ESG / Pierre-Samuel Guedj (Affectio Mutandi et CIAN) : « Une transition énergétique réussie ne peut se construire au prix de nouvelles injustices »
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Une contribution de Pierre-Samuel Guedj,
Président d’Affectio Mutandi
Président de la commission RSE & DD du CIAN
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Derrière cette promesse de neutralité carbone se cache en effet une autre réalité : celle des mines, de leurs impacts environnementaux, des tensions sociales qu’elles peuvent provoquer, et des exigences croissantes de transparence.
Ces sujets ont largement été débattus lors des panels et pendant les pauses lors du dernier Sommet des Mines Africaines à Paris, les 2 et 3 juillet derniers, en présence de plusieurs ministres africains et de nombreuses délégations du continent. Face à ces enjeux, l’intégration rigoureuse des critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance) n’est pas seulement souhaitable. Elle est indispensable.
La transition énergétique creuse une dépendance aux matières premières… et aux risques. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande mondiale en minéraux critiques pourrait quadrupler d’ici à 2040. Cette explosion place les sociétés minières au cœur de la transition. Mais cette position stratégique s’accompagne d’un faisceau de risques ESG majeurs : atteintes à la biodiversité, conflits d’usage de l’eau, travail des enfants, violation des droits des communautés locales, corruption…
Pour les acteurs du secteur, l’époque où l’on pouvait ignorer ces externalités est révolue. Ce sont désormais les investisseurs, les États, certains clients exigeants et les consommateurs finaux qui imposent un alignement ESG fort. Sans cela, les projets ne voient pas le jour, les financements se tarissent, et la licence sociale d’opérer se délite.
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L’ESG, levier de performance
autant que de légitimité
Au-delà du risque réputationnel, l’ESG devient un moteur de performance et de compétitivité pour les entreprises minières. D’un point de vue financier, les acteurs les plus vertueux accèdent plus facilement aux fonds durables, aux obligations vertes, ou aux partenariats avec des clients exigeants (notamment dans l’automobile ou l’électronique).
Sur le plan opérationnel, ils sécurisent leurs projets grâce à une meilleure concertation locale, limitent les arrêts de production liés aux conflits, et anticipent les obligations de reporting extra-financier (CSRD, devoir de vigilance, taxonomies vertes). Enfin, en termes de gouvernance, les sociétés qui placent l’ESG au cœur de leurs décisions (par des indicateurs intégrés, une gouvernance dédiée, des audits indépendants) construisent une résilience de long terme.
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Passer des promesses à l’action :
un impératif d’exemplarité
Mettre en œuvre une stratégie ESG solide dans le secteur minier ne se décrète pas. Cela implique :
– Une réduction de l’empreinte carbone des opérations (électrification des machines, énergies renouvelables, économie circulaire).
– Une relation équitable avec les territoires d’implantation (partage des bénéfices, emploi local qualifié, concertation permanente).
– Une gouvernance exigeante, incluant des instances de supervision ESG, la transparence sur la traçabilité des matériaux, et une lutte active contre la corruption.
Certaines entreprises montrent la voie. Eramet, par exemple, intègre les ODD à sa stratégie et développe une filière européenne du lithium à faible impact. BHP ou Rio Tinto investissent massivement dans la traçabilité des métaux bas carbone et dans des corridors logistiques durables. Ces démarches ne relèvent pas du greenwashing : elles sont devenues des conditions d’accès aux marchés et aux financements.
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L’heure de l’ESG minier,
c’est maintenant !!!
Il ne peut y avoir de transition énergétique réussie si elle se construit au prix de nouvelles injustices. La cohérence commande que les métaux dits “verts” soient extraits, transformés et distribués selon des standards rigoureux, respectueux de l’environnement, des droits humains et des générations futures.
L’ESG n’est pas un coût pour les sociétés minières. C’est une assurance. Une exigence. Et une formidable opportunité de leadership. Pour que le cuivre d’un câble, le cobalt d’une batterie ou le lithium d’un accumulateur soient vraiment les alliés du climat – et non les complices de nouvelles fractures.
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CAAP 19 le 10 SEPTEMBRE 2025 /
Simandou 2040, infras, tourisme, numérique…
Une nouvelle donne pour l’essor de la Guinée Conakry
Riche de la plus importante réserve mondiale de bauxite, indispensable à la fabrication de l’aluminium, la Guinée Conakry a résilié en mai dernier quelque 120 contrats d’exploitation minière, au motif que les entreprises concernées ne respectaient pas le Code minier. Quels seront les impératifs de la nouvelle donne qui régira le secteur minier guinéen ?
Tel est le focus de notre XIXe Conférence des Ambassadeurs de Paris (CAAP 19), dédiée à la Guinée Conakry, le mercredi 10 septembre prochain.
D’autres secteurs d’avenir, comme le numérique et le tourisme, seront également explorés.
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dédiée au thème :
« MINES, TOURISME, NUMÉRIQUE… :
LA NOUVELLE DONNE DE L’ESSOR DE LA GUINÉE CONAKRY »
MERCREDI 10 SEPTEMBRE 2025,
de 17 h 00 (accueil dès 16 h 15) à 19 h 00,
puis cocktail VIP de réseautage dans un lieu parisien à préciser .
(en cours d’élaboration)
> Son Excellence Senkoun SYLLA, Ambassadeur de GUINÉE à Paris, a déjà confirmé sa participation, ainsi que
> M. Patrick SEVAISTRE, Professeur à SciencesPo Executive, CCEF, Expert Afrique centrale du CIAN.
> D’autres personnalités éminentes, françaises et guinéennes, sont attendues. Nous vous en informerons à mesure de l’enrichissement du panel.
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> RETROUVEZ ICI TOUS LES REPLAYS ET ARTICLES DE NOS CAAP
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