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Élie Nkamgueu, Président du Club Efficience : « Initié par la diaspora, Efficience Africa Fund soutiendra les PME africaines et sera bientôt opérationnel »

16 juin 2018
Élie Nkamgueu, Président du Club Efficience. © AM/AfricaPresse.Paris
Après de nombreuses initiatives couronnées d’un large succès – édition du Gotha Noir de France, et prochainement d’Europe ; parrainage de jeunes entrepreneurs ; attribution de bourses d’excellence ; organisation de dîners d’affaires, de Matinales économiques focus pays et d’un grand Gala annuel – le Club Efficience s’est attaqué à un projet stratégique : la création d’Efficience Africa Fund (EAF). Initié par la diaspora, ce fonds généraliste destiné à soutenir les PME africaines sera opérationnel à la rentrée. Rencontre avec Élie Nkamgueu, Président du Club Efficience, qui nous décrit l’avancée du projet.

« Historiquement, les organisations des diasporas se sont beaucoup focalisées sur les actions de droits civiques, ainsi que sociales et humanitaires. Très peu portaient l’approche économique. C’est une première observation, relève Élie Nkamgueu, Président du Club Efficience. La seconde observation, c’est que les organisations des diasporas mènent des actions méritantes mais trop éparses, et ainsi on n’arrive pas à se fédérer pour atteindre le seuil critique d’efficacité et contribuer à marquer nos présences dans les pays d’accueil, et aussi à être des acteurs du développement du Continent.

« De la double absence à la double présence »,
une action d’ingénierie économique et sociale

Ce double constat est à l’origine de notre positionnement : “De la double absence à la double présence”. D’une part l’ancrage économique dans nos pays d’accueil, d’autre part œuvrer au développement de l’Afrique en fédérant les bonnes volontés. Depuis sa création il y a douze ans, le Club Efficience agit avec cette double expertise d’ingénierie économique et sociétale. »

Dans cette perspective le Club Efficience a entrepris et mené à bien plusieurs actions significatives : édition du guide français (puis européen, avec la sixième édition, à paraître en septembre) du Gotha Noir, qui recense des parcours de réussites exemplaires de la diaspora ; parrainage de jeunes entrepreneurs ; attribution de bourses d’excellence ; organisation de dîners d’affaires, de Matinales économiques focus pays et d’un grand Gala annuel, de plus en plus couru par le tout-Paris entrepreneurial.

« Mais, comment créer un lien proactif entre la diaspora et le développement du Continent ? », fait mine de s’interroger le Président Nkamgueu.

Depuis une soixantaine d’années, estime-t-il, les diasporas se sont distinguées par l’importance de leurs transferts d’argent – 65 milliards de dollars par an ces dernières années – « mais cet argent va essentiellement en aide aux familles – frais alimentaires, de santé, et de scolarité – et pas à l’investissement productif créateur des emplois, du pouvoir d’achat et de la richesse locale » déplore-t-il.

« Pour changer les choses,
il faut créer des emplois durables ! »

D’autre part, il a été observé qu’un certain nombre de diasporas qui fonctionnent sur un modèle très solidaire, mettent en place des projets (puits, dispensaires…) dans la région ou le village d’origine. « Mais, relève encore Élie Nkamgueu, quelle que soit la réussite de ces projets méritants, force est de constater que ce mode d’action n’a pas permis le développement de nos pays d’origines… Voilà donc une soixantaine d’années que l’on déploie diverses initiatives, et le développement du continent n’est toujours pas une réalité. »

Alors, « comment créer le lien entre la diaspora et le développement du Continent ? »… Les fonds d’investissement actifs sur le Continent sont tournés vers les projets d’infrastructures. Ils financent des travaux importants, mais ponctuels : une fois le chantier terminé, la main-d’œuvre locale retourne à sa réalité constante, la précarité…

« La précarité, voilà bien le terme qui définit cette main-d’œuvre africaine ! Pour changer les choses, Il faut créer des emplois durables », affirme Élie Nkamgueu. Car cela permet aux salariés d’avoir une visibilité sur du long terme, d’augmenter leur pouvoir d’achat et progressivement de faire croître une classe moyenne disposant des ressources indispensables au soutien de la croissance… Et il se trouve qu’en Afrique comme ailleurs, ce sont les TPE et les PME qui créent les emplois, mais malheureusement 60 % des PME relèvent de l’économie informelle, ne serait-ce que par manque d’accès au financement des banques.

Une vue de la salle participant à la conférence organisée par le Club Efficience pour le lancement de la SMID (Société métropolitaine d’investissement de Douala), jeudi 29 mars 2018 dans les locaux de SciencesPo Paris. © AM/AfricaPresse.Paris

Investisseurs & Partenaires assurera
la gestion financière d’Efficience Africa Fund

« C’est ainsi que nous en sommes venus à penser à la diaspora », relève Élie Nkamgueu. « 55 % des diasporas africaines en Europe résident en France, notre ambition est de convaincre autour de 2 % des 5 millions de personnes de la diaspora, soit 100 000 personnes, à épargner 50 € par mois sur 10 mois, soit 500 € par an. On constituerait ainsi un fonds d’investissement de 50 millions d’euros destiné au soutien des TPE-PME africaines. C’est le projet Efficience Africa Fund (EAF), fonds généraliste initié par la diaspora pour venir en soutien aux PME africaines. »

Porteur du projet, le Club Efficience est accompagné par les expertises nécessaires, notamment celle du Cabinet d’avocats Orrick, de SGSS, E&Y, All Invest, Data Tryb ainsi que d’Investisseurs & Partenaires – quinze ans d’expertise sur l’investissement à impact social (impact investing) en Afrique – qui assurera la gestion financière d’Efficience Africa Fund.

Efficience Africa Fund sera donc un fonds domicilié en France, avec une société de gestion, un dépositaire et un commissariat aux comptes également établis en France, et fera appel public à l’épargne. Cela nécessite un visa de l’Agence des marchés financiers (AMF) auprès de laquelle nous accomplissons actuellement les démarches ad hoc.

Trois comités pour établir la confiance
et assurer la transparence

Ainsi, afin d’établir la confiance et d’assurer la transparence, trois comités seront mis en place : un comité de surveillance constitué de personnalités qui apporteront leur caution morale à une gestion en toute transparence ; un comité d’orientation pour valider les projets des PME bénéficiant des investissements ; enfin un comité d’ambassadeurs qui regroupera en son sein des icônes de la diaspora qui, par leur notoriété, canaliseront les bonnes énergies pour la réussite de ce projet, estime le Président du Club Efficience. Et bien sûr, les leaders d’opinions et les représentants des associations des diasporas participeront aussi à ce comité, et seront eux aussi garants de la transparence du fonctionnement du fonds.

Il est important également de noter que les souscriptions seront ouvertes à tous : les diasporas, les amis de l’Afrique, les entreprises et les institutionnels dont la présence provoquera un effet de levier à l’apport de cette diaspora.

« L’objectif d’Efficience Africa Fund est de permettre aux souscripteurs de participer au développement économique du Continent en contribuant à la croissance des revenus des populations locales, et ainsi favoriser l’émergence d’une classe moyenne » conclut le Président Élie Nkamgueu.

Alfred Mignot, AfricaPresse.Paris

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LIENS UTILES

Club Efficience : https://club-efficience.com/

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SITE DU #FDDA 2018, Forum des diasporas africaines qui se tient le 22 juin au Palais des Congrès de Paris (avec programme détaillé et inscriptions) : http://www.forumdesdiasporas.com/

TOUS LES ARTICLES DE NOTRE DOSSIER #FDDA 2018 :
https://www.africapresse.paris/-FDDA2018-

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