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Dominique Migisha (RDC) : « Nous comptons sur les jeunes formés au numérique, au Congo ou de la diaspora », pour corriger le déficit digital congolais

26 février 2020
De gauche à droite : Luc Missidimbazi, Conseiller du Premier ministre de la République du Congo, Chantal Youlou, Conseillère spéciale du Président de la RDC en charge de la jeunesse, Dominique Migisha, Conseiller spécial du Président de la RDC en charge du Numérique, Karim Koundi, Associé Deloitte. ©African Digital Story
Alors que le pays doit mettre les bouchées doubles pour rattraper son retard dans la numérisation, le Conseiller spécial du président de la RDC en charge du Numérique estime que l’État congolais « doit faire l’effort de créer le climat nécessaire » à la poursuite du déploiement du digital dans l’ensemble du territoire, des administrations, de l’économie et de la société. Dominique Migisha était à l’African Digital Story à Bruxelles, le 21 février dernier. Interview.

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Propos recueillis à Bruxelles par Emmanuelle Pailhiez,
AfricaPress.Paris (AP.P)
@PresseAfrica

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Pourquoi le président de la République Étienne Tshisekedi a-t-il fait du digital une priorité pour le pays ?

Dominique Migisha - Le président, élu en décembre 2018, a décidé de mettre à l’agenda politique le numérique. Sa vision se résume en une phrase : « Faire du numérique congolais un levier pour l’intégration, la bonne gouvernance, la croissance économique et le progrès social ». Le numérique doit nous permettre notamment de maximiser les recettes de l’État et d’atteindre le budget de 11 milliards de dollars que nous nous sommes fixés. Pour atteindre cet objectif, nous devons lutter contre la fraude et les détournements de fonds et c’est à travers les outils numériques que nous pourrons y parvenir.
Pour traduire cette vision du chef de l’État, j’ai été chargé, avec une cinquantaine d’experts, d’élaborer un plan. Le plan horizon 2025, validé en septembre 2019, est la feuille de route pour corriger le déficit que nous avons dans le secteur du digital. Il s’articule autour de quatre piliers - les infrastructures, les usages applicatifs, le contenu, la gouvernance et la régulation - et détaille 68 projets prioritaires qui seront mis en œuvre ces cinq prochaines années.

Quels sont les plus gros défis pour parvenir à développer le numérique ?

Dominique Migisha - L’un des premiers défis est de connecter l’ensemble du territoire. Notre pays fait plus de 2,4 millions de km2 et, aujourd’hui, les opérateurs ne couvrent que 40 % du territoire, ce qui n’est pas suffisant. Pour aider les opérateurs à se déployer, il faut leur permettre de bénéficier d’avantages fiscaux, car cela fait partie des grandes difficultés qu’ils mettent en avant, la pression fiscale et les tracasseries administratives. L’État congolais doit faire l’effort de créer le climat nécessaire à la poursuite du déploiement.
L’autre problématique est le défi énergétique. Sans électricité, pas de développement numérique. Pour y répondre, nous optons pour un mix énergétique ambitieux. Un contrat vient notamment d’être signé pour la construction de la troisième phase du barrage Inga. Nous avons aussi des projets de développement du solaire et d’autres micro centrales hydro-électriques.

Avez-vous des pays comme modèle en termes de développement du secteur numérique ?

Dominique Migisha - Nous prenons comme modèle des pays africains, car nous pensons qu’au niveau du numérique, la coopération sud-sud doit être privilégiée. Plusieurs pays se sont dotés d’un plan national numérique depuis longtemps. Le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Kenya, le Rwanda ou encore le Maroc et la Tunisie ont entrepris leur transition digitale depuis une vingtaine d’années. Autant de temps à rattraper, mais comme nous avons observé leur trajet, nous pouvons emprunter des chemins de traverse et prendre des raccourcis. Pour rattraper notre retard, nous comptons sur l’écosystème congolais, les entrepreneurs et ingénieurs, les jeunes formés dans tous les métiers du numérique, au Congo ou parmi la diaspora.

Faire appel à la jeunesse créative congolaise

Nos partenaires seront toujours les bienvenus, notamment pour nous aider dans les solutions complexes qui nécessitent des investissements et des technicités que nous n’avons pas. Mais nous devons surtout faire appel à la jeunesse créative congolaise. Pour ce que les Congolais peuvent développer eux-mêmes, nous allons les accompagner afin que l’État lui-même devienne leur client.
L’État congolais doit opérer une transformation radicale dans sa façon de fonctionner, dans sa gestion, afin d’être plus efficace et transparent. Les concepteurs congolais peuvent élaborer des applications, des solutions informatiques, des logiciels pour l’accompagner. Nous avons un écosystème suffisamment mûr pour développer la plupart des systèmes que nous allons utiliser demain. Ainsi, le numérique sera un secteur où le Congolais ne sera pas simplement consommateur, mais aussi acteur.

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