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#EV2019 - Jimmy Adjovi-Boco, membre du CPA : « L’entrepreneur, c’est comme un sportif de haut niveau qui se fixe des objectifs »

8 décembre 2019
Jimmy Adjovi-Boco, ancien footballeur, entrepreneur, membre du CPA, Conseil présidentiel pour l’Afrique. © BF
Ancien footballeur du Racing Club de Lens et Capitaine des « Écureuils » du Bénin, Jimmy Adjovi-Boco est membre du Conseil Présidentiel pour l’Afrique d’Emmanuel Macron. Entrepeneur, il a fondé le Centre de formation de Diambars (Sénégal) où grandissent de futurs champions. Rencontre avec une star du ballon rond, participant chaque année à Emerging Valley.

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En direct de TheCap, métropole Aix-Marseille
Propos recueillis par Bruno Fanucchi, AfricaPresse.Paris
@PresseAfrica

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Quelle est la raison de votre présence ici, à la troisième édition d’Emerging Valley ?

Jimmy Adjovi-Boco – Cela fait plusieurs années que l’on m’invite et je suis déjà intervenu l’an passé, mais il est vrai que le sport et l’innovation ce sont des thèmes qui vont bien ensemble. Et l’idée de voir la relation entre le Continent africain et la France se développer me séduit.

Que vous inspirent ces trois journées à « TheCamp », avec un tel foisonnement de start-up ?

Jimmy Adjovi-Boco – C’est assez exceptionnel, c’est très original et c’est une idée juste fabuleuse de Samir Abdelkrim car – comme on le voit ici à « TheCamp » – cela fourmille de gens innovants, venus d’Afrique et de Provence aussi. Ce que j’aime également et c’est le sportif qui vous parle, c’est cette idée de coopération, ce travail d’équipe, cette envie de gagner et d’aller chercher des marchés.

Pour moi, c’est une belle image de l’entrepreneuriat. Car l’entrepreneur, j’ai souvent l’habitude de le comparer à un sportif de haut niveau qui se fixe des objectifs et fait tout pour y arriver ; qui tombe, qui se relève, mais qui a toujours envie de gagner et d’aller chercher des marchés. Il y a une vraie comparaison entre le footballeur de haut niveau que j’ai été et l’entrepreneur que je suis aujourd’hui.

Vous faites aussi partie du fameux CPA… Quel rôle exact y jouez-vous ?

Jimmy Adjovi-Boco – Quand l’Élysée m’a contacté, je n’ai pas hésité à m’y engager car le Président Emmanuel Macron a bien compris les enjeux du sport sur le Continent africain comme outil de développement économique et social, comme outil aussi de mobilisation de la jeunesse, et c’est assez rare pour être souligné. Il n’y a pas beaucoup de chefs d’État qui ont mis le sport comme un véritable thème à traiter, un véritable enjeu de société. Alors que, pour de nombreux politiques, le sport c’est bien souvent la cinquième roue du carrosse…

C’est un enjeu important car on sait ce que le sport représente pour la jeunesse. Le Président Macron a fait du sport l’un des principaux vecteurs de coopération avec le Continent africain et, au CPA, on est assez fier de cela. Je vous donne un exemple concret. Suite à un déjeuner organisé à l’Élysée en 2018 à l’occasion de la venue à Paris du nouveau Président libérien Georges Weah, l’ancien « Ballon d’or » que l’on connaît tous, nous avons établi certains constats et avec le CPA, nous avons décidé d’appuyer certaines initiatives qui vont permettre au Continent de développer une plus grande mobilisation autour du sport.

« Il faut tirer un beau coup de chapeau
au Président Talon, car il a une vision »

Vous avez d’ailleurs créé un Centre de formation au Sénégal. Dans quel but ?

Jimmy Adjovi-Boco – À la fin de ma carrière professionnelle, j’ai repris en effet des études à la Skema Business School, une École de Commerce à Lille, pour mettre en place ce Centre de formation qui s’adresse aux jeunes de 13 à 18 ans et qui est devenu une référence en Afrique en matière de formation et d’éducation.

C’est un centre créé avec Patrick Vieira, Bernard Lama et Saër Seck. Le centre de Diambars est basé à Saly, au Sénégal, et constitue un véritable modèle économique. On a aujourd’hui 125 salariés et on gère un budget d’un million d’euros, en étant totalement autonomes. Notre modèle économique repose sur la location de nos infrastructures, le sponsoring, mais aussi sur les indemnités de formation que l’on touche lorsque certains de nos joueurs – une vingtaine – signent dans des clubs professionnels. C’est une affaire qui marche et qui est rentable.

Et, aujourd’hui, quelle place occupez-vous sur le terrain ?

Jimmy Adjovi-Boco – Je ne suis plus Capitaine, mais il y a aujourd’hui des joueurs et d’excellents numéros « 10 »… Moi, je suis davantage un spectateur ou un vieil entraîneur qui peut cependant venir donner des conseils aux petits jeunes, car j’ai déjà créé plusieurs entreprises, que ce soit ici ou en Afrique. Et je peux jouer peut-être aussi le rôle de partenaire, plus en termes d’image que de moyens, pour accompagner certains à faire connaître leurs entreprises ou leurs projets innovants. D’où ma présence ici.

Les participants à la table ronde « Sport et innovation entre les deux Rives de la Méditerranée ». De gauche à droite sur la photo : Frédéric Maury, modérateur de Jeune Afrique ; Frédéric Cozic, Responsable de la Transformation digitale de l’Olympique de Marseille, Jimmy Adjovi-Boco et Samir Abdelkrim, fondateur d’Emerging Valley. © BF

Un dernier mot sur « Les Écureuils », qui ont créé la surprise puisque l’équipe nationale du Bénin est arrivée en quarts de finale lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations (CAN), ne s’inclinant que devant le Sénégal…

Jimmy Adjovi-Boco – Il faut d’abord reconnaître et saluer tout le travail effectué par l’entraîneur national Michel Dussuyer et toute l’équipe fédérale, mais il y a un « mais » : il ne faut pas croire, parce que nous avons eu ces bons résultats, que notre football est en bonne santé au Bénin. C’est un peu l’arbre qui cache la forêt !

Aujourd’hui, il faut que l’on travaille sur la formation de nos jeunes et de nos cadres, et que l’on installe une véritable Direction technique nationale, qui n’existe pas. Ce sont des éléments que l’on tend à oublier, parce que l’on a eu des résultats au niveau de l’équipe nationale… Mais si l’on veut que cela dure, pensons au travail de la base.

Il faut tirer un beau « coup de chapeau » au Président Patrice Talon car il a une vision et c’est rare parmi les chefs d’État d’Afrique. Cette belle vision repose sur la construction d’infrastructures et sur le sport scolaire, ce qui est vraiment très important.
Si l’on commence à faire du sport à l’école, c’est notre jeunesse qui s’en sortira mieux et sera en meilleure santé. Mais ce sont aussi toutes les valeurs du sport qui sont apprises : le dépassement de soi, le travail d’équipe, le respect des règles… dans la rue, comme on respecte l’arbitre sur le terrain. Je pense que l’on peut construire une Nation autour de ces valeurs du sport.

Et même si beaucoup reste à faire, ces bons résultats lors de la CAN ont créé une dynamique. Je dis d’abord chapeau ! Mais, attention, il ne faut pas se contenter d’un coup d’éclat, il faut préparer l’avenir, qu’on soit présent à toutes les CAN et qu’on aille une fois à la Coupe du Monde. Et pourquoi pas la gagner ?

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