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#FIAD2019 / Lionel ZINSOU, ancien Premier ministre du Bénin : « L’Afrique a de plus en plus de droits à faire valoir »

19 mars 2019
Lionel ZINSOU, ancien Premier ministre du Bénin et Président de la banque d’affaires panafricaine Southbridge, lors de son intervention au #FIAD2019, à Casablanca, vendredi 15 mars 2019. © AM/AP.P
Comment passer en Afrique d’une croissance forte mais trop faiblement créatrice d’emplois, à un développement inclusif, socialement solidaire et sécurisant, donc générateur d’empois salariés ? Considérant que « l’Afrique a de plus en plus de droits à faire valoir », Lionel ZINSOU, ancien Premier ministre du Bénin, économiste et financier renommé, en appelle à la constitution d’une « coalition d’acteurs du privé », à l’établissement de mesures facilitatrices pour les investisements à impact ainsi qu’à la fondation d’un nouveau contrat social.

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En direct de Casablanca, un article d’Alfred Mignot, AfricaPresse.Paris (AP.P)
@alfredmignot | @PresseAfrica

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« Nous sommes dans une situation très paradoxale, avec un problème lancinant ! Depuis bien des années l’Afrique a une croissance forte, relève Lionel Zinsou, ancien premier ministre du Bénin, et pourtant, nous ne réussissons pas à réduire la trappe de l’extrême pauvreté, ni à créer suffisamment d’emplois pour faire reculer le chômage alors que l’Europe, avec une croissance bien plus faible, autour de 1,2 %, y parvient… »

Pire, « paradoxe scandaleux » s’indigne Lionel Zinsou, « plus nos jeunes sont diplômés, plus ils ont du mal à trouver un emploi, à l’inverse de la tendance mondiale où la formation et la qualification permettent de minimiser les risques de chômage ». Citant l’exemple des 400 000 mototaxistes du Bénin, il relève qu’au moins le quart d’entre eux sont titulaires d’une formation supérieure. « C’est un drame, une injustice et une tragédie ! » s’exclame-t-il.

Que faire pour changer cet état de fait, pour libérer l’Afrique de cette « trappe de la pauvreté » qui perdure, conséquence d’une croissance forte mais d’un développement inclusif trop faible ?

« Nous avons une responsabilité qui ne peut pas être portée par les seuls États », estime Lionel Zinsou. Pour accélérer un développement inclusif « Il faut une coalition des acteurs, du secteur privé formel mais aussi informel, dont il faut s’occuper de façon très proactive. Il faut déployer notre plaidoyer, et pour cela multiplier les colloques comme celui du FIAD. »

Au premier rang de l’assistance de la conférence plénière d’ouverture, parmi les officiels, on reconnaît notamment Moulay Hafid El Alamy, ministre marocain de l’Industrie, au côté de Julius Maada Bio, président de la Sierra Leone et invité d’honneur de l’événement. © Moshine Nejmi #FFIAD2019

Favoriser les investissements à impact social

Le moment de telles initiatives est venu, estime Lionel Zinsou, car de nombreux financiers réfléchissent désormais aux instruments à impact social. « Le monde de la finance évolue rapidement en ce sens, conscient que la croissance ne peut plus être débridée. » Il faut donc que les investissements à impact social bénéficient de facilités de crédit, et d’autant plus que « nous disposons aujourd’hui des instruments de mesure du “rating” social et environnemental des entreprises. »

« L’incontournable » contribution du secteur privé à l’essor de l’Afrique est le deuxième point mis en exergue par le président de la jeune banque d’affaires panafricaine Southbridge. Car sur le Continent, où « les gouvernements ne prélèvent en moyenne que 15 % à 20 % du PIB [en recettes fiscales, ndlr], les États ne peuvent donc pas tout faire ».

« Plaider pour un nouveau contrat social
qui porte ces valeurs de solidarité »

Cependant les avancées de ces dernières années démontrent que l’Afrique ne manque pas d’atouts, relève Lionel Zinsou : « Nous savons faire plus de croissance que l’Europe, nous savons faire de l’innovation technologique dans l’agriculture, le microcrédit, le paiement mobile… Nous devons maintenant avoir moins de complexes ».

« Et nous avons de plus en plus de droits à faire valoir », a ajouté Lionel Zinsou, évoquant le fait qu’au regard de la problématique du réchauffement climatique, l’Afrique a des émissions négatives [donc un bilan positif, ndlr]. Ainsi, argumente-t-il au regard de ce qui peut être considéré comme une dette morale des pays développés, bien plus pollueurs et depuis longtemps, « nous avons le droit de demander la mise en œuvre des instruments qui existent pour financer nos entreprises. »

Rejoignant en substance le propos de Hassan Ouriagli, PDG du fonds AL MADA – l’actionnaire de référence du groupe Attijariwafa bank – qui a plaidé pour l’avènement d’un « capitalisme positif » en Afrique lors de cette même conférence #FIAD2019, Lionel Zinsou a observé que « dans tous nos pays d’Afrique, les “vraies gens” nous parlent de solidarité et d’égalité. Le temps est venu, il nous faut maintenant plaider pour un nouveau contrat social qui porte ces valeurs de solidarité », a-t-il conclu.

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