Retrouvez AfricaPresse.paris sur :
RSS

Outils

Eugène CISSÉ, expert financier, fondateur de la société de Bourse MAYLA Capital : « Nous devons innover pour rendre le marché financier plus vertical en Afrique centrale »

17 août 2026
Eugène CISSÉ, expert financier, fondateur de la société de Bourse MAYLA Capital : « Nous devons innover pour rendre le marché financier plus vertical en Afrique centrale »
Eugène CISSÉ et sa collaboratrice Davina SIMEN. Photo © DR.
À l’occasion du récent IVe Economie Business Summit de Paris-La Défense, AFRICAPRESSE.Paris a rencontré l’un de ceux qui façonnent les leviers d’une finance moderne au service de la souveraineté économique africaine : Eugène CISSÉ, expert financier reconnu, spécialiste de la zone CEMAC et DG cofondateur d’une société de bourse innovante, MAYLA Capital. Entretien.

.

Propos recueillis par Denis DESCHAMPS, pour AFRICAPRESSE.Paris
@DjuliusD @africa_presse

.

APP – Quel est le socle de votre expertise et de votre parcours ?

Eugène CISSÉ – Mon parcours est le fruit d’une double exigence : celle de la rigueur bancaire internationale et celle de la réalité terrain en Afrique. Camerounais de cœur, né en Mauritanie et formé entre le Sénégal et le Cameroun où j’ai obtenu mon diplôme à l’Institut des Relations Internationales, j’ai forgé mon expertise au sein de la Standard Chartered Bank. Durant huit années, j’ai navigué au cœur des flux financiers les plus complexes, du trading sur devises à la structuration de produits dérivés pour sécuriser les opérations d’acteurs économiques majeurs.

Cette immersion technique m’a permis de maîtriser la gestion actif-passif et d’appréhender la finance comme un levier fondamental de protection contre l’aléa économique. C’est cette expertise transversale, forgée au service de la performance, qui constitue aujourd’hui le socle de ma vision entrepreneuriale.

APP – Quelle est votre vision stratégique pour le marché financier sous-régional ?

Eugène CISSÉ – Après avoir dirigé ASCA Asset Management (filiale d’Attijariwafa Bank) et présidé l’ASGPAC (Association Professionnelle des Sociétés de Gestion de Portefeuilles d’Afrique centrale), j’ai poursuivi mon parcours chez FedhEn Capital en qualité d’actionnaire et Administrateur Directeur Général. Fort de ces expériences, j’ai fondé ma propre société de bourse en 2026.

Notre ambition est claire : devenir le pivot d’une finance africaine plus fluide, plus traçable et plus verticale. Le marché financier de la zone CEMAC est à un tournant. Si la fusion des bourses de 2019 a posé une première pierre, nous devons maintenant relever le défi de la profondeur et de la liquidité. Nous ne pouvons plus nous satisfaire d’un écosystème où la microfinance de crédit éclipse l’investissement en capital.

Mon rôle est de structurer le marché pour transformer cette épargne dispersée en un véritable moteur de croissance. Nous travaillons à professionnaliser les flux en apportant aux émetteurs et aux investisseurs la rigueur attendue sur les marchés internationaux, tout en intégrant des innovations technologiques pour démocratiser l’accès aux produits boursiers. Comme le souligne Davina SIMEN, le développement de nos marchés de capitaux est indissociable de notre souveraineté économique.

APP – Quelle est la nature de votre engagement auprès de la Diaspora ?

Eugène CISSÉ – Notre approche de la diaspora rompt avec les modèles traditionnels qui se limitent souvent au seul transfert de fonds. Avec le Club Efficience, partenaire stratégique et hub de réflexion majeur, nous avons l’ambition d’ériger une passerelle structurée entre les épargnants de la diaspora et le marché financier sous-régional.

Notre stratégie repose sur trois axes fondamentaux portés par Davina SIMEN et moi-même. En premier lieu, nous procédons à une verticalisation de l’investissement pour offrir une traçabilité et une structure sécurisant le capital. Ensuite, nous plaçons l’éducation financière au cœur de la relation, en déployant une démarche pédagogique destinée aussi bien aux investisseurs qualifiés qu’au segment du grand public. Enfin, nous agissons en tant qu’intermédiaire de confiance garantissant le sérieux et l’engagement nécessaires pour faire de la diaspora une véritable classe d’actifs au sein de notre portefeuille.

Nous ne nous contentons pas de constater l’intérêt pour les solutions numériques ; nous les transformons en outils d’investissement matures. En collaborant avec le Club Efficience, nous nous engageons à offrir à la diaspora un cadre fiable, à la hauteur de leurs ambitions pour le continent. Nous sommes là pour démontrer que la bourse est l’intermédiaire indispensable pour qui souhaite passer du simple transfert à l’investissement patrimonial structuré.

APP – En quoi votre accompagnement est-il une rupture par rapport aux pratiques actuelles ?

Eugène CISSÉ – Notre approche de la Diaspora rompt avec les modèles traditionnels. Trop longtemps, l’investissement de la diaspora a été perçu de manière ambiguë, tant par les porteurs de projets locaux que par les investisseurs eux-mêmes. Avec le Club Efficience, partenaire stratégique et véritable hub de réflexion, nous avons l’ambition de transformer cette perception en érigeant une passerelle robuste, fiable et structurée entre les épargnants de la diaspora et le marché financier.

Notre stratégie repose sur trois piliers fondamentaux portés par Davina SIMEN et moi-même :

> Une verticalisation de l’investissement - Nous ne nous contentons plus de capter des flux ; nous structurons l’investissement de manière verticale pour offrir une transparence et une traçabilité totales, essentielles pour sécuriser les capitaux.

> L’éducation financière au cœur de la relation - Qu’il s’agisse d’investisseurs qualifiés ou du segment mass market, nous déployons une démarche pédagogique pour professionnaliser l’acte d’investissement et aligner les attentes sur les réalités du marché.

> Le rôle d’intermédiaire de confiance - En tant que société de bourse, nous agissons comme le tiers de confiance indispensable. Nous professionnaliserons la gestion de ces actifs pour maximiser le rendement des investissements, avec une priorité marquée pour la zone Afrique centrale.

Nous observons avec un vif intérêt l’essor des solutions de paiement mobile (wallets), qui témoignent d’une appétence réelle pour l’économie numérique. Notre mission est d’intégrer ces outils à des véhicules d’investissement boursier plus matures, transformant ainsi une épargne parfois volatile en capital patient et productif.

Au-delà de la simple collecte, nous travaillons à faire de la diaspora une classe d’actifs à part entière au sein de notre portefeuille. En collaborant étroitement avec le Club Efficience, nous nous engageons à offrir un cadre sécurisé et fluide, garantissant aux membres de la diaspora que leurs objectifs financiers sont honorés par une expertise de marché rigoureuse et une exécution sans faille.

Parallèlement, nous continuons de mobiliser les banques internationales. Mais là où les marchés financiers en Afrique centrale manquent encore de profondeur, nous agissons comme un catalyseur pour accroître la liquidité, faciliter l’accès au financement des PME et garantir la mobilité du capital. Notre ambition est claire : devenir l’intermédiaire privilégié pour quiconque souhaite passer du transfert de fonds à l’investissement patrimonial structuré.

APP – Quels sont les axes prioritaires de votre actualité ?

Eugène CISSÉ – Notre actualité est fortement marquée par une ambition de transformation de l’épargne diaspora, un segment que nous abordons avec une approche innovante. Pour y parvenir, nous menons un travail de fond structurant en étroite collaboration avec le Club Efficience, présidé par le Dr Elie NKAMGUEU. Cette synergie nous permet d’agir comme un véritable hub de captation et d’orientation des ressources vers des investissements productifs sur le continent.

Nous entretenons également des relations privilégiées avec les représentations diplomatiques, notamment l’Ambassade du Cameroun à Paris, afin de sécuriser et faciliter nos initiatives. Si notre ancrage est particulièrement fort au Cameroun, notre modèle est conçu pour être déployé sur l’ensemble de la sous-région, notamment vers le Tchad et le Gabon.

Avec notre société de bourse, nous voulons insuffler un renouveau dans la relation avec la diaspora, que nous considérons comme une classe d’actifs majeure, composée d’une multitude d’épargnants. Nous développons actuellement une plateforme numérique dédiée pour mobiliser cette diaspora vers des fonds thématiques à fort impact, tout en garantissant une traçabilité totale des capitaux.

Notre rôle est de proposer des projets intégrateurs adossés à des programmes structurants soutenus par les États. Par notre intermédiaire, la diaspora trouve enfin le sens et la rigueur qu’elle recherche pour donner une dimension patrimoniale et pérenne à sa contribution au développement économique de son pays d’origine.

APP – Comment entendez-vous structurer votre démarche de prospection ?

Eugène CISSÉ – Notre démarche vis-à-vis de la diaspora repose sur une structuration rigoureuse et une approche méthodique. Nous privilégions une montée en puissance progressive, articulée autour d’ateliers, de tables rondes et de séminaires en format club deal. Ces espaces d’échange sont essentiels pour valider nos solutions techniques, garantir leur pérennité et nouer des relations de confiance avec des investisseurs ciblés, prêts à s’engager sur des tickets significatifs.

Tout est affaire de pédagogie. Notre priorité est de développer une véritable culture de l’investissement au sein des diasporas, particulièrement celles originaires d’Afrique centrale. Nous observons, par comparaison, une appétence plus marquée pour les projets structurants en Afrique de l’Ouest ; une dynamique que nous souhaitons impulser et démocratiser dans la sous-région CEMAC.

Pour mener à bien cette ambition, nous recrutons activement au sein de la diaspora des talents qui partagent notre vision : instaurer la confiance par l’innovation et l’excellence opérationnelle.

Par ailleurs, notre projet de Fondation, dédiée prioritairement à l’autonomisation des femmes et à l’accompagnement des personnes en situation de handicap, est en cours de structuration. Ce projet intègre une interface numérique innovante, pensée pour transformer l’engagement social en levier de financement concret. Nous finaliserons ce déploiement dans les prochains mois.

En somme, nous nous distinguons par une approche radicalement différente de celle du marché actuel. En introduisant une verticalité de marché rigoureuse et des services sur-mesure, nous offrons aux investisseurs qualifiés un cadre d’intervention enfin à la hauteur de leurs exigences de transparence et de rendement.

…………

MALYA CAPITAL S.A
Société de Bourse agréée par la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF).
Société Anonyme avec Conseil d’Administration au capital de 300 000 000 (Trois cent millions) FCFA.
Siège social : Immeuble SPELT One, Bonadiwoto, B.P 956 Douala-Cameroun.
Immatriculée au RCCM sous le numéro CM-DLA-01-2026-M-08306.

◊ ◊ ◊

…………………………………………………………………………………………………

JEUDI 17/09/26 > XXIIIe Conférence des Ambassadeurs de Paris (CAP 23) : « Les grands événements sportifs, catalyseurs du développement durable de l’Afrique » >Bénéficiez jusqu’au 21/08 du meilleur tarif TOP EARLY :)

CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR
…………………………………………………………………………………………………

.

Articles récents recommandés