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« En ce moment de grand écart, les Afrique(s) se réinventent ! » - Un billet de Patrice Fonlladosa, Président Afrique du CEPS et de (Re)Sources

22 avril 2020
Patrice FONLLADOSA, Président de (Re)Sources et Président Afrique du CEPS. © Capture AP.P
Le stupéfiant effondrement du prix du baril de pétrole sous zéro dollar sonne-t-il le glas des énergies renouvelables, devenues hors de prix ? Cet événement naguère inimaginable ouvre en tout cas une voie impensable il y a encore quelques semaines, qui sera ponctuée de choix stratégiques déterminants pour l’avenir.

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Un billet de Patrice FONLLADOSA
Président de (Re)Sources
Président Afrique du CEPS

Mardi 21 avril 2020 est un jour historique : celui du grand écart entre d’un côté la chute vertigineuse du prix du baril, avec ses conséquences économiques et sociales d’impact à court terme, et le prix de la vie, qui n’a jamais été aussi haut.
Un prix négatif du baril, qui renvoie aux abîmes les efforts faits pour développer les énergies renouvelables, surtout là où elles sont devenues indispensables, en Afrique. Faudra-t-il voir bientôt refleurir le choix des énergies carbonées, comme déjà la Chine semble en prendre le pas ?

Nous sommes entrés dans une voie impensable il y a encore quelques semaines, des choix stratégiques et déterminants pour l’avenir des nôtres. Ceux qui tentent de trouver un avenir meilleur pour leurs propres enfants, vont avoir à choisir : soit le court terme et l’escalade du renouveau d’un monde « d’avant », soit une fantastique percée sur l’avenir et cette quête d’un monde « nouveau ». Il faut choisir.

« Le jugement des peuples sera sévère »

Le moment – quelques mois à peine – nous renvoie à nos choix essentiels : l’économie ou la vie, l’existence ou la pérennité… Et là, les Afriques(s) se réinventent. Ce besoin et cette nécessité vitale de sauver d’abord l’homme avant toute autre considération, mérite d’être saluée. Les 54 Pays d’Afrique ont décidé de gérer chacun leurs solutions – comme nous d’ailleurs en sommes l’illustration si baroque en Europe…. – avec des fortunes pour l’heure diverses.

Les défenseurs des droits de l’Homme s’offusquent, s’étouffent parfois mais force est de constater que protéger d’abord et avant tout sa population – donc, ses talents, son innovation, sa jeunesse et sa générosité – engagent les pouvoirs publics au premier niveau. Certains y souscrivent. D’autres hésitent… Le marteau de l’histoire donnera raison aux uns et aux autres. Mais une chose est sûre : le jugement des peuples sera sévère, comme une sorte de réhabilitation de cette notion d’intérêt général oubliée depuis une dizaine d’années.

Le cours du baril a chuté, il reviendra sans doute à un cours moyen mais relativement faible tant qu’il ne sera pas poussé par cette course à la « croissance » et l’industrialisation. Il n’est pas tout à fait certain que nous reprenions une course folle… Les pays africains producteurs voient s’effondrer leurs ressources budgétaires. Ils ne sont pas quelques centaines de milliers… mais près d’1,340 milliard de femmes et d’hommes à vouloir vivre dignement, et ils savent que les années qui viennent vont être dures, difficiles, ponctuées de choix essentiels.

C’est une occasion unique, historique – certains l’ont déjà bien compris et anticipent en Afrique(s) – pour prendre ce pas d’avance et changer les paradigmes traditionnels et séquencés du développement.
Nous, l’Europe, le France, devrons être là et à leur(s) coté(s), parce que c’est notre intérêt universel et partagé.

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