Gaëlle MATONDO, dirigeante de YOMBZ : « Le diagnostic stratégique permet de maximiser les conditions de réussite des coopérations entre l’Europe et l’Afrique »
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Propos recueillis par Denis DESCHAMPS, pour AFRICAPRESSE.Paris
@DjuliusD @africa_presse
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APP – Voulez-vous d’abord nous relater votre parcours ?
Gaëlle MATONDO - Je suis née dans le Loir-et-Cher, à la fin des années 1980, deux ans après l’arrivée de mes parents à Blois en provenance de Brazzaville (République du Congo). Après une enfance heureuse, j’ai fait des études de marketing et management (en anglais) à Tours, puis j’ai effectué un stage de trois mois à Disney World, à Orlando (Floride), soit une première expérience internationale particulièrement marquante.
À mon retour en France, j’ai intégré le cabinet du Maire de Blois, où j’ai contribué au suivi des jumelages. Une opportunité professionnelle m’a ensuite conduite en Angleterre, où j’ai occupé plusieurs fonctions au sein d’entreprises internationales, notamment chez Eurostar, Heritage Capital, ArcelorMittal, Schlumberger et Ecobank à Londres.
De nouveau de retour en France en 2020, j’ai souhaité mettre à profit les enseignements tirés de mes expériences internationales. J’étais en effet convaincue que la réussite des coopérations entre l’Europe et l’Afrique reposait notamment sur une compréhension fine des réalités culturelles, humaines et professionnelles propres à chaque contexte.
C’est dans cette dynamique que j’ai créé Yombz. Cette réflexion a d’abord pris la forme d’une application consacrée à l’apprentissage des langues africaines. Mais, au fil des années, celle-ci s’est approfondie et Yombz a progressivement évolué vers le conseil stratégique. Aujourd’hui, j’accompagne les coopérations stratégiques entre l’Europe et l’Afrique grâce à une approche positive fondée sur le diagnostic stratégique, dont l’intelligence interculturelle constitue le socle.
APP - Qu’est-ce donc que ce YOMBZ ?
Gaëlle MATONDO - Je vous ai parlé d’approche positive, fondée notamment sur l’intelligence émotionnelle, la faculté à exécuter et le courage de dire « oui ». Dans le prolongement de cette attitude, j’ai progressivement développé une réflexion autour de l’intelligence interculturelle et de son rôle dans les coopérations internationales. Mes différentes expériences m’ont convaincue que les projets ne réussissent durablement que lorsqu’ils tiennent compte des réalités humaines, culturelles et professionnelles propres à chaque contexte.
Cette réflexion s’est d’abord concrétisée par la création de Yombz et d’une application dédiée à l’apprentissage des langues africaines pour les francophones débutants. Cette application constituait une première réponse à cet enjeu.
Au fil des années, le positionnement de Yombz a évolué. Aujourd’hui, le diagnostic stratégique est ainsi au cœur de son approche : il constitue un outil d’aide à la décision grâce à l’intelligence interculturelle qui lui permet de maximiser les conditions de réussite, de faciliter et de sécuriser les coopérations entre l’Europe et l’Afrique.
Ces diagnostics s’adressent aux dirigeants, entreprises, institutions et organisations qui souhaitent préparer, développer ou consolider des coopérations entre l’Europe et l’Afrique, en intégrant pleinement les réalités humaines, culturelles, économiques et organisationnelles propres à chaque contexte.
Permettant d’éclairer la prise de décision à chaque étape d’une coopération, le diagnostic peut être mobilisé avant un projet pour en sécuriser les fondations, pendant son déploiement pour lever les difficultés ou arbitrer certaines décisions, mais aussi lorsque la coopération est déjà établie afin d’identifier des leviers d’amélioration, de prévenir les risques ou d’accompagner une nouvelle phase de développement.
Le renforcement des coopérations entre l’Europe et l’Afrique repose avant tout sur une compréhension fine du terrain. C’est précisément cette connaissance contextualisée que le diagnostic stratégique fondé sur une approche interculturelle apporte aux dirigeants, entreprises, institutions et organisations qui souhaitent développer des coopérations durables entre l’Europe et l’Afrique.
Ce faisant, nous contribuons aussi au fameux « changement de paradigme » dans le relation entre la France et le continent africain…
APP – Pensez alors que les diasporas peuvent jouer un rôle dans le rapprochement France -Afrique ?
Gaëlle MATONDO - Je suis convaincue que les diasporas ont un rôle stratégique à jouer dans le développement des coopérations entre la France et l’Afrique. Grâce à leur double ancrage et aux expertises dont elles disposent, elles peuvent contribuer à construire des coopérations plus solides, plus durables et plus équilibrées. Une diaspora n’est pas là en effet pour donner des leçons, mais pour mettre son expertise au service d’une meilleure compréhension mutuelle.
À mes yeux, la diaspora n’est pas seulement un pont entre deux continents. Elle est un miroir. Non pas parce qu’elle reflète simplement deux cultures, mais parce qu’elle permet à chacune de mieux voir l’autre, et parfois de mieux se voir elle-même. Elle révèle des réalités qui échappent souvent aux acteurs de chaque côté et contribue ainsi à construire des coopérations plus éclairées.
Je préconise d’ailleurs la création d’un ministère de la Diaspora en France, capable de dialoguer avec les ministères, commissions ou institutions équivalentes qui existent déjà dans certains pays africains, ou qui pourraient être créés dans ceux qui n’en disposent pas encore. L’objectif est de disposer, de part et d’autre, d’interlocuteurs clairement identifiés, capables de construire une coopération durable dans une logique de long terme, au-delà des alternances politiques.
Les diasporas africaines participent pleinement au développement économique, social, culturel et entrepreneurial de la France et, plus largement, de l’Europe. Il faut le reconnaître.
APP – Voulez-vous nous préciser un peu plus votre démarche ?
Gaëlle MATONDO - Je ne fais pas de politique. Mon approche repose sur une logique résolument stratégique. Elle consiste à mettre en lumière les angles morts, les fragilités et les omissions qui peuvent compromettre la réussite d’une coopération entre des acteurs européens et africains. Le diagnostic stratégique que je propose permet d’objectiver ces enjeux, de clarifier les priorités et d’éclairer les décisions avant que cela ne devienne un frein au développement.
Mon parcours me permet d’aborder ces situations avec un regard singulier. Je suis à la fois hybride, biculturelle et profondément ancrée dans les réalités européennes et africaines. Mon expérience internationale, notamment dans des environnements anglo-saxons, nourrit par ailleurs aujourd’hui une approche du diagnostic stratégique destinée à éclairer la prise de décision et à sécuriser les coopérations entre l’Europe et l’Afrique.
APP - Votre mot de la fin ?
Gaëlle MATONDO - Je serais tentée de dire : pédagogie. Parce que prendre du recul est souvent le premier pas vers une meilleure décision. Et lorsqu’il s’agit de coopérations entre l’Europe et l’Afrique, cette capacité à porter un regard lucide sur une situation fait souvent toute la différence.
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DES AMBASSADEURS DE PARIS (CAP 22) :
https://youtu.be/C7cr9uTRl-A?si=CVsamwfk8kUJ1V3X
Interventions de SEM Baye Moctar DIOP,
AMBASSADER DU SÉNÉGAL À PARIS :
À partir de 04’50’’ et de 01h 52’37’’
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