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CMAAP 8 / S. E. M. François NKULIKIYIMFURA, Ambassadeur du RWANDA : « Pays des mille collines, le Rwanda est aussi devenu le pays des mille opportunités »

24 avril 2023
CMAAP 8 / S. E. M. François NKULIKIYIMFURA, Ambassadeur du RWANDA : « Pays des mille collines, le Rwanda est aussi devenu le pays des mille opportunités »
Panéliste de notre VIIIe Conférence des Ambassadeurs Africains de Paris, dédiée au thème « Dé-risquer l’Afrique pour mieux la financer », S. E. M. l’Ambassadeur du RWANDA a soulevé des questions de méthodologie d’appréciation du risque avant d’exposer aux participants les réformes mises en place dans son pays pour améliorer l’environnement des affaires.

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par Alfred MIGNOT, AfricaPresse.Paris (APP)
@alfredmignot | @africa_presse

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Démarrant son propos liminaire, l’Ambassadeur du Rwanda estime que « Parler du risque ou de la perception du risque africain est un sujet intéressant mais très vaste, comme l’a relevé mon collègue l’Ambassadeur d’Égypte. Aussi, comme cela a été dit dans l’exposé du thème de la conférence, il est certain que les dirigeants et entrepreneurs impliqués dans la relation économique avec l’Afrique considèrent que le continent est aujourd’hui encore fortement pénalisé par une surévaluation constante et excessive du coût du risque. C’est malheureusement vrai ! Et cela entrave bien entendu les opérations financières sur le continent ». [voir à la fin de ce texte les liens vers les autres articles, ndlr].

Avant de « partager l’expérience du Rwanda », comme il l’annonce, l’Ambassadeur François NKULIKIYIMFURA émet quelques considérations de méthode : « La perception du risque dépend des informations que nous partageons entre nous, opérateurs économiques africains, et aussi que nous mettons à la disposition des potentiels investisseurs intéressés par le continent. Mais, ces informations que nous livrons sont-elles adéquates ? Sont-elles mises à jour ? Sont-elles celles recherchées par les décideurs européens, français en l’occurrence ?
« Mais je ne vais pas essayer de répondre à cette question, les experts qui nous accompagnent disposent de tous les éléments pour nous éclairer sur le sujet »

Aujourd’hui, poursuit-il, on se rend compte parfois d’une certaine asymétrie de l’information, tandis que la perception des risques du continent africain mérite d’être considérée non pas dans une supposée globalité, mais spécifiquement, par pays. »

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Une croissance moyenne
de 8 % par an

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Abordant la présentation du cas rwandais, l’Ambassadeur explique que depuis déjà quelques années, « nous nous plaisons à paraphraser l’expression classique de « Rwanda, pays des mille collines » par « Rwanda, pays des mille opportunités ». Et ces opportunités découlent de plusieurs réformes, notamment celle ayant permis de développer la place financière du pays, le Kigali International Financial Center.

S. E. M. François NKULIKIYIMFURA durant son allocution. À sa droite : M. Zied LOUKIL, Associé MAZARS, et S. E. M. Alaa YOUSSEF, Ambassadeur d’ÉGYPTE. © F. Reglain

« Le Rwanda est aujourd’hui classé parmi les pays les plus performants du continent africain, et ce, grâce à sa stabilité politique, sa transparence, la sécurité et surtout sa tolérance zéro envers la corruption, poursuit S. E. M. François NKULIKIYIMFURA. Cette combinaison du leadership, de la résilience du peuple rwandais et de la bonne gouvernance ont permis à notre pays – grâce entre autres à la stratégie nationale de développement du Rwanda – de devenir l’une des économies les plus performantes du continent, avec une croissance moyenne de 8 % par an depuis quelque dix ans.

« Le Rwanda est un pays en pleine expansion économique, avec un marché de plus de 13 millions d’habitants, et membre de la communauté Est-Africaine d’environ 300 millions de consommateurs. Le Rwanda est en tête des pays qui ont su réformer de manière cohérente depuis environ 2008, selon les différents rapports Doing Business de la Banque mondiale. Le Rwanda est aujourd’hui le deuxième pays d’Afrique subsaharienne pour les facilités liées au climat des affaires.

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Tout pour faciliter
les investissements

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« Dans l’optique de faciliter les investissements, nous avons notamment procédé à beaucoup de réformes sur le plan de la taxation des entreprises. Des négociations sont en cours avec plus d’une vingtaine de pays.
« Aujourd’hui, il est possible au Rwanda d’enregistrer une création de société en moins de six heures. Tout cela est opéré par deux institutions principales : le Rwanda Development Board, qui est l’entité de promotion des investissements, et le Kigali International Financial Center, dont l’objectif est de transformer le Rwanda en destination internationale, afin qu’il devienne demain une plateforme financière en Afrique de l’Est et dans tout le continent. »

Dans l’objectif d’attirer plus d’investissements, les autorités rwandaises ont mis en place un cadre fiscal incitatif : il n’y a plus aucune restriction concernant les demandes de rapatriement des profits, ni aucune autorisation préalable requise de la banque centrale. De même, il n’y a aucune restriction au rapatriement des capitaux et pas d’imposition sur les gains en capital. Le système bancaire s’est étoffé : le Rwanda compte aujourd’hui une quinzaine de banques commerciales, dont la plupart sont locales et régionales, et la bourse est en pleine expansion.

« Ces éléments sont en fait peu connus et l’on se rend compte que bien des opérateurs, de par le monde, vivent avec une perception obsolète de notre pays… Aujourd’hui, les mesures mises en place sont en train de donner des résultats très prometteurs », observe l’Ambassadeur, précisant que les réformes sont essentiellement déployées selon quatre axes : un alignement sur les standards internationaux en termes de conformité et de gouvernance ; la transparence au niveau des gouvernements ; la performance des index de corruption, le Rwanda étant classé parmi les cinq premiers du continent ; un cadre législatif et fiscal attractif, avec un taux d’imposition réduit pour les fonds d’investissement.

« Nous avons également établi des partenariats de promotion des investissements, au Rwanda et sur tout le continent, ainsi qu’avec des centres financiers situés aussi bien en Europe – au Luxembourg et en Belgique – qu’en Asie, avec Singapour, ou encore au Moyen-Orient, avec le Qatar. Des partenariats sont également mis en place avec des investisseurs africains et internationaux, avec Afric Invest, Bpifrance et des associations du secteur privé. »

Une vue de salle de conférences de l’Académie des Sciences d’Outre-mer. © F. Reglain

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Un fonds rwandais pour le secteur
privé de l’économie verte

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Revenant lors de sa seconde intervention sur la question de la perception du risque, S. E. M. François NKULIKIYIMFURA relève que les banques et assurances africaines réussissent à lever des fonds importants sur le marché, auprès de grandes institutions internationales, comme la BM, la BAD, la BEI, l’AFD ou encore la GIZ, etc., qui financent plutôt volontiers les grands projets d’infrastructure dans les secteurs de l’énergie, et les transports. Mais cela reste bien difficile pour les entreprises du secteur privé, pour les PME tout comme pour les microprojets des TPE. Comment alors peut-on accompagner ces entreprises qui subissent un rejet ? « Car nous avons besoin de financer le secteur privé, plus grand pourvoyeur d’emplois, à des coûts moins importants que ceux proposés aujourd’hui.

Au Rwanda, pour contribuer à pallier ce déficit, nous avons mis en place l’année dernière durant la COP 27 un fonds pour l’investissement vert, Ireme Invest. Co-entreprise issue du Fonds vert du Rwanda et de la banque de développement du pays, il a permis de lever d’emblée 100 millions de dollars sur un capital total à terme de 500 millions USD. Ce fonds offre aux entreprises du secteur privé des facilités de préparation de projets avec des subventions, des prêts concessionnels et des garanties de crédit. Il représente l’un des éléments forts de l’engagement de notre pays en faveur du développement du secteur privé », conclut l’Ambassadeur du Rwanda.

Relevons enfin qu’au cours de sa participation, ce 14 avril 2023, à la VIIIe Conférence des Ambassadeurs Africains de Paris, S. E. M. François NKULIKIYIMFURA n’a pas manqué de relever qu’il « n’est pas facile en ce mois d’avril de parler du Rwanda sans se référer à l’histoire récente du génocide perpétré contre les Tutsis, en avril 1994. Une période sombre de notre histoire récente où nous commémorons les nôtres en ce moment même, et ce pendant cent jours…

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Les personnalités du panel et quelques autres ayant participé à notre VIIIe Conférence des Ambassadeurs Africains de Paris (de gauche à droite sur le photo) : S. E. M. Alaa YOUSSEF, Ambassadeur d’ÉGYPTE ; M. Alfred MIGNOT, Président AfricaPresse.Paris, concepteur et modérateur des CMAAP ; S. E. M. François NKULIKIYIMFURA, Ambassadeur du RWANDA ; Mme Lucia PETRY, Présidente de BPL Global France ; M. É tienne GIROS, Président du Cian ; Mme Læticia BALOU, Présidente de LB Global Consulting ; S. E. M. Ayed Mousseid YAHYA, Ambassadeur de DJIBOUTI ; M. Zied LOUKIL, Associé Mazars France ; S. E. M. Vijayen VALAYDON, Ambassadeur de MAURICE ; M. Emmanuel PEZÉ, Vice-Président Afrique et Moyen Orient de TINUBU. © F. Reglain

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RETROUVEZ ICI LE REPLAY de notre VIIIe Conférence des Ambassadeurs Africains de Paris (CMAAP 8) du 12 avril 2023

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TOUS NOS ARTICLES SUR LA CMAAP 8

CMAAP 8 / S. E. M. Alaa YOUSSEF, Ambassadeur d’Égypte : « Notre gouvernement veut désormais donner la priorité au secteur privé »

CMAAP 8 / S. E. M. François NKULIKIYIMFURA, Ambassadeur du RWANDA : « Pays des mille collines, le Rwanda est aussi devenu le pays des mille opportunités »

CMAAP 8 / Zied LOUKIL, Associé MAZARS France : « L’Afrique doit se donner plus de moyens pour financer ses PME »

CMAAP 8 / Lucia PETRY, Présidente BPL Global France : « En Afrique comme dans le reste du monde, on trouve toujours des solutions pour sécuriser les contrats internationaux face aux risques politiques »

CMAAP 8 / Emmanuel PEZÉ, VP TINUBU : « L’assurance-crédit est un pilier fondamental à la confiance et à l’essor des PME africaines »

CMAAP 8 / Læticia BALOU, PR de LB Global-Consulting : « L’investisseur disposant d’un maximum d’informations positive sa perception du risque en Afrique »

CMAAP 8 / REPLAY de notre VIIIe Conférence des Ambassadeurs Africains de Paris : « Dé-risquer l’Afrique pour mieux la financer »

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