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XIes Rencontres Internationales des PPP (Paris, 21-22 mars 2018)

Ibrahima Kassory Fofana, ministre d’État de Guinée : « Les PPP sont la bonne réponse à nos besoins d’investissement en Afrique »

24 mars 2018
Ibrahima Kassory Fofana, ministre d’État de Guinée, lors de son intervention aux XIes Rencontres Internationales des PPP (Paris, 21-22 mars 2018). À sa gauche : Marc Teyssier d’Orfeuil, Délégué général du Club des PPP, et Moussa Mara, ancien Premier ministre du Mali. © AM/AfricaPresse.Paris
Ministre d’État, Ibrahima Kassory Fofana est en quelque sorte à Conakry un super-ministre auprès du président Alpha Condé. Depuis février 2016, cet ancien ministre de l’Économie et des Finances de la République de Guinée préside de surcroît le Conseil présidentiel chargé des questions d’Investissement et du Partenariat Public Privé. Un poste stratégique pour le développement du pays. Invité des XIes Rencontres internationales des PPP à Paris (21-22 mars), il y a fait une intervention remarquée.

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Un article de Bruno Fanucchi
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S’adressant aux investisseurs potentiels réunis à Paris, Ibrahima Kassory Fofana assure que « l’Afrique – dans sa démarche pour cerner les préoccupations du développement – a déjà fait le travail préalable pour définir les axes d’investissement dans ce qu’il convient d’appeler l’agenda 2063 ». En ce qui concerne le secteur clé des infrastructures, « cet agenda précise que le programme est axé sur les moyens de transport, sur la facilitation de communication inter et intracontinentale, et sur l’agriculture ».

Et de rappeler à tous que « le potentiel agricole et la possibilité à terme d’agrobusiness sont immenses en Afrique, car nous parlons d’un continent dont plus de 75 % de la population vit en milieu rural, ou vit de l’agriculture, alors que la contribution du secteur agricole au PIB des différents pays du Continent atteint à peine 20 % ». Démonstration est ainsi faite qu’il reste une large marge de manœuvre pour les PPP.

Un exemple : dans des pays où le gaspillage des ressources en eau est important, « la maîtrise de l’eau est une opportunité d’investissement pour garantir la productivité agricole et améliorer la santé des populations », observe le ministre. « Quand on additionne l’aide au développement, plus les programmes d’investissement public et privé, il reste encore à atteindre les 7 % de PIB par pays, nécessaires pour remplir l’objectif du millénaire, raté en 2015 et qui consistait à réduire de moitié la pauvreté sur le continent. Nous avons besoin de trouver quelque 60 à 70 milliards de dollars par an, or ni les États ni l’aide internationale n’y peuvent suffire. C’est autant de place propice aux PPP, et il est donc essentiel que nos pays s’y préparent en améliorant le climat des affaires ».

Diaspora et « grands potentiels économiques »

« Comme au sein de l’UEMOA et de l’Afrique de l’Ouest, enchaîne le ministre guinéen, nous avons fait des progrès en termes de mise en place d’un marché commun, il y a des initiatives possibles qui peuvent être accompagnées de PPP au niveau sous-régional. Mais encore faut-il trouver des PPP qui garantissent aux investisseurs privés comme aux États la sécurité de leurs investissements. »

Une vue de la salle des participants aux XIes Rencontres Internationales des Partenariats Publics Privés (Paris, 21-22 mars 2018). © AM/AfricaPresse.Paris

« Cette rencontre à Paris est très utile, car elle permet d’échanger les expériences entre nos différents États. Nous avons ainsi pu constater que nous n’avons pas le même niveau d’organisation en termes de mise en place du dispositif institutionnel, législatif et réglementaire, et cela interpelle ceux qui ne sont pas encore au rendez-vous de cette mise à niveau ».
Et le ministre d’ajouter : « L’élan des PPP est essentiel à nos économies car nos budgets nationaux connaissent tous des déficits abyssaux (…) Les PPP sont donc aujourd’hui vraiment la bonne réponse à nos besoins d’investissement, aux besoins colossaux de financement des infrastructures pour assurer le développement du Continent.

La diaspora africaine constitue – on ne l’a pas dit assez – une nouvelle piste et source de revenus car les fonds qui circulent ici et là en Europe pourraient être encouragés à se diriger vers l’Afrique, et cela grâce un effort concerté avec les gouvernements, car ces fonds ont besoin de plus de sécurité dans nos pays africains. Nous devons élargir notre réflexion afin de garantir vraiment cette possibilité d’orienter vers l’Afrique, de manière beaucoup plus efficace, les banques africaines présentes en Europe. » D’où la nécessité d’« avoir peut-être une approche régionale, car elle peut se révéler pertinente en termes de PPP ».

Et Ibrahima Kassory Fofana de conclure, s’adressant, s’adressant tant aux organisateurs qu’à la salle des participants : « C’est pourquoi votre initiative PPP peut aider les différents pays au sein des organisations sous-régionales à avancer leur réflexion sur ces questions-là.
Très satisfaite par cette démarche et votre collaboration, la Guinée est prête à vous recevoir, car nous avons de grands potentiels économiques en eau, en agriculture, en agro-industrie et miniers bien sûr pour supporter ces initiatives PPP. »

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TOUS NOS ARTICLES sur Les XIes Rencontres internationales PPP :

XIes Rencontres Internationales des PPP (Paris, 21-22 mars 2018) - Ibrahima Kassory Fofana, ministre d’État de Guinée : « Les PPP sont la bonne réponse à nos besoins d’investissement en Afrique »

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« En Afrique, les attentes sont énormes ! »

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