pour appuyer, au stade d’amorçage, les entreprises.

L’initiative Choose Africa portée par PROPARCO propose aux jeunes pousses africaines un financement et un accompagnement adaptés aux phases amont de leur développement. Nous apportons des financements sous forme de prêts ou de garanties à des institutions financières locales pour accroître l’accès au crédit des TPE/PME, ou bien des investissements en capital et enfin de l’accompagnement technique.

L’initiative Choose Africa a été lancée en 2018 pour concrétiser l’engagement de la France auprès des start-up, des TPE et des PME africaines. Après trois ans d’existence, elle a permis d’engager 3 milliards d’euros de financement au bénéfice de 26 000 entreprises dont 2 500 bénéficieront aussi d’un accompagnement technique.

Autre exemple cette fois-ci dans le secteur de l’innovation, dont la pandémie a accéléré le développement. Le Groupe AFD s’y engage avec des outils dédiés comme Digital Africa, qui mobilise 130 millions d’euros pour accompagner les start-up africaines, avec l’objectif d’identifier les jeunes pousses les plus prometteuses et les entrepreneurs africains qui proposent des solutions numériques au service de l’économie réelle, et d’accompagner la croissance et la trajectoire de ces jeunes pousses, dans des secteurs comme la santé, l’agriculture, ou la lutte contre le réchauffement climatique…

On peut aussi mentionner l’initiative FISEA+, une enveloppe de 210 M€ qui soutient la création et le développement des PME en Afrique, avec des objectifs d’investissement spécifiques sur les pays fragiles, les entreprises sociales et solidaires et les PME intégrant l’innovation numérique. Elle vise également à accroître l’attractivité des fonds cibles, et à attirer ainsi les investissements privés. Les principaux effets attendus du projet sont le soutien de 270 PME en Afrique et la création ou le maintien de 60 000 emplois, dont 13 000 pour les femmes.

Mais le besoin d’accompagnement au niveau micro n’est pas seulement financier, et le Groupe AFD développe donc d’autres appuis, comme le Social & Inclusive Business Camp, mis en œuvre par le Campus AFD. Il s’agit d’une formation de quelques mois destinée aux jeunes entrepreneurs africains, dans leur passage à l’échelle, la mesure de leur performance sociale et leur préparation à la levée de fonds. Depuis 2017, 240 entrepreneurs africains ont bénéficié de cette formation par le Campus AFD.

• Le deuxième niveau d’intervention pour le Groupe AFD est financier. À travers notre filiale PROPARCO, nous soutenons le renforcement du tissu économique africain et la création d’emplois, par l’accompagnement d’institutions financières variées (Institutions de microfinance, banques) qui interviennent en financement direct ou indirect des entreprises.

L’objectif de PROPARCO est aussi d’orienter les flux de financements privés vers les objectifs de développement durable, et son action se concentre sur les secteurs clés du développement : les infrastructures, les énergies renouvelables, l’agro-industrie, les institutions financières, la santé, l’éducation… En 2021, PROPARCO a consacré 1,2 milliard d’euros de financements en direction du secteur privé en Afrique.

• Enfin, les interventions du Groupe AFD peuvent aussi viser l’ouverture d’un dialogue sur les politiques publiques, dans le but d’accompagner les États dans leur transition économique et financière, par la mise en œuvre de réformes macroéconomiques.

Par exemple : renforcer l’efficience et la transparence de la gestion publique, optimiser les modalités de financement des infrastructures, mettre en œuvre des réformes pour la stabilité et l’attractivité économique... Toutes ces mesures visent à établir un cadre économique plus propice aux investissements et d’entrevoir un développement plus durable. C’est par exemple, ce que l’AFD met en œuvre en Angola, avec un prêt de 200 M€ octroyé en ce début d’année pour appuyer des réformes macroéconomiques, dans le but de rendre l’économie angolaise plus attractive et de la diversifier.

Ce dialogue se tient aussi à l’échelle régionale. On peut citer par exemple le soutien à la zone de libre-échange continentale africaine. La ZLECAf vise, à travers la création d’un marché unique pour les marchandises et les services, à approfondir l’intégration du continent africain et accélérer son développement socio-économique.

L’AFD appuie ce dialogue politique régional au service du développement durable. À travers une assistance technique de 1,50 M€ à l’Union Africaine, mise en œuvre par Expertise France, nous apportons un soutien direct à la ZLECAf dans les négociations : des règles d’origine, des droits de propriété intellectuelles, de la concurrence et des protocoles e-commerce ; et un deuxième volet dédié au soutien des TPE/PME pour qu’elles puissent être davantage intégrées dans les chaînes de valeur et le système commercial régional et mondial.

De gauche à droite, sur la photo : François-Xavier BELLOCQ, Directeur-adjoint du département Afrique de l’AFD ; SE M. Junichi IHARA, ambassadeur du Japon à Paris ; Mme Christine JOUAN-BRUNEAU, Présidente de Femmes de Demain ; (?) ; Ferdinand BLEKA, Président international Afrijapan ; Mme Mouna BENNANI, Présidente de l’association « ASLI des femmes, une tradition ». © Frédéric Reglain.
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