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#FIAD2019 / Hassan OURIAGLI, PDG AL MADA : « Nous sommes à l’avant-garde pour inventer un “capitalisme positif ” en Afrique »

16 mars 2019
Hassan OURIAGLI, PDG du fonds d’investissement privé à vocation panafricaine AL MADA, lors de son allocution au #FIAD2019, à Casablanca, le vendredi 15 mars 2019. © Ghita Hommiri #FFIAD2019
L’Afrique, objet de convoitise depuis des siècles d’un certain capitalisme prédateur et exclusivement préoccupé de sa rentabilité, peut-elle devenir la matrice d’une nouvelle vision de la vocation de l’entreprise, certes toujours économique, mais aussi à forte responsabilité sociale ? Dans son discours prononcé le 15 mars à Casablanca, en ouverture du panel « Positive Impact » lors du #FIAD2019, Hassan OURIAGLI, PDG du fonds d’investissement privé à vocation panafricaine AL MADA, s’est attaché à esquisser les perspectives d’un « capitalisme positif » qui pourrait émerger en Afrique. Nous vous proposons ici un résumé de l’essentiel de son intervention.

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En direct de Casablanca, un article d’Alfred Mignot, AfricaPresse.Paris (AP.P)
@alfredmignot | @PresseAfrica

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Rappelant tout d’abord que pour Al Mada, fonds d’investissement privé à vocation panafricaine, le “Positive Impact” est en quelque sorte sa « raison d’être » et traduit le sens de sa responsabilité sociétale dans le long terme, le Président Hassan OURIAGLI a évoqué le “ lien fort entre une entreprise, un fonds d’investissement, plus généralement tout acteur économique, les territoires et les populations auprès desquels il exerce son action. Pourtant, par le passé, ce lien et cette empreinte ont pu être niés, subis ou vécus à minima.

Un modèle devenu "inacceptable"

Ainsi, l’entreprise agissait-elle avec une philosophie économique simple : la rentabilité économique, garante de sa pérennité, justifiait la focalisation de la mission des entreprises sur le seul profit.”

L’impact positif de l’entreprise n’était qu’une victoire annexe, une sorte d’effet positif collatéral, « nice to have » et son action sociale assimilée à une forme de paternalisme ou d’action de charité.”

Poursuivant sa critique frontale de ce que l’on a pu appeler le capitalisme anglo-saxon, qui a depuis des siècles imposé au monde son modèle uniquement soucieux de rentabilité, opposant ainsi vocation financière de l’entreprise et préoccupation sociale, le PDG d’AL MADA a affirmé que “cette conception de l’entreprise en tant qu’acteur n’obéissant qu’à de simples impératifs économiques a vécu. Elle n’est plus acceptable socialement. Elle n’est plus acceptable sur le plan environnemental. “

Du « développement durable » au « développement positif »

En contrepoint, le modèle de croissance que le PDG d’AL MADA appelle de ses vœux est celui du « développement positif » – une dimension plus large que le seul « développement durable », qui fait une référence trop exclusive aux aspects écologiques, estime-t-il. “Pour nous, le développement est « positif » s’il est écologiquement mais aussi socialement durable” affirme Hassan Ouriagli.

Et d’expliquer comment AL MADA, qui est l’actionnaire de référence de Attijariwafa bank et compte plus de 40 000 salariés dans ses différentes participations”, traduit ses principes dans “l’économie réelle”, inscrivant sa signature de “Positive Impact” dans une dynamique inclusive de long terme.

Par exemple en veillant à “la création d’emplois de qualité, correctement rémunérés, avec des conditions de travail dignes, un bon niveau de protection sociale, des cotisations pour la retraite. Par exemple aussi en soutenant le pouvoir d’achat des Marocains via le groupe de grande distribution aux “meilleurs prix” Marjane, qui compte 55 millions de clients par an. Par exemple encore en favorisant le désenclavement des territoires et le développement local (notamment avec le groupe minier Managem, ou encore les énergies renouvelables avec Nareva, dont les parcs éoliens produisent 1 650 mégawatts, assurant la consommation annuelle de 8 millions de Marocains, soit près d’un quart de la population du Royaume.
Par exemple, enfin, en rendant accessible des services financiers au plus grand nombre : Attijariwafa bank, dont Al Mada est l’actionnaire de référence, est devenue le 1er réseau bancaire en zone francophone, et ses filiales, telle Hissab Bikhir, permettent de toucher des personnes non encore bancarisées…

Une vue de conférence plénière du #FIAD2019. © Ghita Homiri #FIAD2019

De l’“impact positif” au « capitalisme positif »

Autant de réalisations à “impact positif”, auxquelles il faut encore ajouter les engagements de même ordre de la Fondation Al Mada, qui intervient dans les domaines de l’éducation, l’entrepreneuriat et la culture – ainsi que des associations, notamment Injaz Al Maghrib qui vise à stimuler l’esprit d’entreprise parmi les jeunes.

“Partout où nous prenons la décision d’investir, nous nous efforçons de rencontrer cette double finalité de l’entreprise : créer des richesses ET contribuer au bien commun en renforçant le tissu social de manière durable et respectueuse de la dignité humaine et de la nature”, commente Hassan Ouriagli.

On notera ici qu’en plaçant la question de la finalité de l’entreprise au cœur des débats d’avenir, et de plus dans la lumière très médiatique du #FIAD2019, Hassan Ouriagli donne une légitimité forte aux futures prises de parole surgissant d’Afrique dans le grand mouvement des idées qui s’amorce en Occident : aux États-Unis avec la création des « Public Benefit Corporations » associant but lucratif et intérêt général ; en Europe, où le mouvement s’étend avec la « Società Benefit » italienne, les « Community interest companies » au Royaume-Uni, ou encore les « entreprises à raison d’être » en France.

L’Afrique, dont on a si souvent entendu dire qu’elle devait rattraper son retard, trouve ici “une opportunité, celle du « quantum leap » : prendre un train d’avance et adopter dès aujourd’hui le modèle d’avenir, plus efficient pour son développement… positif.

Pour l’heure, il est certain que ce modèle de « Positive Impact » demeure bien rare en Afrique, concède Hassan Ouiragli. Ainsi, “Al Mada espère modestement ouvrir la voie. Nous sommes une avant-garde, affirme Hassan Ouriagli.
Et si le « positive impact » devient la marque de fabrique d’une approche économique africaine, alors sans aucun doute aurons-nous œuvré collectivement pour répondre pleinement aux enjeux qui nous rassemblent et pour inventer un « capitalisme positif » que nous appelons tous de nos vœux.

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LIEN UTILE

- Fonds AL MADA

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