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Face à la presse parisienne, les membres du Conseil présidentiel pour l’Afrique affirment leur engagement, indépendance et éthique

12 décembre 2017
De gauche à droite, les membres du Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA) présents à la conférence de presse du 11 décembre 2017 : Yvonne Mburu, 35 ans, kényane, chercheuse et consultante en santé ; Nomaza Nongqunga Coupez, 36 ans, sud-africaine, entrepreneure culturelle ; Diane Binder, 37 ans, directrice adjointe française du département international du groupe Suez. Elle a lancé Action Emploi Réfugiés (AERé), plate-forme mettant en relation des employeurs et des réfugiés à la recherche d’un travail en France ; Jules-Armand Aniambossou, 55 ans, franco-béninois, ancien ambassadeur du Bénin en France ; Vanessa Moungar, 33 ans, directrice franco-tchadienne du département « Genre, femmes et société civile » à la Banque africaine de développement, après avoir travaillé pour le Forum économique mondial ; Jérémy Hajdenberg, 43 ans, directeur général adjoint français d’Investisseurs et Partenaires ; Sarah Toumi, 30 ans, entrepreneure sociale, franco-tunisienne ; Jean-Marc Adjovi-Boco, 54 ans, ancien footballeur et entrepreneur franco-béninois ; Karim Sy, 45 ans, multi-entrepreneur franco-libano-malien. Membres du CPA absents et excusés : Yves-Justice Djimi, 36 ans, avocat français ; Liz Gomis, 36 ans, journaliste et réalisatrice française. © AM-AfricaPresse.Paris
L’annonce officielle de la création du Conseil présidentiel pour l’Afrique, le 28 août dernier, a surpris plus d’un observateur, tout comme le profil très « jeune entrepreneur » de la quasi-totalité d’entre eux. Lundi 11 décembre, pour une de leurs premières sorties à la rencontre de la presse parisienne, les « d’jeunes du CPA » ont fait bonne figure, même lorsque certaines questions auraient pu les mettre en difficulté. Surtout, ils ont affirmé trois valeurs fondatrices : leur engagement, indépendance et éthique.

Parmi tous ces jeunes aux réussites professionnelles déjà acquises,
Jules-Armand Aniambossou, 55 ans, franco-béninois et ancien ambassadeur du Bénin en France fait certes figure de « sage » et de primus inter pares. C’est donc lui qui mena naturellement les débats, après que chacun se fut présenté.

« Ce que le président Macron attend de nous, affirma-t-il d’emblée, c’est d’éclairer sa vision, lui faire des propositions et en suivre l’avancement, être un lieu permanent d’observation et d’écoute avec des cibles prioritaires : la jeunesse, l’entrepreneuriat, la promotion des femmes. Bref, lui dire des choses que d’autres n’osent pas ! »

Après quoi, au fil des prises de parole, les uns et les autres ont affirmé leur indépendance, leur légitimité issue de la connaissance du terrain : « Je me rends en Afrique deux fois par mois », déclara notamment Diane Binder, directrice adjointe du département international de Suez et fondatrice de l’association Action Emploi Réfugiés (AERé), plateforme mettant en relation des employeurs et des réfugiés à la recherche d’un travail en France.

Auditions hebdomadaires à l’Hôtel Marigny

Étant logés au siège de l’Agence française de développement (AFD), les conseillers se réunissent cependant chaque semaine à l’Hôtel de Marigny, une annexe de l’Élysée où ils procèdent à des auditions de personnes diverses, choisies sur le seul critère de leur qualité ou expérience reconnues au regard de l’Afrique. Des auditions privées, et qui font bien sûr l’objet de « comptes rendus à l’adresse du seul président de la République », précise Jules-Armand Aniambossou. Côté propositions, il est entendu que chaque citoyen peut en adresser à l’un ou l’autre des membres du CPA qui, s’ils sont soucieux de leur indépendance, n’en sont pas moins à l’écourte de tous, citoyens comme administrations, avec lesquelles ils veulent travailler en « bonne intelligence ».

« Nous ne sommes pas là pour faire semblant ! »

À écouter les membres du CPA se présenter et évoquer la manière dont ils perçoivent leur mission, on peut être surpris par leur enthousiasme, voire une certaine ingénuité, accusant le coup lorsque fuse une question sur d’éventuels conflits d’intérêts avec leurs activités professionnelles…
« Nous avons tous signé une Charte d’éthique et de déontologie, elle sera rendue publique prochainement, à notre initiative, car nous sommes pour le découplage total entre nos activités professionnelles et notre mission au CPA. Nous ne sommes pas là pour faire semblant ! », répond l’ancien ambassadeur du Bénin en France. Mais il refuse de se laisser entraîner dans le débat sur le Franc CFA, question qui fait actuellement polémique, renvoyant l’interlocuteur à la substance du propos du président Macron à Ouagadougou : il revient aux chefs d’État africains de s’exprimer, la décision sera africaine.

La variété des profils de ces « d’jeunes du CPA » s’est affichée aussi sans conteste comme un riche potentiel d’initiatives diverses. Tandis que l’ancien footballeur Jean-Marc Adjovi-Boco s’intéresse au sport en tant que « levier économique et social », Nomaza Nongqunga Coupez, entrepreneure culturelle sud-africaine installée en France, veut promouvoir la connaissance mutuelle des cultures, en s’appuyant notamment sur la Francophonie ; et Diane Binder, qui souligne que le CPA a contribué à la genèse du discours du président à Ouagadougou, affirme quant à elle son intérêt pour la diplomatie économique, ainsi que pour l’exigence d’exemplarité en RSE que doivent désormais porter les entreprises françaises à l’international, et en Afrique – « si importante pour la France » – en particulier. 

Reste cependant une question, avancée par un journaliste participant à cette conférence de prise de contact informel avec la presse : le président Macron est-il crédible auprès d’une jeunesse africaine [prétendûment] très sceptique ?
« Je le connais depuis quinze ans, je crois Emmanuel Macron sincère ! » répondit sobrement Jules-Armand Aniambossou.

Alfred Mignot - AfricaPresse.Paris
@alfredmignot