Ibrahima BA, diplomate sénégalais à Paris, nous prépare une ambitieuse « Fête des Étoiles africaines »
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Entretien par Denis DESCHAMPS,
pour AFRICAPRESSE.Paris (APP)
@DjuliusD @africa_presse
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APP – Voulez-vous nous rappeler votre parcours ?
Ibrahima BA – Natif de Tambacounda, commune de Konssana, j’ai maintenant 45 ans et 4 enfants. Après des études de lettres à l’UCAD, je suis un diplomate sénégalais, en situation de mise à disposition jusqu’en avril 2026. J’étais avant cela en poste à la direction des conventions internationales du ministère sénégalais des affaires étrangères, et auparavant à la délégation du Sénégal à l’UNESCO à Paris.
Je suis aujourd’hui le Président de l’amicale des agents du ministère des affaires étrangères sénégalais et, en tant que spécialiste en intelligence stratégique, à la tête de l’Observatoire international de la diplomatie territoriale (OIDT) qui organisera le 21 mai 2026, à la Mairie du XVIe arrondissement à Paris, un nouveau Forum de « Dialogue des territoires », avec la Tunisie comme invité d’honneur.
Aussi, depuis peu, j’ai été désigné secrétaire exécutif du FIET – Festival international des étoiles 2026 –, qui a pour ambition de constituer la base d’influence d’un réseau d’artistes africains et également d’hommes d’affaires (1) sur les deux continents, Afrique et Europe.
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APP – S’agissant de vos projets, que pouvez-vous nous dire ?
Ibrahima BA – Comme je viens de le préciser, je viens d’être désigné secrétaire exécutif du FIET qui se tiendra fin novembre 2026 à Paris, dans des lieux prestigieux que nous indiquerons prochainement. Le FIET existe depuis vingt-et-un ans, organisé depuis son origine à Kinshasa (RDC), avant que la décision soit prise de faire sa prochaine édition à Paris, où nous comptons réunir les représentants de 26 pays africains pour cette XVIe édition du FIET.
Bien entendu, la RDC sera l’invitée d’honneur de cette édition parisienne qui rassemblera des entreprises et des personnalités de la culture de 26 pays, pour un échange positif pouvant ressouder la relation entre la France et l’Afrique. À l’issue du FIET 2026, nous devrions ainsi signer un manifeste en ce sens.
De fait, le FIET est un festival transcontinental, qui a pour ambition de réunir l’ensemble des acteurs économiques et culturels d’Afrique et également d’Europe. Nous voulons ainsi « bâtir des ponts » entre les deux continents, autour de la musique et de l’économie, mais également organiser dans ce cadre des conférences thématiques sur des sujets techniques comme les droits d’auteur et les droits voisins.
Je m’attache donc maintenant à conclure des partenariats avec toutes les structures et tous les acteurs que je rencontre et qui pourront contribuer au succès du FIET 2026. Je coordonne également aujourd’hui la mise en place d’une plateforme pouvant renforcer les synergies entre la France et l’Afrique, entre acteurs culturels et économiques.
Aussi, je compte organiser bientôt la communication sur le FIET, au travers d’une conférence qui devrait être organisée fin mars 2026 par la délégation de RDC à l’UNESCO auprès de nos partenaires et sponsors.
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APP – Quel est votre point de vue sur la question des diasporas africaines en France ?
Ibrahima BA – Le sujet des diasporas africaines reste délicat, d’autant que se sont récemment multipliées les organisations qui se disent représentatives. J’en veux pour preuve la diaspora sénégalaise, que je connais mieux que d’autres en France, et dont les quelques 300 000 membres (en partie des binationaux) sont en fait organisés par zones géographiques au Sénégal. En d’autres termes, il n’y a pas à ce jour d’organisation faîtière qui nous permettrait de parler d’une seule voix.
Pour cela, nous devons organiser prochainement un Forum à Paris, en lien avec la Fédération des étudiants sénégalais en France et d’autres structures. Aussi, je pense que nous devons aller plus loin et mettre en place une véritable structure fédératrice des organisations des diasporas en France.
Cependant, par rapport à cela, nous devons veiller à mettre de côté des organisations qui font uniquement de la politique et créent aujourd’hui le problème entre la France et leurs pays d’origine. De ce point de vue, nous devons interagir avec les autorités diplomatiques qui sont en France, pousser à la dématérialisation des procédures et nous assurer que notre volonté d’être unis soit bien partagée par tous.
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APP – Le Maroc, le Sénégal… et l’Afrique ?
Ibrahima BA – La XVe commission mixte et le Forum économique maroco-sénégalais se sont tenus en janvier dernier, à Rabat et à Casablanca (Maroc). Nous étions alors dans un contexte post-CAN 2025 qui a quelque peu égratigné la solidité du partenariat entre la Sénégal et le Maroc, fondé sur la coopération Sud-Sud et la confiance politique.
Notre souhait commun est en effet de pouvoir renforcer l’intégration africaine et de promouvoir les échanges économiques et commerciaux intra-africains (2), sachant que les relations entre nos pays sont marquées par une réelle profondeur historique fondée sur des échanges spirituels, humains et culturels. Je citerai pour exemple la confrérie « Tidjane » au Sénégal dont les fidèles se rendent chaque année par milliers à Fès pour un pèlerinage au mausolée de Cheikh Ahmed Tidjane.
Notre fraternité avec le Maroc est donc ancienne et reste solide et durable, même si la finale de la CAN peut avoir généré de l’exaspération de part et d’autre. Nous avons de fait des intérêts communs en Afrique de l’Ouest qui font que ce qui nous unit doit être considéré comme plus important que ce qui peut nous diviser, surtout quand cela repose sur de l’émotionnel, comme avec le football. Espérons donc que les Jeux Olympiques de la Jeunesse, prévus à Dakar en novembre 2026, se conformeront à notre souci d’harmonie et de bonne entente.
À cet égard, je dois souligner la place prise par le Maroc dans notre secteur bancaire avec Attijariwafa Bank et aussi le fait que près de 7 000 Maghrébins, en majorité Marocains, font aujourd’hui leurs études de médecine à Dakar.
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APP – Votre mot de la fin ?
Ibrahima BA – Mon ambition est que le FIET soit une réussite et se poursuive au-delà de cette XVIe édition parisienne, en alternance entre la France et l’Afrique. Aussi, nous voulons nous fonder là-dessus pour développer les flux d’investissements de part et d’autre de la Méditerranée, voire même au-delà avec des hommes d’affaires canadiens.
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1- Le FIET est porté par un journaliste congolais (RDC) devenu homme d’affaires dans la culture et les médias, Serge Kayembe.
2 - Pour mémoire, le Maroc a été candidat à la CEDEAO.
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