CAP 22 / SEM Baye Moctar DIOP, Ambassadeur du Sénégal à Paris, appelle à une véritable co-construction des sommets Afrique-France
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par Alfred MIGNOT, Directeur de AfricaPresse.Paris (APP)
@africa_presse
@alfredmignot
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Ayant pris la parole en ouverture de la CAP 22 (voir ici le compte-rendu de sa première intervention), SEM Baye Moctar DIOP a aussi clôturé la conférence, lors du second tour de table évoquant le sommet Africa Forward de Nairobi.
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Une rupture
assumée
Pour Baye Moctar Diop, la tenue du sommet dans la capitale kényane constitue en soi un signal fort. Il a tenu à saluer le choix de ce qu’il a qualifié de pays « improbable », le Kenya se situant, selon ses mots, « hors du pré carré français ». Une décision qu’il considère comme « une belle innovation » dans l’histoire des rencontres entre la France et le continent africain.
L’ambassadeur a par ailleurs relevé une première dans les relations franco-africaines : jamais, en vingt-huit rendez-vous de ce type, un « business forum » ne s’était tenu en marge d’un sommet Afrique-France. Il a rapproché cette initiative de ce qui avait été fait lors du sommet Union européenne-Union africaine de Bruxelles, en 2022. « C’est un bon acquis à préserver », a-t-il relevé.
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Un sommet ouvert,
presque « une foire »
Autre nouveauté saluée par le diplomate : l’élargissement du format à l’ensemble de l’écosystème partenarial entre la France et l’Afrique – chefs d’État et officiels, mais aussi jeunesse africaine, diasporas, artistes et sportifs. Une configuration qui a fait sortir les participants, selon lui, des « cadres feutrés » habituels des grands raouts diplomatiques.
Avec tout de même une légère pointe d’ironie, il a décrit une atmosphère par moments débordante : « On avait parfois l’impression d’être dans une foire », a-t-il confié, avant d’ajouter aussitôt que cette effervescence traduisait « de grandes innovations à préserver » plutôt qu’un désordre à corriger.
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Une interrogation sur
la pérennité du format
Si le président français Emmanuel Macron en est déjà à son deuxième sommet atypique, l’ambassadeur a néanmoins exprimé une inquiétude personnelle quant à la continuité de la démarche. Il s’est demandé, en substance, si ce format novateur serait maintenu par les futurs chefs d’État français, laissant entendre que la pérennité de l’exercice ne pouvait reposer sur la seule volonté d’un homme.
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Le sentiment d’un sommet
« franco-kényan élargi »
C’est sur la méthode que l’ambassadeur sénégalais a porté ses réserves les plus nettes. Il a appelé à « une meilleure concertation et co-construction » entre les autorités françaises et africaines dans le processus préparatoire des sommets. Selon lui, l’organisation du rendez-vous de Nairobi a laissé transparaître un déséquilibre : « J’ai eu le sentiment que c’était un sommet franco-kényan élargi aux autres chefs d’État africains », a-t-il déclaré, regrettant que les États membres de l’Union africaine n’aient pas été véritablement associés en amont.
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VOIR LE REPLAY INTÉGRAL DE LA CAP 22 :
https://youtu.be/C7cr9uTRl-A?si=CVsamwfk8kUJ1V3X
Interventions de SEM Baye Moctar DIOP :
À partir de 04’50’’ et de 01h 52’37’’
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Pour remédier à cette situation, il a plaidé pour une intégration de ces sommets dans le cadre plus large des partenariats stratégiques entre l’Afrique et la France, sous la bannière de l’Union africaine. Une telle articulation permettrait, a-t-il expliqué, « une meilleure appropriation par tous les pays africains » et donnerait à l’organisation continentale les moyens d’influencer réellement le processus préparatoire, plutôt que d’en être simple spectatrice.
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Deux pistes de recherche
pour les étudiants
Au-delà du bilan du sommet de Nairobi, l’ambassadeur a profité de son intervention pour soumettre à l’auditoire, composé notamment d’étudiants de l’ISG, deux pistes de réflexion sur la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) en Afrique.
La première interroge un paradoxe apparent : les entreprises bénéficiant de concessions ou de situations peu concurrentielles s’investiraient-elles davantage dans la RSE que celles confrontées à une concurrence étrangère plus vive ? Il a cité, à titre d’exemple, le cas d’Eramet comparé à celui de Sonatel, sans trancher lui-même la question, invitant les étudiants à l’approfondir par un travail de recherche.
La seconde piste porte sur l’efficacité même du cadre juridique de la RSE. L’ambassadeur a demandé s’il suffisait d’encadrer cette responsabilité par des lois et règlements nationaux – qu’ils soient français, sénégalais ou européens – pour en renforcer les initiatives et les réalisations concrètes sur le terrain. Il a poussé l’interrogation plus loin, se demandant si les populations locales n’avaient pas, de fait, « pris le pouvoir à la place des États », parvenant par leurs propres plaidoyers à obtenir plus efficacement des engagements, de la part des entreprises implantées sur leurs terres, que ne le permettraient les seuls textes réglementaires.
Concluant son propos, SEM Baye Moctar Diop a affirmé sa disponibilité à accompagner les étudiants souhaitant se saisir de ces sujets, offrant d’orienter leurs travaux de recherche sur ces questions qu’il juge décisives pour l’avenir des relations économiques entre la France et le continent africain.
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LA PHOTO DE FAMILLE DE LA CAP 22
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