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Henri Guaino : « L’Union pour la Méditerranée
reste un combat… mais elle est relancée ! »

13 juillet 2009 | src.El Watan
Paris - Un an après sa naissance le 13 juillet 2008 à Paris, l’Union pour la Méditerranée demeure un « combat quotidien », estime Henri Guaino, conseiller spécial du président Nicolas Sarkozy et inspirateur de l’UPM.
"Nul n’ignorait quand on l’a lancée qu’on se heurterait à tous les conflits, à toutes les fractures qui divisent le monde méditerranéen. C’est d’ailleurs aussi pour ça qu’on l’a faite", a-t-il déclaré dans une interview à Reuters. Mais l’UPM, dont l’objet est de développer la coopération euro-méditerranéenne autour de projets concrets, "est toujours vivante et personne n’a envie de l’enterrer", a-t-il ajouté.
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Henri Guaino, conseiller spécial
du président Nicolas Sarkozy,
et inspirateur de l’UPM - © DR

Pour imposer l’UPM, Nicolas Sarkozy avait dû vaincre les réticences de certains de ses partenaires européens, dont l’Allemagne, et de pays arabes qui voyaient d’un mauvais œil Israël s’asseoir à la même table qu’eux.

Aujourd’hui encore, nombre de diplomates se montrent sceptiques sur l’avenir de l’UPM, qui réunit 43 pays, dont les 27 membres de l’Union européenne, Israël, la Palestine et les pays arabes du bassin méditerranéen, à l’exception de la Libye.

L’intervention israélienne à Gaza fin 2008-début 2009 a bien failli leur donner raison en bloquant pendant six mois le processus politique de construction de ce nouvel ensemble.

Les projets se relancent après Gaza

Henri Guaino, qui dirige la mission Union pour la Méditerranée auprès de l’Elysée, veut plus que jamais croire, pour sa part, à l’avenir de son « bébé ».
« On ne lui donnait pas beaucoup de chances mais il a survécu à toutes les épreuves, il grandit et il s’installe dans le paysage », estime le conseiller spécial du président français.

« S’il a été impossible de réunir les ministres et les diplomates pendant la crise de Gaza, aucun des pays membres n’a demandé à sortir de l’Union et tout le monde a continué à travailler sur les projets », fait-il valoir.

Quelque 200 projets en matière de développement durable, notamment d’énergie solaire, ont ainsi été étudiés en juin à Paris par les ministres chargés de l’environnement, dont ceux d’Israël et de Palestine. Les bailleurs de fonds se sont alors engagés sur près de 23 milliards d’euros de crédits.

C’était la première réunion ministérielle de l’UPM depuis la crise de Gaza. Elle a été suivie d’une réunion de ses ministres des Finances le 7 juillet à Bruxelles.

« Les choses reprennent progressivement », dit Henri Guaino, selon qui un projet de centre méditerranéen de la recherche scientifique est « à peu près bouclé », tandis que l’idée d’une cour arbitrale euro-méditerranéenne pour régler les conflits commerciaux et financiers fait son chemin.

Dépolitiser le fonctionnement de l’UPM

L’UPM pourrait aussi se pencher sur l’immigration, l’agriculture et l’alimentation. « Ce n’est pas tout à fait mûr mais c’est une demande », souligne le conseiller du président.
Pour lui, le problème est surtout aujourd’hui de gérer le foisonnement des projets, en l’absence d’un secrétariat général, dont il espère la mise en place d’ici fin 2009.

Les membres de l’UPM ont décidé en novembre que le futur secrétaire général, issu d’un pays du Sud, serait flanqué de six adjoints, dont un israélien et un palestinien. Interrompues par la crise de Gaza, les discussions sur les statuts du secrétariat général, dont le siège sera à Barcelone, ont repris en mai.

Le conseiller de Nicolas Sarkozy, qui n’exclut pas des initiatives de la France pour accélérer les choses, estime que la mise en place du secrétariat permettra de pérenniser l’UPM.

« Quand on aura créé le secrétariat, nommé le secrétaire général et les secrétaires généraux adjoints, on aura en partie dépolitisé le fonctionnement quotidien de l’UPM », dit-il.

« Ce n’est pas la même chose d’être invité par un secrétariat ou par deux coprésidents, qui sont des Etats et font un acte politique en signant les lettres d’invitation. La crise de Gaza, d’une certaine façon, est arrivée trop tôt », ajoute-t-il.

Ce n’est certes pas l’UPM qui règlera le conflit israélo-palestinien, ajoute-t-il. « Mais c’est une enceinte où les gens peuvent se rencontrer, apprendre à travailler ensemble et à se respecter un peu plus. »


Source : El Watan

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