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COMORES - Création à Paris d’un Gouvernement comorien en exil ce 10 janvier 2026, lors d’un meeting politique de la diaspora comorienne

12 janvier 2026
COMORES - Création à Paris d'un Gouvernement comorien en exil ce 10 janvier 2026, lors d'un meeting politique de la diaspora comorienne
Ce samedi 10 janvier 2026, il y avait foule dans le Salon Monceau 1 de l’hôtel Novotel à Paris XVIIe, pour assister à un événement politique important pour la diaspora Comorienne, la création d’un gouvernement en exil. Photo © Joël Ranc
SAID HACHIM ACHIRAFI, personnalité politique comorienne, exilé en France depuis de nombreuses années, président du parti politique CADIM, membre de l’Opposition Comorienne Unie, ancien ministre de plusieurs portefeuilles, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016, a lancé son Gouvernement en exil, ce 10 janvier 2026 à Paris.

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Par Joël RANC, journaliste, pour AfricaPresse.Paris

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SAID HACHIM Achirafi, Président du Gouvernement Comorien en exil, durant son discours ; à sa gauche, Me MCHINDRA Abdallah, son Ministre des Affaires étrangères - ©️ Joël Ranc

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Une nombreuse diaspora comorienne aux tenues traditionnelles bigarrées est venue soutenir la création du G.C.E. à Paris - Photo ©️ Joël Ranc

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Un grand meeting politique
en écho à certains événements récents

De mémoire de Comorien en France, cela faisait au moins vingt ans qu’il n’y avait pas eu un tel rassemblement et engouement de Comoriens pour dénoncer le régime d’AZALI Assoumani et l’absence d’alternance politique aux Comores. C’est une diaspora comorienne, aux tenues traditionnelles bigarrées venue parfois de loin (de Marseille, de la Réunion), qui est venue soutenir SAID HACHIM Achirafi, personnalité politique Comorienne, qui a lancé son Gouvernement en exil.

Ce meeting politique de l’opposition comorienne s’est tenu en écho du discours sur l’état de la Nation du Président Azali Assoumani, prononcé le 29 décembre dernier à Moroni, pour présenter son bilan (contesté) pour 2025, et rappeler son plan de développement, le « Plan Comores Émergent (PCE) 2030 » pour les années futures.

Ce meeting politique se tient aussi juste après la tentative avortée de décembre 2025 d’un projet de loi visant à réformer le Code de l’information et de la communication de 2021, sur sa disposition la plus contestée, qui aurait eu pour effet de restreindre la liberté de la presse par la possibilité de divulgation de ses sources à la Justice.

Le Syndicat national des journalistes comoriens s’y est fermement opposé, dénonçant une atteinte aux valeurs de la démocratie ; le Conseil national de la presse et de l’audiovisuel (CNPA), organe para-étatique comorien, qui supervise désormais la presse et délivre les cartes de presse, n’a quant à lui pas réagi à cette tentative de réforme.

Ce meeting intervient aussi après ce que le pouvoir a qualifié d’échec de la mobilisation de l’opposition politique aux Comores, où l’opposition politique locale avait appelé, le 17 octobre dernier, à de grands rassemblements populaires, espérant ainsi s’inscrire dans le sillon du mouvement populaire « Gen Z 261 » à Madagascar, qui avait réussi à renverser le pouvoir de RAJOELINA Andry le 14 octobre 2025.

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Un paysage politique totalement verrouillé

La Convention pour le Renouveau des Comores (CRC), le parti au pouvoir, détient à ce jour, 27 à des 33 sièges, que compte l’Assemblée parlementaire Comorienne, soit près de 82 %, depuis les dernières élections législatives du 12 janvier 2025, en partie boycottées par l’opposition. De plus, notons que tous les sièges ont été pourvus dès le premier tour, le scrutin ayant été entaché de nombreuses irrégularités, selon l’opposition et certaines chancelleries. C’est ainsi que quatre élections de députés CRC avaient été annulées pour irrégularités, et leurs sièges à nouveau pourvus lors des élections partielles du 30/01/2025.

Rappelons que le Président de la république de l’Union des Comores est aussi le chef du gouvernement, mais que la fonction officieuse de Premier ministre est actuellement occupée par son fils aîné NOUR EL FATH Azali, depuis la dernière composition du gouvernement le 01 juillet 2024. Nommé par décret présidentiel Secrétaire général du gouvernement, position stratégique, dont les pouvoirs ont été étendus par un nouveau décret du 06 août 2024, cela lui permet de contrôler davantage tout le Gouvernement, dont les membres renouvelés en juillet dernier sont issus de sa génération.

Nour El Fath Azali est destiné à succéder à son père lors de la prochaine élection présidentielle prévue en 2029.

Il vient encore d’accentuer son contrôle sur le gouvernement, par l’adoption d’un décret le 08 octobre 2025, contenant une réforme caractérisée, selon ses termes, par « la restructuration de l’organisation et du fonctionnement des départements ministériels pour plus d’efficacité et de productivité ».

Autant dire que le paysage politique Comorien est totalement verrouillé, empêchant toute alternance politique depuis plusieurs années et selon la volonté du Président AZALI Assoumani pour de nombreuses années encore et qu’il est au pouvoir depuis 1999 à 2006 et à nouveau depuis 2016, qualifié de dictateur par ses détracteurs, a les mains libres pour conduire les rênes du pays selon son bon vouloir, y compris celles de modifier la Constitution à sa guise, même si ces rênes ont déjà été en partie confiées à la nouvelle génération de sa famille pour la gestion quotidienne.

C’est d’ailleurs un des nouveaux points de crispation politique et aussi en écho face à l’annonce récente faite par le pouvoir, de vouloir conduire une nouvelle réforme constitutionnelle le 17 février prochain, après celle contestée du 30 juillet 2018, portée par et à l’avantage du colonel Azali, car remettant les compteurs à zéro lui ayant permis un quatrième mandat (dont le 3e consécutif) à la suite de sa dernière élection très contestée du 14 janvier 2024, qui a conduit des leaders politiques et de la société civile de la diaspora comorienne à se réunir en décembre 2025 et à envisager la création d’un Gouvernement Comorien en exil.

Ce Gouvernement Comorien en exil conteste également la précédente révision constitutionnelle du 30 juillet 2018, modifiant la Constitution du 23 décembre 2001 modifiée le 23 mai 2009, qui contenait un système de rotation de la présidence du pays, imposant que les candidats soient tour à tour originaires de l’une des principales îles de l’archipel : Anjouan, Grande Comore, Mohéli et en théorie Mayotte.
La révision constitutionnelle de 2018 a ainsi modifié à l’avantage du colonel Azali, jugé illégitime depuis, les termes de cette rotation inscrite dans la Constitution.

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Ce 10 janvier 2026, marque le lancement
du Gouvernement Comorien en exil

Le Gouvernement en exil créé ce 10 janvier 2026 à Paris, et que les Comoriens de la diaspora présents au meeting de lancement soutiennent, vise plusieurs objectifs :

> Dénoncer et empêcher les dernières mesures prises par le régime visant à verrouiller davantage le paysage politique Comorien, dont la nouvelle réforme constitutionnelle annoncée pour le 17 février prochain.

> Dénoncer les nombreuses arrestations et séquestrations arbitraires, les assassinats, les violences et les violations des libertés fondamentales aux Comores.

> Faire de ce gouvernement un instrument de combat politique pour lutter contre le renforcement de la dictature et de la kleptocratie au sein de l’Union des Comores.

> Faire de ce gouvernement un instrument de visibilité sur la scène diplomatique internationale et offrir une alternative politique démocratique reconnue.

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Assis à droite de MCHINDRA Abdallah, Ministre d’État, ministre des Affaires étrangères qui prononce son discours, une partie des membres du Gouvernement - ©️ Joël Ranc

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La composition de ce premier
Gouvernement Comorien en exil

Selon le communiqué de presse transmis, ce Gouvernement comorien en exil est présidé par le leader politique en exil, SAID HACHIM Achirafi, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016, ne pouvant se représenter depuis à l’élection présidentielle – dont la dernière du 14/01/2024, boycottée par d’autres – en raison de son exil forcé, comme de nombreux leaders politiques comoriens.

Il est composé dans un premier temps de neuf ministres :

1) Maître MCHINDRA Abdallah, avocat, président du Mouvement des Démocrates Comoriens (MDC), parti politique Comorien,
nommé Ministre d’État, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de la Francophonie, de la Diaspora.

2) Monsieur MOHAMED Saïd, membre du Collectif des Comoriens de Marseille,
nommé Ministre de l’Intérieur et de l’information.

3) Monsieur MAHMOUD Mze Ali,
Nommé Ministre de l’Économie, des finances et du budget.

4) Monsieur SAÏD HOUMADI Abdou,
nommé Ministre de la Santé et de l’environnement.

5) Madame ADTOUMANE Sitty Bhoirfa,
nommée Ministre de la Condition féminine et de l’égalité Homme/Femme.

6) Monsieur MCHINDA Karima,
nommé Ministre des Transports, du tourisme et des PME.

7) Monsieur ADTOUMANI Daoud,
nommé Ministre des Ressources naturelles, de l’agriculture et de la pêche.

8) Monsieur SIRADJIDDINE Ben Saïd Massonde,
nommé Ministre de l’Instruction nationale, de l’enseignement et de la cohésion sociale.

9) Monsieur SAID YASSINE Saïd Ahmed,
nommé Directeur de Cabinet, chargé de la communication, Porte-parole du Gouvernement Comorien en exil.

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Au premier rang, d’autres membres du Gouvernement comorien en exil - Photo ©️ Joël Ranc

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Un Président comorien aux propos antisémites
et qui fonde sa communication sur la désinformation

La presse, les trolls Internet pro régime et y compris le Consul général comorien de Marseille, autorité officielle du régime dictatorial, ont immédiatement réagi, dénonçant de la façon la plus stupide qui soit l’événement, en le présentant comme une réunion en présence de mercenaires blancs pour les Européens apparaissant sur les photos publiées par les organisateurs de cette cérémonie. Les invités intellectuels, diplomates et la presse couvrant l’événement et faisant leur métier, présentés à tort comme des mercenaires prêts à envahir les Comores ou aux relents néo coloniaux apprécieront...

Ces écrits très stupides ont au moins le mérite de démontrer la très grande fébrilité de leurs auteurs et leur propension à instrumentaliser leurs lecteurs en pratiquant la désinformation.

Cela est d’autant plus regrettable que celui qui se fait appeler « al- Imam » (le guide religieux) AZALI Assoumani – car voulant guider son peuple sur le plan spirituel et non pas seulement politique –, a déjà été pris en flagrant délit d’antisémitisme lors d’un discours prononcé le 18 août 2023, ce que n’a pas manqué de rappeler Moshe LEWIN, Grand Rabbin du Raincy (93340), Vice-président de la Conférence des rabbins européens, Conseiller spécial et porte-parole du Grand Rabbin de France Haïm Korsia, Conseiller au Consistoire central de France et membre de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, lors du Forum 3 « Imaginer la paix - Paris 2024 », organisé par la Communauté de Sant’Egidio le 23 septembre 2024 au Collège de France lors des rencontres internationales pour la paix, pour dénoncer la montée de l’antisémitisme, dont celui d’État et l’absence de condamnation publique par les pays dits démocratiques et la diplomatie européenne et l’ONU.

Extrait du discours de Moshe Lewin, prononcé en italien :
« Porto alla vostra attenzione tutti questi pericoli per delle semplici ragioni : molti hanno sentito parlare di un presidente di un piccolo Paese, l’arcipelago delle Isole Comore, che il 18 agosto presiedeva l’Unione Africana. Dunque, è una questione importante. Durante una preghiera del venerdì ha dichiarato : musulmani e cristiani devono coesistere. E va bene. Continua : noi dobbiamo vivere con i cattolici, ma anche con i maledetti ebrei, la collera di Dio si abbatta su di essi. Gli ebrei sono i padroni del mondo, non solo come noi, loro si nascondono, rimangono nell’ombra e si rivelano nel tempo opportuno. »
Vedete tutte le radici dell’antisemitismo. E queste frasi sono state pronunciate pubblicamente, attraverso anche le reti di informazione. Anche francesi ? Chiedo. Quale paese ha condannato queste dichiarazioni ? L’Unione Europea lo ha fatto ? Ma nemmeno con un tweet ! Il ministero degli Affari Esteri francese lo ha fatto ? No !

Noi abbiamo sollevato la questione. Io sono membro della commissione nazionale consultiva per i diritti umani e probabilmente ci sono altri interessi. Parlano tanto di arma migratoria, questa ha avuto i suoi effetti. Io ho trasmesso tutti gli elementi all’ONU, non vi sono state reazioni. Allora, dopo tutto ciò, dopo la descrizione del malessere generale e delle varie crisi, quali sono le possibilità per un futuro migliore ? Anche parlando come religioso, ritengo che le religioni, insieme, debbono svolgere un ruolo cruciale nella preservazione e promozione dei diritti umani, attuando degli sforzi concertati, hanno la possibilità di utilizzare la loro piattaforma per promuovere i valori europei... »

Traduction :
« J’attire votre attention sur tous ces dangers pour de simples raisons : beaucoup ont entendu parler d’un président d’un petit pays, l’archipel des Comores, qui présidait l’Union africaine le 18 août. Donc, c’est une question importante. Au cours d’une prière du vendredi, il a déclaré : musulmans et chrétiens doivent coexister. C’est bien. Il continue : nous devons vivre avec les catholiques, mais aussi avec les maudits juifs, la colère de Dieu s’abat sur eux. Les juifs sont les maîtres du monde, pas seulement comme nous, ils se cachent, restent dans l’ombre et se révèlent au bon moment. »

Vous voyez toutes les racines de l’antisémitisme. Et ces phrases ont été prononcées publiquement, même par le biais des réseaux d’information. Même les Français ? Je me demande. Quel pays a condamné ces déclarations ? L’Union européenne l’a fait ? Même pas avec un tweet ! Le ministère français des affaires étrangères l’a-t-il fait ? Non !

Nous avons soulevé la question. Je suis membre de la commission consultative nationale des droits de l’homme et il y a probablement d’autres intérêts. On parle beaucoup d’arme migratoire, celle-ci a eu ses effets. J’ai transmis tous les éléments à l’ONU, il n’y a pas eu de réaction. Alors, après tout cela, après la description du malaise général et des différentes crises, quelles sont les possibilités pour un avenir meilleur ? Aussi, en tant que religieux, je pense qu’ensemble les religions ont un rôle crucial à jouer dans la préservation et la promotion des droits de l’homme, grâce à des efforts concertés, elles peuvent utiliser leur plate-forme pour promouvoir les valeurs européennes... »

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SAID HACHIM Achirafi, Président du G.C.E. pose devant le drapeau Comorien ; à gauche, la Doyenne de la diaspora Comorienne venue de Marseille - Photo ©️ Joël Ranc

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Retrouvez ici tous les REPLAYS et ARTICLES
de notre XXe CONFÉRENCE DES AMBASSADEURS DE PARIS (CAP 20)

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