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Denis DESCHAMPS, DG CPCCAF : « La réussite du programme euroafricain Archipelago s’organise sur le compagnonnage éprouvé par les chambres consulaires de la CPCCAF »

15 janvier 2021
Denis DESCHAMPS, DG CPCCAF : « La réussite du programme euroafricain Archipelago s'organise sur le compagnonnage éprouvé par les chambres consulaires de la CPCCAF »
Tandis que certains cercles de réflexion envisagent de plus en plus la relation Europe-Afrique sous l’angle de la co-construction, et que le nouveau budget pluriannuel européen (2021-2027) prévoit 30 à 40 milliards d’euros pour le partenariat avec l’Afrique, les bonnes pratiques du programme Archipelago apparaissent à la fois pionnières et inspirantes.

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Une contribution de Denis DESCHAMPS,
Délégué Général CPCCAF
Conférence permanente des chambres consulaires africaines
et francophones

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La CPCCAF s’emploie activement à assurer le développement, avec le soutien de la Commission européenne (Fonds Fiduciaire d’Urgence) et dans les meilleures conditions possibles, compte tenu de la crise sanitaire mondiale, du programme Archipelago (2019-2022), qu’elle porte en consortium avec les organisations Sequa et Eurochambres.

Ce programme est mis en œuvre par ses membres dans 9 des 12 pays (1) de la zone du Sahel et du lac Tchad, à travers des projets de soutien à la formation professionnelle et entrepreneuriale des jeunes, des femmes et des migrants de retour. On précisera que ces projets sont coordonnés par des binômes ou des consortiums Nord –Sud composés d’organisations consulaires et patronales du continent africain et européen.

Outre l’accompagnement (avec partage de bonnes pratiques et retours d’expériences) des chambres de son réseau qui sont directement impliquées dans les projets et le suivi des actions locales qu’elles mettent en place, la CPCCAF participe à l’organisation de webinaires techniques visant plus particulièrement à favoriser la synergie d’Archipelago avec d’autres acteurs et programmes de développement économique en Afrique.

Par exemple, un atelier en ligne (s’inscrire ICI sur la plateforme Zoom) est organisé par Archipelago, le jeudi 21 janvier 2021, de 15h00 à 17h30, sur les modalités de coopération entre les porteurs de projets Archipelago et l’OIM (Organisation Internationale pour les Migrations ) pour l’intégration socioprofessionnelle des migrants de retour.

Un autre atelier en ligne (plateforme Zoom) sera ensuite organisé le lundi 15 février 2021 de 15 h 00 à 17 h 30, sur l’accès au financement des TPME africaines. D’autres initiatives du même ordre suivront, en fonction de l’évolution de la pandémie du COVID-19, qui impacte nécessairement le programme européen Archipelago.

Un programme du secteur privé visant le secteur privé

Malgré les contingences sanitaires et sécuritaires en Afrique et en Europe, la CPCCAF poursuivra ainsi sans relâche ses efforts, pour que le déploiement du programme Archipelago se fasse avec la plus grande réussite. Organisé à partir du dispositif éprouvé du Compagnonnage entre chambres CPCCAF (2015-2018), Archipelago a en effet ceci de très particulier qu’il s’agit d’un programme européen de développement économique, émanant du secteur privé (organisations consulaires et patronales) et visant le secteur privé. C’est ainsi que les coordinateurs de projets fondent leurs actions sur les attentes et les besoins très concrets des entreprises africaines, notamment grâce à des enquêtes de terrain ciblées autour de la formation professionnelle et entrepreneuriale.

À ce titre, Archipelago constitue en quelque sorte le pilote d’un nouveau modèle partenarial d’intervention entre l’Europe et l’Afrique, qui doit faire ses preuves d’abord dans la zone Sahel et la région du lac Tchad (choix de zone fait par le Fonds Fiduciaire d’Urgence européen), avant de pouvoir éventuellement s’étendre (avec des adaptations) à d’autres zones africaines, comme l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Est et Madagascar, l’Afrique du nord…

On rappellera en tout état de cause que l’exécution du programme européen Archipelago (2019-2022) a débuté en 2020, avec les premières activités menées par les porteurs de projets ayant remporté en 2019 le 1er appel à propositions (AAP).
Bien qu’il ait subi un coup d’arrêt pendant plusieurs mois, en raison de la crise sanitaire mondiale, le programme poursuit aujourd’hui son cours, avec une adaptation radicale des budgets et une complète évolution des modalités d’exécution des activités (remplacement des missions d’experts européens par un équipement des structures africaines en outils numériques, permettant un recours plus systématique à des experts locaux et la formation à distance).

Une réussite en matière de coopération inter-consulaire

Vingt projets ont été sélectionnés au cours des 2 appels à propositions :

o 1er Appel à projets (2019) : parmi les 10 projets sélectionnés en 2019, 7 d’entre eux impliquent des membres CPCCAF, avec 5 projets coordonnés par des membres de la CPCCAF et 1 par un partenaire du réseau (le CIAN), en tant que chefs de file des projets, et 16 membres de la Conférence qui sont partenaires de ces projets (en tant que co-demandeurs). A noter que ces porteurs de projets ont su faire preuve d’une grande réactivité face aux crises sanitaire et sécuritaire actuelles, comme par exemple le projet Al Bouzhour au Tchad

o 2e Appel à projets (2020)  : parmi les 10 projets retenus en 2020, 7 d’entre eux sont portés par des membres du réseau CPCCAF et mobilisent en tout 17 de ses membres.

Sur 20 projets au total, 14 sont ainsi coordonnés par des membres ou partenaires du réseau CPCCAF (en tant que chefs de file des projets) et 26 membres de la Conférence sont impliqués dans ces projets, en tant que co-demandeurs .

Même si la crise du COVID19 obère la mise en œuvre du programme, cette indéniable réussite en matière de coopération inter-consulaire souligne ainsi la forte mobilisation des équipes et membres du réseau CPCCAF, avec ses partenaires Sequa et Eurochambres, qui se placent dans la voie qui, du fait de la crise sanitaire du COVID-19, pourra conduire à une véritable politique de relance économique sur le continent africain, qui serait plus particulièrement fondée sur le secteur privé.

La relance en perspective…

C’est pourquoi, sur la base du nouvel instrument de financement européen (NDICI, pour la période 2021-2027) qui se substitue notamment au fonds d’urgence pour les migrations (FFU – EUTF), la CPCCAF pense qu’il sera aussi possible, en marge ou bien en complément du programme Archipelago, d’assurer la relance et le développement local en Afrique, par l’inclusion et la sécurité économique, alimentaire et sanitaire, grâce au secteur privé et aux structures intermédiaires (comme les chambres du réseau CPCCAF) qui accompagnent les entreprises sur le terrain.

Dans cette perspective, il convient de se fonder sur les secteurs de production porteurs pour l’inclusion des populations locales et également propices au rapprochement entre communautés d’affaires et territoires économiques africains et européens. Cette relance doit aussi passer par un appui aux TPME africaines et aux structures intermédiaires (comme les chambres consulaires) qui les accompagnent, pour permettre une réponse adaptée aux problématiques sanitaires révélées par la crise du COVID-19 et un soutien à des filières de production porteuses pour le continent. Ceci concerne en particulier les projets locaux visant à :

• L’autonomisation du secteur Sanitaire et prévention, avec accès à la Santé, Hygiène et Sécurité au travail ;

• La structuration des chaines de valeur et renforcement des entreprises dans les secteurs porteurs (alimentaire, développement durable…) pour l’Afrique.

Au risque de se répéter, on soulignera toute la pertinence du modèle du jumelage entre structures intermédiaires européennes et africaines, qui a été développé avec succès par la CPCCAF dans le cadre du Compagnonnage consulaire et du programme européen Archipelago.

Aussi, compte tenu de la crise, il faudra très certainement prendre en considération certains paramètres importants pour la mise en œuvre des projets de coopération et de développement en Afrique visant à la sécurité économique : un meilleur équipement en outils numériques, la professionnalisation des équipes africaines par rapport à la gestion de projets et la mise en place ou la réponse aux appels d’offres. Aussi et surtout, comme nous l’avons constaté au cours de l’année écoulée, une indispensable amélioration de l’accès au débit Internet afin d’assurer une communication efficiente entre les deux continents.

……

(1) - Les neuf pays concernés de la zone du Sahel : Mauritanie, Sénégal, Mali, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Niger, Tchad, Ghana et Cameroun (aucun projet n’a été retenu en Gambie, Guinée et Nigeria bien qu’étant pays cibles du programme).

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