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Débat CIAN / AFD : Comment « l’Équipe France » peut-elle passer d’une logique de « compagnonnage » à une logique de « partenariat » entreprises/agence ?

9 juillet 2026
Débat CIAN / AFD : Comment « l'Équipe France » peut-elle passer d'une logique de « compagnonnage » à une logique de « partenariat » entreprises/agence ?
Christophe LECOURTIER, Directeur général de l’AFD, durant son intervention au déjeuner-débat du CIAN, le 26 juin 2026, dans les salons de l’Automobile Club de France, à Paris. À sa gauche, on reconnaît notamment Étienne GIROS, Président du CIAN ; Sandra KASSAB, Directrice Afrique de l’AFD ; Lucia PETRY, Présidente de BPL France. Photo © AM/APP – CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR.
De retour du Maroc, où il était ambassadeur, Christophe LECOURTIER, nouveau Directeur général de l’Agence Française de Développement (AFD) était le 26 juin l’invité d’honneur du CIAN (Conseil français des investisseurs en Afrique) lors d’un déjeuner-débat très attendu par les entrepreneurs de l’association, curieux de connaître la nouvelle stratégie de l’AFD.

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par Alfred MIGNOT pour Africapresse.paris
(Texte écrit le 27 juin 2026, exceptionnellement selon la règle de Chatham House, à la demande de certains intervenants)

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Les sommets Afrique-France se suivent désormais à une périodicité variable de 4-5 ans, leurs formats et styles varient au gré des désirs de l’Élysée – après le sommet de Montpellier priorisant la société civile africaine, en 2021, on vient d’assister en mai 2026 au sommet de Nairobi (Kenya), le premier à être organisé hors l’espace francophone, marquant ainsi la volonté d’ouverture à l’Afrique anglophone – mais dans ce monde en plein chambardement, une entité reste « droit dans ses bottes » et continue sa mission, particulièrement à l’adresse de l’Afrique.

Il s’agit bien sûr de l’Agence Française de Développement (AFD), établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) et opérateur français majeur sur le continent africain, avec des agences établies dans 44 pays africains et en en couvrant 47 sur les 54 que compte le continent, tandis que l’Afrique concentre environ 50 % de l’activité financière du groupe (38 milliards d’euros de stock). Et si la part de l’Afrique a reculé dans le flux annuel 2025, du fait des difficultés financières de la France, elle s’élève tout de même encore à 30 % de l’engagement total du groupe, soit autour de 4,1 milliards d’euros en 2025, tandis que le stock cumulé de projets en cours dans le monde (38 Mds €) reste, lui, massivement africain, à 50 %.

Autant dire que la nouvelle donne géoéconomique amorcée avec le sommet de Nairobi, et la nomination d’un nouveau Directeur général de l’AFD, suscitent la plus grande interrogation de la part des opérateurs économiques français engagés avec l’Afrique, et notamment ceux du CIAN.

Une vue de la salle. Photo © AM/APP – CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR.

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Un partenaire
plus accessible

En quoi l’AFD mettra-elle en œuvre une stratégie renouvelée pour devenir un partenaire plus accessible et efficace pour les entreprises françaises, afin de renforcer la présence économique de la France en Afrique, continent dont l’importance pour l’avenir fait totalement consensus ?

Comment, afin d’être plus efficace face aux « grands empires" mondiaux, « l’Équipe France » peut-elle passer d’une logique de « compagnonnage » à une logique de « partenariat » entre les entreprises françaises et l’agence de développement ?

Cette approche, débattue lors du déjeuner-débat du CIAN, a conduit à identifier trois nouveaux objectifs auxquels tous les projets AFD devraient se conformer :

> Adéquation avec les Pays partenaires - Les projets doivent correspondre aux besoins des pays partenaires (institutions, collectivités locales, entreprises publiques ou privées).

> Intérêt des Français - Les projets doivent servir les intérêts français, notamment en contribuant à la transition énergétique, à la décarbonation, et en assurant la viabilité financière de l’AFD.

> Mobilisation des acteurs économiques - Inciter et accompagner les entreprises françaises à s’engager davantage.

Intervention de SEM Joël RAULT, Ambassadeur de Maurice. À sa gauche : SEM François NKULIKIYIMFURA, Ambassadeur du Rwanda ; M. Philippe GAUTIER, Directeur général de MEDEF International ; Mme Sandrine SORIEUL, Directrice générale du CIAN. Photo © AM/APP – CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR.

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Mesures concrètes
et innovations

Cette nouvelle vision devrait conduire à plusieurs ajustements concrets :

> Modification des règles d’Appel d’offres - Pour les projets financés par l’AFD (notamment dans les travaux publics), le critère du prix ne serait plus le seul. Des paramètres qualitatifs et techniques (durabilité, qualité des équipements) seraient désormais pris en compte pour favoriser des offres plus pérennes, ce qui n’était pas le cas auparavant.

> Outil de « Aide Liée » (Tied Aid) - Introduction d’un nouvel instrument de financement spécifiquement dédié aux biens et services français, une première en vingt-cinq ans.

> Financements associant de multiples outils - L’AFD et d’autres opérateurs publics (Trésor, Bpi Export…) pourraient s’allier pour financer certains projets.

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Nairobi ou le renouvellement
des relations avec l’Afrique

Un optimisme certain s’est exprimé lors de ce déjeuner-débat du CIAN quant à la l’avenir de la relation avec l’Afrique, le Sommet « Africa Forward » de Nairobi ayant planté les « graines » d’une nouvelle dynamique. Comme nombre d’entrepreneurs et hauts responsables publics le répètent depuis des années, l’Afrique est perçue en « communauté de destin » avec la France et l’Europe. Mais dans un contexte très compétitif, la France doit offrir le meilleur d’elle-même et se présenter sous son meilleur profil pour rester pertinente et ne pas être « balayée par l’histoire ».

Enfin, en écho à une certaine propaganda anti-AFD qui s’est développée il y a quelques mois, il a été rappelé que si L’AFD dispose d’un budget significatif d’environ 13 milliards d’euros, 15 % seulement sont issus de dotations publiques, tandis que 85 % proviennent des marchés financiers. L’AFD est par ailleurs le principal organisme français à capter des fonds européens pour les mettre en œuvre dans les pays d’intervention.

Moment de complicité entre Étienne Giros (débout), Président du CIAN, et Christophe Lecourtier, DG de l’AFD. Photo © AM/APP – CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR.

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L’activité des trois entités du Groupe AFD en 2025
> AFD (maison mère) : Acteurs publics, société civile.10 Mds €.
> Proparco : Secteur privé. 3,2 Mds
> Expertise France : Coopération technique. 565 M€
Total Groupe : 13,7 Mds € (identique à 2024)

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Présence de l’AFD en Afrique
Le groupe AFD est présent dans 44 pays africains (et en couvre 47, sur les 54 que compte le continent), organisés en 5 directions régionales, chacune couvrant plusieurs pays. Les directions régionales sont sises à : Casablanca (Maroc, Algérie, Libye, Tunisie, Égypte) ; Douala (Guinée équatoriale, Sao Tomé-et-Principe, RDC, Gabon, République centrafricaine, Congo, Cameroun, Tchad) ; Abidjan (Togo, Sierra Leone, Nigéria, Libéria, Guinée, Ghana, Côte d’Ivoire, Bénin) ; Ouagadougou (Cabo Verde, Gambie, Guinée-Bissau, Mauritanie, Sénégal) ; Nairobi (Tanzanie, Soudan du Sud, Soudan, Somalie, Rwanda, Ouganda, Kenya, Érythrée, Éthiopie, Djibouti, Burundi, Somalie et le Soudan) Johannesburg (Zimbabwe, Zambie, Namibie, Mozambique, Malawi, Lesotho, Eswatini, Botswana, Angola, Afrique du Sud).
Au total, l’AFD dispose aujourd’hui de 85 agences dans le monde, contre une soixantaine en 2011.

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