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CAP 22 / Sandra KASSAB sur la RSE en Afrique : « L’AFD revendique une redevabilité à triple exigence »

11 juillet 2026
CAP 22 / Sandra KASSAB sur la RSE en Afrique : « L'AFD revendique une redevabilité à triple exigence »
Mme Sandra KASSAB, Directrice Afrique de l’AFD, lors de son intervention à la XXIIe Conférence des Ambassadeurs de Paris, le 23 juin 2026 à l’ISG campus Paris. Captation © DR – CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR.
Lors de la XXIIe Conférence des Ambassadeurs de Paris (CAP 22), organisée le 23 juin 2026 à l’ISG Paris sur le thème de « L’excellence sociétale des entreprises françaises en Afrique », Sandra Kassab, Directrice Afrique de l’AFD, a éclairé les participants sur la manière dont l’institution conçoit sa responsabilité sociale et environnementale.

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par Alfred MIGNOT, Directeur de AfricaPresse.Paris (APP)
@africa_presse
@alfredmignot

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Une banque publique,
une exception française

C’est d’abord un rappel historique que pose Sandra Kassab. « Vieille institution, bientôt 85 ans », l’Agence française de développement (AFD) a été conçue dès sa création comme un établissement financier, et non comme un simple opérateur d’aide. Une singularité qu’elle assume pleinement : « C’est une originalité française d’avoir choisi que ces partenariats de développement puissent s’incarner au travers d’une banque publique ayant vocation à financer des investissements dans les pays partenaires, à commencer par le continent africain. »

Concrètement, l’essentiel des financements de l’Agence prend la forme de prêts – souvent concessionnels - accordés aux États, aux entités publiques ou, via sa filiale Proparco, à des acteurs privés. Les subventions, elles, ne représentent qu’une part mineure de l’activité, de l’ordre de 15 %. Un choix qui, selon la Directrice Afrique de l’AFD, engage l’institution à un haut niveau de responsabilité : « Cela implique une forte exigence de redevabilité. C’est cette même exigence qui relie notre responsabilité vis-à-vis des citoyens français à notre objectif d’impact dans les pays avec lesquels nous travaillons. »

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Une grille d’analyse
construite en dialogue

Cette triple exigence – vis-à-vis des citoyens français et produire de l’impact réel pour les populations des pays partenaires tout en répondant aux enjeux globaux – a conduit l’AFD à se doter, dès sa création, d’un outil central : une grille d’analyse de développement durable. Celle-ci passe au crible chaque projet sous plusieurs angles : soutenabilité économique, créations d’emplois, impacts sociaux, préservation des écosystèmes locaux, ou encore égalité femmes-hommes.

Pour autant, Sandra Kassab tient à écarter tout soupçon de paternalisme institutionnel : « Le défi n’est certainement pas d’imposer une grille de lecture de l’AFD, mais de partager un objectif commun avec nos partenaires pour définir des projets qui seront réellement impactants. » L’enjeu, insiste-t-elle, dépasse le seul objet du financement : « Le financement constitue le point de départ de notre relation avec nos partenaires. Mais l’enjeu va bien au-delà : il s’agit d’accompagner les opérateurs publics dans leurs transformations, le renforcement de leurs capacités et la conduite de leurs réformes. »

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Des exemples
concrets

Pour illustrer cette approche, la Directrice Afrique de l’AFD cite deux exemples récents.

Au Sénégal, un programme de gestion intégrée des inondations a permis de mobiliser l’ingénierie française pour aménager des quartiers de Dakar exposés aux crues, tout en dotant l’opérateur public sénégalais de données satellitaires et d’outils d’alerte précoce — jusqu’à une application mobile de prévention destinée directement aux populations. « Ces réalisations montrent que cette responsabilité prend tout son sens lorsqu’elle se traduit par des solutions concrètes qui concernent la vie des gens », résume-t-elle.

En Côte d’Ivoire, un programme de mobilité urbaine a mobilisé le Cerema, l’IRD et la CODATU pour accompagner une ville confrontée à une forte accidentologie liée aux transports artisanaux à deux-roues. Au-delà des aménagements de sécurité routière, le projet a intégré un volet de formation et de professionnalisation des opérateurs de transport – une dimension que Sandra Kassab considère décisive : « Cette dimension formation est très importante, elle s’inscrit dans le prolongement de cette logique de responsabilité sociale et environnementale des entreprises qui fait une réelle différence. »

Une vue de l’amphithéâtre de l’ISG Paris, où s’est tenue la CAP 22. Photo © DR – CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR.

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Le contenu local,
argument différenciant

L’intervenante insiste également sur un enjeu de compétitivité économique. En Égypte, rappelle-t-elle, les exigences locales en matière de contenu local sont particulièrement fortes : « Les Égyptiens sont des partenaires exigeants en négociation et demandent des niveaux de contenu local très importants. Les entreprises qui ne sont pas en capacité de le proposer risquent d’être mises de côté. »

Selon elle, les entreprises françaises et européennes qui intègrent cette exigence dès leur offre initiale en tirent un avantage compétitif réel, tout en contribuant à la création d’emplois locaux et au transfert de technologies. Elle cite à ce titre l’expérience marocaine de Christophe Lecourtier, nouveau directeur général de l’AFD, dans les secteurs automobile et aéronautique, où des investissements de formation professionnelle soutenus par l’Agence ont accompagné un effort de co-industrialisation.

Un objectif, souligne-t-elle, partagé avec d’autres opérateurs publics français : « Ce n’est pas seulement un enjeu pour l’AFD, c’est aussi un enjeu pour Business France, pour BPIfrance, de ne pas être uniquement dans une logique d’aide, mais aussi dans une logique d’investissement, de co-industrialisation. »

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VOIR LE REPLAY INTÉGRAL DE LA CAP 22 :
https://youtu.be/C7cr9uTRl-A?si=CVsamwfk8kUJ1V3X

Interventions de Mme Sandra KASSAB :
À partir de 38’24’’ et 01h 38’00’’.

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Un effet de levier
revendiqué

Sur le plan financier, Sandra Kassab met en avant la force du modèle bancaire de l’AFD : « C’est vraiment la force et toute la valeur d’être une banque et d’avoir été créée comme une institution financière : avec peu de ressources publiques, on obtient un effet de levier multiplié par 12 au total. » Sur le seul continent africain, où l’Agence continue de mobiliser des ressources de l’État français, ce ratio se situe plutôt entre 6 et 7 — « C’est déjà considérable ! » souligne-t-elle.

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Africa Forward : un sommet
pour « refonder » les partenariats

Lors du second tour de table de la CAP 22, Sandra Kassab est également revenue sur le sommet Africa Forward, organisé les 11 et 12 mai 2026 à Nairobi, coïncidant avec l’entrée en fonction de Christophe Lecourtier à la tête de l’AFD. Un rendez-vous qui a notamment réuni, outre le nouveau directeur général de l’AFD, Françoise Lombard (DG de Proparco), Jérémie Pellet (DG de Expertise France), Louis Margueritte (DG de Business France) et Nicolas Dufourcq (DG de BPIfrance), aux côtés de nombreux entrepreneurs et investisseurs africains – « même si, a-t-elle relevé, les femmes dirigeantes y étaient encore trop peu représentées. »

Ce sommet a permis, selon elle, de rappeler que l’investissement en Afrique est désormais « croisé », porté aussi par des capitaux et une capacité d’innovation venus du continent lui-même. Reste un défi central, au cœur des débats de la CAP 22 : « Comment s’assurer que les projets génèrent effectivement des impacts pour les populations et offrent des perspectives aux jeunesses du continent ? »

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Un triple dividende face
aux coupes budgétaires

Cette question se pose désormais dans un contexte budgétaire tendu. Sandra Kassab reconnaît que l’année 2025-2026 a été marquée par une remise en cause profonde de l’aide publique au développement, y compris en France. C’est dans ce contexte que Christophe Lecourtier » a défini les priorités de l’Agence [lire ici notre article sur le sujet] autour de trois piliers, ou « triple dividende » :

> un dividende d’impact, tourné en priorité vers les partenaires du Sud ;

> un dividende stratégique pour la France, rappelant que l’investissement solidaire sert aussi les intérêts français — de la projection internationale des entreprises hexagonales à la lutte contre des risques sanitaires transfrontaliers, à l’image de l’épidémie d’Ebola et de ses répercussions redoutées pour Mayotte ;

> un dividende économique, lié à l’attention portée au modèle bancaire de l’AFD et à son effet de levier.

« Notre modèle n’a jamais eu vocation à fonctionner sans soutien public », rappelle enfin Sandra Kassab. Elle souligne toutefois que l’équilibre économique de l’Agence repose sur la diversité de ses interventions : son activité en Afrique est renforcée par les projets qu’elle conduit également en Amérique latine, en Europe de l’Est et en Asie. Et vice versa.

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LA PHOTO DE FAMILLE DE LA CAP 22

De gauche à droite sur la photo de famille des panélistes et partenaires de la CAP 22, à l’ISG Paris, le 23 juin 2026 : Candice de SAINT-PERN, Directrice de la communication et de la marque ISG ; M. Jean-César LAMMERT, Directeur régional IDF à BUSINESS FRANCE ; M. Denis DESCHAMPS, Président de DJULIUS Conseil ; Madame Sandra KASSAB, Directrice Afrique de l’AFD ; SEM Baye Moctar DIOP, Ambassadeur du Sénégal ; SEM Pierre JACQUEMOT, ancien Ambassadeur de France en Afrique ; M. Alfred MIGNOT, Producteur et modérateur des Conférences des Ambassadeurs de Paris (CAP), Président fondateur de AFRICAPRESSE.PARIS ; M. Christian GYPAKIS, PDG de AB CERTIFICATION ; M. Emmanuel DUPUY, Président de l’IPSE, Professeur à l’ISG. Panéliste absent de la photo, ayant dû s’absenter : M. Pierre-Samuel GUEDJ, PDG de Affectio Mutandi, Président de la Commission RSE et ODD du CIAN (Conseil français des investisseurs en Afrique). Photo © BF/APP – CLIQUER SUR L’IMAGE POUR L’AGRANDIR.

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RETROUVEZ TOUS LES ARTICLES DE NOTRE DOSSIER CAP 22

CAP 22 / REPLAY INTÉGRAL (02h 01’55") de notre XXIIe Conférence des Ambassadeurs de Paris, dédiée à « L’Excellence sociétale des entreprises françaises en Afrique » https://www.africapresse.paris/3246

CAP 22 / SEM Baye Moctar DIOP, Ambassadeur du Sénégal à Paris : un regard positif mais nuancé sur la RSE des entreprises françaises en Afrique https://www.africapresse.paris/3237

CAP 22 / SEM Baye Moctar DIOP, Ambassadeur du Sénégal à Paris, appelle à une véritable co-construction des sommets Afrique-France https://www.africapresse.paris/3253

CAP 22 / Sandra KASSAB sur la RSE en Afrique : « L’AFD revendique une redevabilité à triple exigence » https://www.africapresse.paris/3250

CAP 22 / Pierre-Samuel GUEDJ : « L’excellence sociétale des entreprises françaises est un atout stratégique majeur en Afrique » https://www.africapresse.paris/3251

CAP 22 / Christian GYPAKIS, PDG de AB Certification : « L’excellence sociétale est un levier de compétitivité, de confiance et de développement durable pour les entreprises d’Afrique francophone » https://www.africapresse.paris/3252

CAP 22 / SEM Pierre JACQUEMOT / Vertus et vertiges de l’engagement : les entreprises françaises à l’épreuve du développement africain https://www.africapresse.paris/3247

CAP 22 / Jean-César LAMMERT, Directeur IDF de Business France : « La RSE doit être intégrée au modèle économique des entreprises françaises en Afrique » https://www.africapresse.paris/3249

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