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IDE 2009 : le Maghreb a reçu 8,5 Mds € et…
plutôt bien résisté à la crise !

Marseille - Casablanca - En 2009, année caractérisée par la crise économique, le montant net d’IDE annoncé vers les pays Med s’élève à 32,3 milliards d’euros, en baisse de 17 % par rapport à 2008 contre un recul de 35 % à l’échelle mondiale. L’espace Med a donc connu une moindre décrue des investissements directs étrangers comparativement à la tendance mondiale.

Dans son rapport, Anima Investment Network explique que la région Med est entrée plus tard dans la crise et semble y répondre de façon nuancée. Même si de très gros projets continuent d’être annulés, en particulier en provenance du Golfe, la proximité avec l’Europe et le besoin de compétitivité des entreprises s’intéressant au marché euro-méditerranéen favorisent l’espace Med.

« A la recherche de diversification, même les petites et moyennes entreprises considèrent le Sud proche comme un débouché possible, avec moins d’obstacles linguistiques, juridiques ou logistiques qu’avec l’Asie », analyse le rapport. Le discours sur l’Union pour la Méditerranée semble avoir également de l’effet.

La crise favorise une redistribution des flux

En fait, la baisse des IDE dans la région s’est accompagnée d’une redistribution des flux, avec un rééquilibrage au profit du Maghreb et du Machreck.

Dans les « autres pays Med », soit en Turquie, Israël, Chypre et Malte, qui ont attiré un peu moins de 13 milliards d’euros en 2009, la baisse des IDE est équivalente à la moyenne mondiale (-39 %). En revanche, le Maghreb et le Machreck résistent bien : le Machreck reste en tête avec près de 11 milliards d’euros d’IDE annoncés (contre 10 en 2008), et le Maghreb attire 8,5 milliards d’euros (contre 8 en 2008).

Dans cette dernière zone, ce sont surtout les investissements européens qui prédominent : 45 % sur 2003-2009. Ils se sont inscrits à la hausse durant la période de crise enregistrant ainsi un accroissement de 24 % en 2009.

Les projets français sont en tête avec des montants bruts annoncés de plus de 5 milliards d’euros en 2009 contre 2 milliards une année auparavant.

Parmi les plus grosses annonces, figurent le projet-phare d’usine Renault-Nissan à Tanger et plusieurs projets télécoms : modernisation des infrastructures de Maroc Telecom, filiale de Vivendi, 3e licence de téléphonie fixe et mobile remportée par Orange avec le local Divona en Tunisie et le projet pétrolier de Total et GDF Suez en Algérie.

Volontarisme industriel
et joint venture avec la CDG sauvent le Maroc

Durant cette année de crise, le Maroc a réussi d’une certaine manière à tirer son épingle du jeu. S’il enregistre une baisse proche de la moyenne régionale en termes de nombre de projets, il a très bien résisté en termes de flux nets : les montants sont passés de 2 milliards d’euros en 2008 à 3,3 milliards en 2009. Un résultat attribué au volontarisme industriel du pays qui n’a pas hésité à associer la Caisse de dépôt et de gestion, ce mastodonte, dans des joint-ventures pour différents projets stratégiques.

C’est le cas par exemple de l’usine Renault de TangerMed, de la zone franche de Kénitra avec le logisticien espagnol Edonia World ou encore les futurs complexes touristiques de Chbika, aux côtés de l’égyptien Orascom, et d’Ifrane avec la Kuwait Investment Authority. Le rapport cite MedZ, la filiale de la CDG qui reste très active dans la mise en place de zones industrielles, de clusters et autres technopôles.

L’année dernière, un portefeuille diversifié de gros projets a été annoncé au Maroc : l’usine de production de billettes à Sidi El Aïdi du britannique Liberty en joint-venture avec le groupe MIS (métallurgie), le contrat de concession remporté par l’émirati Taqa pour des centrales électriques à Jorf Lasfar, la prise de participation de Zain et Al Ajial Investment Fund dans Wana et la participation supplémentaire de Crédit Mutuel-CIC au capital de la BMCE...

Au Maroc, les deux tiers des flux d’investissements directs étrangers sont en provenance des pays européens contre le quart pour le Golfe. Les pays Med obtiennent aussi un bon score grâce aux investissements libyens dans l’immobilier (hôtels à Marrakech et Casablanca) et dans la chimie via une unité de production d’acide phosphorique à Jorf Lasfar.

Khadija MASMOUDI - L’Economiste.com
Casablanca, le 10 juin 2010


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