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« César, le Rhône pour mémoire » : des trésors archéologiques à découvrir au Musée d’Arles

France | 19 décembre 2009 | src.Rimbus le blog
Arles - L’exposition « César, le Rhône pour mémoire », au Musée départemental de l’Arles antique, a été inaugurée le 30 octobre avec faste. C’est l’occasion d’une rétrospective de 20 ans de fouilles sous les eaux du Rhône à la recherche du passé romain d’Arles. Devant le succès, l’expo, qui devait se tenir jusqu’en septembre 2010, a été prolongée jusqu’au 2 janvier 2011.

Arelate, nom antique de la ville d’Arles, a été un des premiers soutiens du consul Jules César. Son engagement pour le futur dictateur, au cours de la guerre pour le pouvoir suprême qui opposa César à Pompée, vit la cité récompensée et gagner le statut de colonie romaine, dévolue aux anciens militaires de la VIe légion.

La ville n’a cessé alors de se développer et de voir s’élever des bâtiments et des sculptures monumentales. Le Rhône a gardé la mémoire de ce passé prestigieux. Couchés dans sa vase protectrice, les trésors de la Rome antique ne demandent qu’à être révélés. C’est ce à quoi s’emploie l’équipe d’archéologues du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines dirigée par Luc Long, qui fouille depuis une vingtaine d’années un petit périmètre riche en trouvailles pour les remonter à bord du bateau Nocibé II, amarré entre les deux ponts de la ville.

Lorsqu’il a mis la main sur ce buste de marbre blanc à l’automne 2007, Luc Long est sorti de l’anonymat et le passé romain d’Arles est devenu le sujet à la mode.

Il faut dire que ce buste est unique, un portrait de Jules César, authentifié par le spécialiste mondial des portraits du chef romain, Fleming Johansen, fait du vivant du dictateur et sans doute la plus ancienne de ses rares représentations. Cette découverte importante n’est pourtant qu’un éléments des vestiges arrachés aux entrailles du fleuve (près de sept cents pièces). D’autres merveilles ont été trouvées depuis, comme une statue monumentale de Neptune.

Mais aussi de magnifiques bronzes rehaussés d’or, des éléments de colonnes, des objets précieux, bijoux, glaives ou de nombreuses amphores, représentatives de la grande activité commerciale de la ville antique.

L’année passée, on avait cru que César allait réveiller une nouvelle guerre des Gaules, quand le président de la Région Lanquedoc-Roussillon Georges Frêche avait revendiqué le buste pour l’exposer à Nîmes.

Michel Vauzelle, président de la région Provence - Alpes - Côte d’Azur, a insisté pour que le buste illustre reste à Arles au Musée départemental de l’Arles antique, dans le « musée bleu » comme l’appellent les arlésiens, avec les autres vestiges trouvés dans le fleuve.

C’est l’objet de cette exposition unique qui s’ouvre pour une année et révèle au public le résultat de vingt années de recherches difficiles, mais fructueuses.

Jules César retrouve donc sa cité d’Arelate, après avoir été nettoyé et restauré à Toulon. Il a même été radiographié et autopsié par le laboratoire de mesures nucléaires du CEA de Cadarache, ainsi que les bronzes « Le captif » et « La victoire », dont les délicates techniques de fabrication antique ont été dévoilées par nos moyens les plus modernes.

Cette exposition est aussi l’occasion de (re)découvrir les autres merveilles du musée arlésien, qui regorge de statues aussi belles que ce buste renommé, mais dont l’anonymat attire moins l’attention.

Le travail se poursuit pour les plongeurs-archéologues, ils savent que le fleuve renferme encore des secrets innombrables. Certains, comme ce navire romain entier à l’embouchure du Rhône, dans un état de conservation unique, dorment encore dans les eaux boueuses... faute de moyens pour en assurer l’extraction et la conservation. Ils dorment déjà depuis deux millénaires, ils attendront quelques années de plus pour être réveillés par nos chercheurs infatigables.

Rimbus

En savoir plus :
RIMBUS LE BLOG et Musée départemental de l’Arles antique

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