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Bernard Kouchner à Al Ahram : « Nous avons déjà remporté de beaux succès pour l’UPM ! »

Le Caire - Lors de son déplacement du 5 janvier 2010 en Égypte, Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, a accordé une entrevue au quotidien égyptien arabophone Al Ahram. Il évoque ici les relations bilatérales franco-égyptiennes, ainsi que la question des instituions de l’UPM, notamment la désignation de son Secrétaire général.

Al Ahram - A peine deux semaines après la visite du président Moubarak à Paris, vous vous rendez en Egypte. Peut-on parler d’un retour au dynamisme diplomatique du tandem franco-égyptien ?

Bernard Kouchner - Parler d’un retour laisserait penser que nos relations avec l’Égypte se seraient étiolées et ce n’est pas du tout le cas. Nos relations sont particulièrement étroites avec l’Égypte, acteur clé pour la stabilité de la région et qui traite des grandes questions internationales. Ce partenariat s’est encore renforcé avec le lancement de l’Union pour la Méditerranée, dont la France et l’Égypte assurent la coprésidence. Depuis deux ans et demi, le président Moubarak est venu sept fois en France et le président de la République franaçsie s’est rendu cinq fois en Égypte, et moi deux fois plus !

Al Ahram - Quels sont les objectifs de cette visite, notamment au niveau du dossier israélo-palestinien et les relations bilatérales ?

Bernard Kouchner - Nous parlons de tout avec nos amis égyptiens. Nous aborderons bien sûr des questions bilatérales, compte tenu de l’importance de notre coopération, notamment dans les domaines scientifiques : le nucléaire civil, « l’année de la science franco-égyptienne » qui sera prochainement ouverte. Mais nous parlerons aussi et surtout des dossiers régionaux qui nous occupent beaucoup actuellement : l’Union pour la Méditerranée, le Processus de paix, Gaza, Gilad Shalit, l’Iran.

Mes deux principaux objectifs durant cette visite ? Avancer sur la question du secrétariat de l’UPM et trouver les moyens concrets à mettre en œuvre pour une reprise des négociations en vue de parvenir à l’établissement d’un état palestinien démocratique.

Al Ahram - Pourriez-vous confirmer ou infirmer certaines rumeurs parlant d’un désaccord franco-égyptien sur le sommet France-Afrique qui devait avoir lieu à Charm el-Cheikh ?

Bernard Kouchner - Il n’y a aucun désaccord entre nous sur le Sommet Afrique-France. Le président de la République françise a évoqué le sujet avec le président Moubarak lors de sa venue à Paris le 14 décembre dernier, et il a été décidé d’un commun accord que le Sommet se tiendrait en France avant les vacances.

Al Ahram - Quelles sont à votre avis les retombées de cette visite sur l’Union pour la Méditerranée à propos delaquelle on évoque de plus en plus, notamment dans la presse française, une certaine léthargie ?

Bernard Kouchner - Cela me paraît grandement exagéré que de parler de léthargie. Bien au contraire, nous sommes tous très mobilisés. Se mettre d’accord avec 43 chefs d’État et de gouvernement en vue de la création d’un véritable espace de paix, de sécurité et de prospérité autour de la Méditerranée, cela ne se fait pas du jour au lendemain !

Bien sûr, des difficultés politiques existent, qui peuvent retarder certaines étapes de la construction de l’Union pour la Méditerranée. Mais, nous avons déjà remporté de beaux succès, grâce à l’excellent partenariat entre les deux coprésidences française et égyptienne.

Nous avons adopté le 13 juillet 2008 une déclaration fondatrice avec tous les membres de l’Union, rassemblés à Paris au plus haut niveau. Nous avons défini d’un commun accord six domaines prioritaires. Nous avons décidé que le futur secrétariat permanent serait installé à Barcelone. Depuis l’été dernier, les hauts fonctionnaires se réunissent de nouveau régulièrement. La dernière rencontre a eu lieu le 14 décembre.

Par ailleurs, la mise en œuvre des institutions de l’UPM progresse, y compris la question de la nomination des six Secrétaires généraux adjoints et la répartition des différents portefeuilles techniques entre eux. Une nouvelle réunion de hauts fonctionnaires doit se tenir le 12 janvier pour évoquer ces sujets. Le prochain sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’UPM aura lieu les 6 et 7 juin 2010 à Barcelone.

Al Ahram - Sur le dossier iranien, comment Paris et Le Caire évaluent-ils l’impasse actuelle dont souffre ce dossier et quelle lecture peut-on faire des événements actuels à Téhéran ?

Bernard Kouchner - L’Égypte et la France ont des objectifs communs sur la question iranienne. Nous sommes favorables à un Moyen-Orient sans armes de destruction massive. Quant à l’évolution du régime iranien, nous partageons une même inquiétude au sujet de la répression menée ces derniers jours. Depuis les élections présidentielles contestées du 12 juin 2009, le peuple iranien réclame pacifiquement le droit de s’exprimer librement, et celui de choisir son destin. La France souhaite que les hommes et les femmes d’Iran trouvent le chemin d’un avenir de paix, de modération et d’intégration au sein de la communauté internationale.

Le Caire, 6 janvier 2010

© Photo B. Kouchner : MAEE France

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