Issouf Ag MAHA, écrivain nigérien / « Au Mali, après la chute de Kidal, le pouvoir de la junte est au bord de l’effondrement »
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Une contribution de
Issouf Ag MAHA
Écrivain nigérien
Rouen, le 26 Avril 2026
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Le 14 novembre 2023 la junte au pouvoir à Bamako a fêté en grande pompe ce qu’elle appelait l’événement historique du siècle : La reprise de Kidal. Les velléités d’autodétermination des populations azawadiennes sont à leurs yeux désormais reléguées au rang des rêves chimériques.
Cette reconquête avait été présentée comme le retour de l’État dans une ville hautement stratégique et longtemps considérée comme le bastion des mouvements armés Touaregs. Kidal représentait alors bien plus qu’un simple territoire : elle incarnait un enjeu de souveraineté, d’autorité nationale et de contrôle symbolique du nord malien.
Après cette reprise, l’armée malienne, appuyée par ses alliés russes, a renforcé sa présence dans la région. Cette période a été marquée par de nombreuses exactions et exécutions sommaires des populations civiles, de destructions d’infrastructures locales et d’atteintes au tissu économique et social. Dans un contexte de guerre prolongée, les tensions entre l’État central, les groupes armés Touaregs et les populations locales se sont encore aggravées, alimentant un climat de méfiance et de radicalisation. Le Mali est devenu un pays plus enclin à éliminer qu’à protéger.
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Le 25 avril 2026,
le FLA a repris Kidal
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Le 25 avril 2026, un épisode majeur semble ouvrir une nouvelle phase du conflit : les combattants du Front de Libération de l’Azawad (FLA) ont revendiqué dès le matin la reprise effective de Kidal. Cette reconquête représente à l’évidence un choc politique et militaire considérable pour Bamako. La perte de Kidal remettrait en cause le récit de la victoire de 2023 et remet sur la table la question de l’indépendance de l’Azawad.
C’est sans doute une évolution qui annonce un tournant décisif de l’histoire malienne car elle n’est pas seulement une victoire militaire, mais aussi un message politique fort sur la persistance de la question touarègue malgré les offensives militaires successives.
Les accords ayant facilité le retrait des troupes russes de Kidal dès le dimanche 26 Avril et le traitement humanisé des prisonniers de guerre en disent long sur la maturité politique de l’armée azawadienne qui tient désormais à jouer sa partition dans le concert des nations civilisées.
Cependant, l’avenir dépendra très certainement de plusieurs facteurs : la suite des événements à Bamako où le pouvoir actuel est au bord de l’effondrement et les capacités du prochain régime à tirer les leçons du passé.
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Kidal, ville symbole
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En effet, Kidal a toujours été le centre nerveux d’une lutte qui dépasse largement le cadre local. Son contrôle continue de symboliser la confrontation entre deux visions du Mali : celle d’un État central fort, indivisible et répressif, et celle de mouvements qui revendiquent reconnaissance, autonomie et dignité pour le peuple. Le destin de Kidal pourrait donc, une fois encore, influencer celui de tout le pays.
De 1963 à 2026, le Mali s’est malheureusement illustré, par une hostilité systématique envers les populations touarègues et arabes. Contrairement à d’autres pays sahéliens où ces communautés font partie intégrante de la nation et participent à la vie politique et sociale, le Mali a souvent répondu à leurs revendications par la répression, la violence et, dans bien des cas, par des pratiques assimilées à une véritable épuration ethnique.
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« Peut-on encore parler
de République du Mali ? »
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À chaque crise, le même réflexe semble se répéter : considérer ces populations comme un ennemi intérieur à éliminer plutôt qu’un citoyen à protéger. Des massacres, des déplacements forcés, des disparitions et la destruction des moyens de subsistance ont marqué plusieurs générations. Cette logique de suspicion permanente et de violence d’État a profondément brisé la confiance entre ces populations et le pouvoir central.
Un pays qui fonctionne sur l’exclusion, la stigmatisation et l’élimination de certaines composantes de son propre peuple peut difficilement revendiquer les valeurs d’une véritable République. Une République se fonde sur l’égalité, la justice et la protection de tous ses citoyens, sans distinction d’origine ou d’identité. Lorsque ces principes sont bafoués de manière répétée, le mot “République” perd tout son sens.
L’histoire du Mali, depuis les indépendances, pose donc une question fondamentale : peut-on encore parler de République lorsqu’une partie de la population vit sous la menace permanente de l’effacement politique, social et parfois physique ?
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« Les puissances extérieures
doivent observer la neutralité »
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Aujourd’hui, la situation s’inscrit dans une dynamique de recomposition politique profonde, marquée par l’effondrement progressif du régime central à Bamako et l’émergence d’acteurs aux intérêts divergents. Dans ce contexte incertain, les rapports de force évoluent rapidement, entre autorités de transition, groupes armés, acteurs locaux et influences extérieures, chacun poursuivant ses propres agendas.
Dans cet environnement fragmenté, la question de la sécurité des populations civiles, notamment dans la région de Azawad, demeure centrale. Historiquement exposées à des cycles de violences, d’exactions et de marginalisation, ces populations se retrouvent une nouvelle fois au cœur des recompositions en cours.
Si le Front de Libération de l’Azawad (FLA), peut percevoir dans la situation actuelle une opportunité stratégique, il est essentiel que toute action entreprise privilégie avant tout la protection des civils et prévienne à l’avenir de nouvelles spirales de violence. L’enjeu dépasse en effet les seuls rapports de force militaires : il s’agit de poser les bases d’un ordre politique parrain où l’Azawad va pouvoir assurer sa propre sécurité, son propre développement et son propre avenir. Les dés sont désormais jetés et les puissances extérieures, somme toute responsables de ces tragédies, doivent pour une fois observer la neutralité. Ceux qui ont toujours volé au secours du Mali contre l’Azawad sont les véritables responsables des malheurs des populations du Nord-Mali.
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La XXIIe Conférence des Ambassadeurs de Paris (CAP 22)
se tiendra en deuxième quinzaine du mois de mai
Thème : Focus sur les atouts économiques de la Tunisie
Avec la participation confirmée de Son Excellence
M. Dhia KHALED, Ambassadeur de la Tunisie en France
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Plus d’informations prochainement.
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