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Forum annuel CDC des investisseurs en capital : l’attractivité de la France reste forte !

France | 10 septembre 2012
Paris - « Le marché du capital investissement français reste t-il attractif pour les institutionnels ? » était le thème de l’un des ateliers du Forum annuel de l’investissement organisé lundi par La Caisse des Dépôts, France Investissement et le Fonds stratégique d’investissement.
Surprise (?) : un optimisme raisonné est de mise. Parole d’experts !

Photos © Eric Durand
erj.durand [at] gmail.com

De g. à dr. sur la photo : François Thomazeau, Administrateur et DG délégué du groupe AGF ; Jean Daumet, Senior Advisor de CAAM-CI ; Jean-Philippe Burcklen, Head Equity Fund Investments (FEI) ; Pascal Lagarde, DG de CDC Entreprises et modérateur de l’atelier ; Armando d’Amico, Managing Partner d’Acanthus.

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Bien sûr, les chiffres de cette année ne sont pas bons, mais ils ne constituent en rien une éventuelle spécificité française : après plusieurs années de hausse des investissements, qui ont culminé à 24,3 Mds € en 2008, c’est l’ensemble de l’Europe qui a subi en 2009 un effondrement de ceux-ci, réduits à seulement 4,7 Mds à fin septembre, ce qui laisse envisager une fourchette de 6 à 8 Mds € au maximum pour l’ensemble de l’année. « Quasiment tous les fonds ont carrément arrêté leurs investissements, et les fonds de fonds rencontrent aussi des difficultés, c’est évidemment là une rupture majeure », souligna Armando d’Amico, Managing Partner d’Acanthus.

« Globalement, tout semble s’être arrêté en Europe et en France depuis la fin de 2008. Un tiers des fonds environ est actuellement actif », releva à son tour Jean Daumet, Senior Advisor de CAAM-CI. « Certains pourtant se lancent sur le marché, ce sont en général des fonds qui présentent déjà trois ou quatre générations de réussites. Mais, ils doivent revoir à la hausse leur calendrier de levées : il faut maintenant compter dix-huit mois minimum pour aboutir, contre moins d’un an auparavant. »

Ce constat établi, « comment les opérateurs envisagent-ils les évolutions à venir ? », interrogea Pascal Lagarde, Directeur général de CDC Entreprises et modérateur de l’atelier.

Pour Armando d’Amico, il est fort probable que nous assistions à « une forte poussée des fonds de fonds, car ce sont des investisseurs sophistiqués et bien équipés, ils fonctionnent dans tous les cas de figure. » Avec un bémol, toutefois, estime Armando d’Amico : « tous ne réussiront pas à lever les fonds nécessaires. Nous assisterons ainsi probablement à des consolidations… ».

François Thomazeau, Administrateur et DG délégué du groupe AGF, regretta pourtant « la lourdeur et la lenteurs des fonds de fonds, qui représentent une inertie certaine en phase de sortie de crise ». A contrario, Jean Daumet souligna leur rôle stabilisateur, car « ils travaillent sur des horizons de long terme, couvrant plusieurs cycles économiques ».

Un point sur lequel insista à son tour Jean-Philippe Burcklen, Head Equity Fund Investments (FEI) : « 2009 aurait été bien pire sans la contribution des fonds de fonds. C’est par eux que s’opère une reprise d’activité depuis le second semestre. »

Un optimisme mesuré

« A quelle forme de redémarrage peut-on s’attendre ? », questionna encore Pascal Lagarde.

Pour François Thomazeau, « nous sommes maintenant face à des opportunités considérables, notamment sur le marché secondaire, qui présente une décote de 50 %, mais aussi sur le marché de mezzanine ».
Se défendant d’avoir « une boule de cristal pour prévoir l’avenir », Armando d’Amico indiqua néanmoins qu’il « entrevoyait une reprise d’ici 12 à 18 mois », précisa qu’il voyait « 10 à 15 fonds aller sur le marché en 2010-2011 » – contre 5 seulement en 2008 – et répéta qu’il fallait donc s’attendre à une plus forte sélectivité, à des consolidations et peut-être à une diminution du nombre des opérateurs.

Les atouts de la France

Jean-Philippe Burcklen releva plusieurs points positifs au regard de l’attractivité de la France, « au-delà de la conjoncture » : l’état général de l’économie ; le paradoxe positif de la relative faiblesse des PME (en particulier par rapport à l’Allemagne), ce qui autorise une importante marge de progression ; le bon environnement fiscal du pays, qui nous place maintenant au 1er rang en Europe, alors que nous étions 15e en 2001.

Plus particulièrement au regard de « la profession », Jean-Philippe Burcklen en souligna aussi les points forts : un très bon niveau de professionnalisation – « tous les pays ne sont pas capables d’aligner 15 équipes de pros sur un année, loin de là » ; un système bancaire relativement solide et « pas si mauvais » ; l’impact positif des acteurs publics qui stabilisent et pérennisent le marché, contribuant ainsi à accroître l’attractivité du pays.

Un point de vue partagé par François Thomazeau, qui releva que l’offre française présente des « mécanismes originaux et intéressants, notamment les PPP », avant de déplorer l’une de ses faiblesses : le coût de l’investissement en actions, largement supérieur au coût de l’investissement en obligations, proche de zéro.

Au rang des paramètres positifs, Jean Daumet évoqua « le bon état d’esprit des entrepreneurs français, désormais très favorables au capital-investissement, ce qui n’était pas le cas naguère ».

Dernier intervenant, Armando d’Amico résuma son propos sur l’attractivité de la France en huit points, quatre défis et quatre points positifs.

Au rang des défis : la faiblesse du renouvellement des équipes (4 seulement observés en 2006, contre 14 au Royaume-Uni) ; la pertinence des valorisations ; des successions assez peu anticipées, contrairement aux usages des pays anglo-saxons et nord-européens ; une relative faiblesse sur la gouvernance et la transparence, les anglo-saxons goûtant peu certaines « structures de sponsors »…

Au positif : la consolidation du professionnalisme des métiers de l’investissement ; le professionnalisme des intermédiaires, notamment les avocats ; le fait que la France est, après le Royaume-Uni, le second marché européen pour les levées de fonds. Et enfin : « les bonnes performances historiques de la France, surtout au regard des risques…"

Ouf ! Pas si mal, donc, l’attractivité de cette France si souvent qualifiée (à tort, donc ?) de « râleuse, ingérable, toujours en grève… » !

© Alfred Mignot pour France Investissement – CDC

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