Retrouvez AfricaPresse.paris sur :
RSS

Outils

CMAAP 4 - JICA - TICAD - SE M. Mohamed BENCHAÂBOUN, Ambassadeur du MAROC à Paris : « Le Maroc restera engagé aux côtés du Japon pour la réalisation des objectifs conjoints de la TICAD »

7 juillet 2022
CMAAP 4 - JICA - TICAD - SE M. Mohamed BENCHAÂBOUN, Ambassadeur du MAROC à Paris : « Le Maroc restera engagé aux côtés du Japon pour la réalisation des objectifs conjoints de la TICAD »
SE M. Mohamed BENCHAÂBOUN, Ambassadeur de SM LE ROI MOHAMMED VI, durant son discours l’Académie des Sciences d’Outre-mer, lors de la IVe Conférence des Ambassadeurs africains de Paris (CMAAP 4), le 28 juin 2022. © Frédéric Reglain/APP
Invité d’honneur, avec les ambassadeurs d’Éthiopie et du Japon, à la IVe Conférence des Ambassadeurs africains de Paris, dédiée à la TICAD, SE M. Mohamed BENCHAÂBOUN, ambassadeur de SM Mohammed VI à Paris, a évoqué les nombreux points positifs de la coopération japonaise sur le Continent. Nous publions ici son discours intégral.

.

Discours prononcé par SE M. Mohamed BENCHAÂBOUN,
Ambassadeur de SM LE ROI MOHAMMED VI,

à l’Académie des Sciences d’Outre-mer, lors de la IVe Conférence
des Ambassadeurs africains de Paris (CMAAP 4), le 28 juin 2022.
[Les intertitres sont de la rédaction]

.

Après avoir exprimé son plaisir de prendre part « à cette IVe Conférence des Ambassadeurs africains de Paris qui offre le cadre idoine pour dresser le bilan et identifier des perspectives de la coopération japonaise en Afrique, à la veille de la tenue, de la 8e édition de la TICAD » qui se tiendra à Tunis les 27 et 28 août prochains, SE M. Mohamed BENCHÂABOUN a considéré que cette TICAD 8 « interviendra dans une conjoncture internationale tendue, marquée par la multiplication de défis issus d’une superposition de crises qui ont impacté le monde et particulièrement notre continent. Elles ont porté aussi bien sur le plan sanitaire que sur les plans économique, social, sécuritaire et environnemental.
À ces contraintes, s’ajoutent les effets pervers de l’inflation, avec la flambée vertigineuse des prix du pétrole et des denrées de base, qui menacent de dégénérer en véritables catastrophes humaines. »

.

Diversification des relations
des pays africains

.

L’ambassadeur de SM Mohammed VI a ensuite exposé les atouts du Continent que la communauté internationale a aujourd’hui redécouverts :

« Après une longue période d’afro-pessimisme qui a marqué des générations, l’Afrique est redevenue un continent convoité et un enjeu stratégique. Ce repositionnement de l’Afrique dans le monde actuel interroge à l’échelle de l’espace sur la question de son insertion dans les échanges internationaux notamment à travers ses coopérations et ses liens avec les pays développés, ainsi qu’avec les nouvelles puissances émergentes. Un constat s’impose : celui de la diversification des relations des pays africains. Depuis plus d’une décennie, nous constatons en effet que l’Afrique est au centre d’un rapport de force et d’influence.

« C’est en Afrique que se joue largement l’avenir du monde. Et comme l’a souligné Sa Majesté le Roi dans son dernier discours au Forum des fonds d’investissement qui s’est tenu la semaine dernière à Rabat,

« L’Afrique est le continent du XXIe siècle. Celui qui abritera un quart de la population mondiale à l’horizon 2050, qui plus est une population jeune et créative, celui qui constituera un marché de plus de 1,2 milliard de personnes et un PIB cumulé de plus de 3 400 milliards de dollars à l’opérationnalisation de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine. La perception que nous avons de l’Afrique doit évoluer. »

.

…………

Une vue de la salle durant la conférence. © F. Reglain/APP
…………

.

Abordant ensuite la question de la coopération japonaise au développement de l’Afrique, thème de cette IVe Conférence mensuelle des Ambassadeurs Africains de Paris (CMAAP 4), SE M. Mohamed Benchâaboun a relevé que « Au fil des décennies, le Japon est devenu un partenaire important de l’Afrique. Il multiplie les investissements en plus d’améliorer ses relations avec beaucoup de pays africains. Les dernières réunions de la TICAD mettaient, entre autres, l’accent sur les investissements dans les infrastructures pour l’industrialisation.

Lors de la sixième édition de 2016, la promotion de la transformation économique par l’industrialisation était parmi les axes principaux de la conférence. En 2019, le plan d’action de la dernière TICAD avait pour priorité la promotion de l’industrialisation et la diversification économiques par le développement des infrastructures numériques dans un contexte plus favorable de l’instauration de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).

.

Le rôle important de la TICAD
pour la sécurité sanitaire en Afrique

.

Outre les questions classiques liées au développement socio-économique, à la stabilité politique et à la sécurité alimentaire en Afrique, s’ajoute désormais celle de la sécurité sanitaire. L’Afrique a été le Continent qui a le plus souffert des conséquences de la pandémie de la COVID-19. La résistance et la résilience des gouvernements et des populations de l’Afrique, méritent d’être saluées.

Les défis liés à cette crise sanitaire rappellent l’importance de redoubler d’efforts pour renforcer nos systèmes de santé, assurer l’accès aux soins et élargir la protection sociale. La TICAD, qui a fait de l’amélioration de la couverture sanitaire universelle une de ses priorités, a un rôle important à jouer pour soutenir les efforts africains dans ce sens. Des expériences concluantes existent au niveau du Continent.

En pleine crise, en avril 2021, le Maroc a lancé le chantier de généralisation de la protection sociale. Sa Majesté le Roi a lancé, en janvier 2022, une unité industrielle de fabrication de vaccins. Ce Projet servira à satisfaire les besoins du Maroc et contribuera à couvrir ceux du continent.

.

La pandémie, un défi révélateur
d’opportunités d’investissement

.

Si la pandémie a été un défi systémique sans précédent, elle a aussi été un révélateur unique des opportunités d’investissements à saisir. Dans ce cadre, les partenariats public-privé, sur lesquels la TICAD a eu la sagesse de miser, sont une formule idoine pour réaliser des projets structurants et d’envergure. Joindre les fonds du secteur privé aux garanties apportées par l’État est aussi une façon de démultiplier l’engagement des quelque 900 entreprises japonaises actuellement présentes en Afrique, et d’encourager d’autres à les rejoindre.

D’autre part, à l’échelle de l’Afrique, la TICAD peut être un levier de développement de l’entreprenariat et de la création de richesses, au travers notamment du renforcement des nouvelles technologies digitales. La pandémie de la Covid-19 a convaincu nombre de pays africains de la nécessité d’accélérer ce processus, qui implique une grande mobilisation d’équipements et de savoir.

La TICAD gagnerait à s’inscrire dans cette dynamique, où l’Afrique mettrait à profit sa jeunesse et son capital humain, et le Japon offrirait sa ressource première qui est la technologie.

La consolidation de nos actions au sein de la TICAD pour soutenir les efforts en faveur de la jeunesse également, constituera un vecteur certain de relance économique post-Covid sur le Continent, dans la perspective d’une croissance durable, inclusive et pour réduire les inégalités sociales et spatiales.

.

…………

SE M. Mohamed BENCHÂABOUN, ambassadeur de SM Mohammed VI à Paris, en conversation avec M. Ferdinand BLEKA, Président international de AFRIJAPAN, entité de promotion de la TICAD, lors de la IVe Conférence des Ambassadeurs africains de Paris, dédiée à la TICAD, le 28 juin 2022. © Frédéric Reglain/APP.
…………

.

L’Afrique a toujours été au cœur des choix stratégiques du Maroc, qui n’a jamais cessé de réaffirmer son identité africaine depuis son indépendance. La relation Maroc-Afrique est une priorité de la politique étrangère, inscrite au préambule de la Constitution de 2011.

Dans cet esprit, je souhaiterais assurer que le Maroc restera engagé aux côtés du Japon et de l’ensemble des partenaires pour la réalisation des objectifs conjoints de la TICAD. La conviction du Maroc est que ce processus s’inscrive dans le temps long.

Le Maroc restera engagé, aux niveaux national et régional, dans les divers domaines d’intervention de la TICAD, et ce, dans le cadre d’une approche gagnant-gagnant basée sur l’appropriation, le partage d’expériences et la coopération tripartite.

Nous avons grand espoir de voir émerger de la Conférence de Tunis [les 27 et 28 août prochains, ndlr], des mesures audacieuses et innovantes ainsi qu’un engagement ferme en faveur du développement de l’Afrique.

◊ ◊ ◊

.

CLIQUEZ ICI ET VOYEZ
LE REPLAY DE NOTRE CMAAP 4
DU 28 JUIN, DÉDIÉE À LA TICAD

.

◊ ◊ ◊

Articles récents recommandés